Atteindre 3,5 millions de tonnes de production vivrière pour 2018-2019

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Du 16 au 18 mai 2018, le Foyer de l’animateur de Darda a abrité les Journées bilan de la campagne agricole 2017-2018 et de programmation et lancement de la campagne agricole 2018-2019. C’est la ministre de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles, Mme Lydie Beassemda, qui a ouvert et clos les travaux en présence notamment du représentant de l‘Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) au Tchad, Mohamadou Mansour Ndiaye.

« Les résultats des Journées bilan qui ont réuni tous les acteurs du secteur de l’agriculture mettent en exergue les forces et faiblesses de notre système de production agricole. Malgré nos efforts conjugués pour vaincre l’adversité de la conjoncture économique particulière de notre pays, une situation pluviométrique peu favorable faite de nombreuses séquences sèches et surtout un arrêt précoce notamment dans la bande sahélienne ont réduit les possibilités d’atteindre une production suffisante pour nourrir la population tchadienne », a reconnu Mme Lydie Beassemda dans son mot de lancement de la campagne agricole 2018-2019, le 18 mai. Faisant le bilan de la campagne écoulée, elle a informé que 2017-2018 a accusé un déficit net de 112 184 tonnes et une disponibilité apparente de 144 kg/habitant/an, soit un gap de 5 kg par rapport à la norme de la FAO qui est de 159 kg/habitant/an. Il en résulte une détérioration de la situation alimentaire d’une partie de la population estimée à plus de 990 mille personnes et une prévalence de la malnutrition aigue globale au niveau national qui est de 13,9 %. Ce qui est, a-t-elle poursuivi, au-dessus du seuil d’alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui est de 10 % en particulier dans la zone sahélienne.

Cependant, la ministre de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles ne s’est pas voulue totalement pessimiste. C’est pourquoi elle a déclaré qu’au-delà des résultats peu reluisants enregistrés durant la campagne qui s’achève et de la persistance des facteurs conjoncturels, pluviométriques et institutionnels, il faut demeurer convaincu que seul l’espoir en un lendemain meilleur et la volonté d’agir constituent les leviers qui permettront de surmonter les défis et enjeux qui s’imposent. « C’est avec beaucoup d’espoir en l’avenir que j’annonce notre objectif d’atteindre 3,5 millions de tonnes de production vivrière pour la campagne 2018-2019 », a-t-elle soutenu. Pour la cheffe du département en charge de l’Agriculture, cet objectif ne peut être atteint que si les intrants agricoles essentiels comme les semences, les engrais et les pesticides sont rendus disponibles pour prévenir et lutter contre les attaques des ennemis des cultures et surtout la chenille légionnaire. Dans cette même veine, il faut soutenir le renforcement de l’opérationnalisation de la filière semencière pour accroître sensiblement le taux d’accès aux semences améliorés aux petits producteurs, s’assurer que les producteurs et productrices ne manquent pas d’encadrement et d’équipements agricoles dans la mesure des possibilités.

« La volonté politique existe »

« Le challenge étant d’assurer la sécurité alimentaire, de contribuer à la croissance économique durable du pays. La volonté politique du gouvernement soutenue par le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno, de faire de l’agriculture l’un des piliers de la diversification et de croissance durable de l’économie reste inébranlable », a ajouté la ministre qui, peu avant de lancer la nouvelle campagne agricole, a clos les Journées bilan de la campagne écoulée. A cette occasion, les participants ont fait de nombreuses recommandations afin de relever le niveau dudit secteur. Ils ont recommandé, entre autres, l’appui à la direction de la Protection des végétaux et du Conditionnement (DPVC) à reconstituer son stock en faisant aboutir le marché des pesticides, la mise à la disposition du Comité de veille des moyens nécessaires pour faire face à la chenille légionnaire d’une manière spécifique, l’appui à la direction des Etudes, de la Planification et du Suivi avec une ligne budgétaire spéciale pour le suivi des activités. La prise des dispositions en vue d’apurer les dettes des producteurs semenciers estimées à près d’un milliard et demi de F CFA, l’appui à l’Office national de sécurité alimentaire (ONASA) pour reconstituer son stock de sécurité à 25 mille tonnes et l’apurement de sa dette de plus de 25 milliards de F CFA ainsi que la revue du processus en cours de rétrocession des tracteurs font également partie des recommandations.  A noter que juste après le lancement officiel de la campagne agricole 2018-2019, la ministre en charge de l’Agriculture a remis deux tracteurs à deux groupements et 25 sacs de 50 kg d’engrais à 4 autres groupements de producteurs du département du Chari.

Riamian Doumtoloum Ghislain   

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