Evolution fulgurante des réseaux sociaux

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Les agences de presse africaines doivent s’adapter

Du 17 au 19 octobre 2018, Rabat, la capitale du royaume du Maroc, a accueilli le premier forum des directeurs de l’Information et des rédacteurs en chef des agences de presse africaines. Organisée par la Fédération atlantique des agences de presse africaines (FAAPA), cette rencontre a été placée sous le thème : « Les défis de la gestion d’une newsroom (ou rédaction) », et a été dirigée par Rachid Mamouni, directeur de l’Information de  l’Agence marocaine de presse (MAP), représentant le président de la dite fédération, Khalil Hachemi Idrissi, par ailleurs directeur général de la MAP.

Durant les 72 heures qu’ont duré les travaux, les participants venus de 21 pays sur les 22 que compte la FAAPA, ont suivi en tout six thématiques pertinentes présentées par des panélistes experts dans leurs domaines respectifs venus du Maroc même ou invités de France. Ainsi, pour ce qui est du premier thème portant sur  «l’instantanéité de l’information », ont été débattus les aspects liés à la fiabilité de l’information et à l’instantanéité de la diffusion du flux des nouvelles, ainsi que les défis auxquels doivent faire face les agences de presse africaines dans le contexte de la concurrence, la prolifération des sites électroniques et l’impact des réseaux sociaux. Les systèmes d’information permettent aujourd’hui aux agences africaines de presse de garder le leadership dans la vitesse de diffusion de l’information en continu, peut-on retenir.

Le deuxième thème sur « l’usage des réseaux sociaux » a été consacré aux approches des uns et des autres concernant les réseaux sociaux qui ont changé la donne pour les agences de presse du fait qu’ils ont profondément bouleversé les usages et ont des répercussions significatives sur la production et la consommation de l’information. Dans ce contexte, les agences de presse doivent réagir pour faire face aux défis des réseaux sociaux qui font désormais  partie intégrante de la vie quotidienne des citoyens. Celles-ci, ont convenu les conférenciers, doivent s’adapter à ce nouvel environnement, intégrer et exploiter les réseaux sociaux dans leurs stratégies de communication, et savoir tirer partie de ce phénomène social en valorisant leurs compétences rédactionnelles, leurs innovations en termes de produits et services pour satisfaire les attentes des abonnés et utilisateurs.

Dans le troisième thème qui est « la numérisation de la production », ont été discutés les défis communs auxquels sont confrontées les agences de presse à la lumière du paradigme technologique et de la révolution numérique qui bouleverse les règles du jeu. Ainsi, la numérisation de la production devient capitale car elle permet de combiner le texte, le son et l’image sur un même support et de transformer l’appréhension, outre le renouveau de l’analyse du contenu, exhorte-t-on.

« Contribuer au développement et à la circulation de la bonne information »

Quant au quatrième thème, « la programmation éditoriale », il a été consacré à l’importance que les agences de presse accordent à la programmation ou à la planification intégrante de leurs stratégies en matière de visibilité et de mise en ligne de contenus éditoriaux dans l’optique de mettre en place une veille d’informations et un plan d’action de rédaction, assurer une meilleure gestion des contenus, couvrir l’actualité et proposer sur une période donnée un contenu de qualité. « Une agence ne peut vivre sans programmation éditoriale. Tout doit se faire sur commande et répondre à la ligne éditoriale », est-il souligné.

Le cinquième thème concernant « le fact-checking » a pris en compte les différents aspects concernant le fact-checking, ou ‘’vérification des faits’’, qui consiste à vérifier l’exactitude des faits, des propos, des données. Avec l’émergence des réseaux sociaux, le fact-checking acquiert plus d’intérêt du fait de la réactivité des agences de presse qui mettent en exergue la crédibilité des informations qu’elles diffusent face aux rumeurs et fausses informations véhiculées sur le Net.

Enfin, le sixième thème relatif à « la motivation et l’évaluation » a été consacré aux différentes approches des agences de presse qui consistent à identifier les mécanismes de motivation pour mobiliser les ressources humaines en  général, et les équipes de journalistes, en particulier, dans le cadre d’un processus permettant de rendre l’évaluation pertinente avec la mise en place de leviers de motivation sur la base d’indicateurs précis et des critères d’évaluation motivants. « Un journaliste, il faut le faire rêver ou le laisser partir », peut-on retenir de ce dernier exposé.

A l’issue des échanges qualifiés de « riches » par tous les participants, il a été décidé de la création du Forum des directeurs de l’information des agences africaines de presse (FDIAAP), affilié à la FAAPA. Il a pour objectifs de promouvoir l’échange d’expériences et de données ainsi que le partage des compétences entre ses membres dans tous les domaines d’intérêt commun, notamment dans les domaines de l’information, de la formation et les multimédias ; organiser des séminaires et symposiums thématiques sous la houlette de la FAAPA, et en partenariat avec des organismes et institutions à l’échelle africaine et internationale ; devenir une force de proposition pour contribuer au rayonnement des agences membres de la FAAPA ; contribuer au développement de la circulation de l’information ; élaborer des études dans le domaine de la presse et de l’information à la demande de la FAAPA ou de l’un de ses membres et partenaires. Le tout nouveau comité du tout aussi nouveau Forum des directeurs de l’information des agences africaines de presse a pour coordonnateur général Rachid Mamouni, directeur de l’Information de la MAP.

Riamian Doumtoloum Ghislain, à Rabat

 

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