Journée mondiale de l’alimentation

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Le défi « faim zéro » est lancé

Le Tchad à l’instar des autres pays du monde a célébré la 38èmeédition de la Journée mondiale de l’alimentation (JMA) le mardi 16 octobre 2018 à l’hôtel Radisson Blu de N’Djaména sous le thème : « Agir pour l’avenir, la faim zéro en 2030, c’est possible ! ». Le président de la République y a été représenté par la ministre de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles, Mme Lydie Beassemda.

D’entrée de jeu, le président du comité d’organisation, Mbaïré Naguingar Wanda, relève que le défi de la faim zéro et la lutte contre la malnutrition exigent une connaissance approfondie des bonnes pratiques en milieu agricole mais aussi des goulots d’étranglement qui empêchent la grande performance des systèmes de production au Tchad.

Le représentant du Fonds des Nations unies pour l’alimentation et l’Agriculture (FAO) au Tchad, Mahamadou Mansour N’Diaye, fait observer que pour atteindre l’objectif « faim zéro », il faut travailler ensemble pour s’assurer que toute la population du Tchad ait accès à des aliments sains et nutritifs. Selon lui, pour y parvenir, il faut adopter une nouvelle façon de travailler, partager avec le plus grand nombre les connaissances et savoir-faire. Cela passe notamment par un curriculum scolaire et académique qui valorise les métiers du secteur rural, l’esprit d’entreprise, que ce soit dans l’agriculture, mais aussi dans l’élevage qui est un secteur stratégique du pays, la valorisation des produits forestiers non ligneux (miel, arachide, tamarin, karité…) et la pêche avec un accent sur l’aquaculture.

Mahamadou Mansour N’Diaye précise que 51% de la population tchadienne a moins de 15 ans et constitue une main d’œuvre à valoriser : « Les jeunes ne sont pas le problème. Ils sont la solution. Plus de la moitié de la population de ce pays est dans une tranche d’âge où l’on apprend à se former. Elle peut être orientée, encouragée à s’engager dans les métiers de l’agriculture en général, tout en veillant à l’égalité des chances et à combler l’écart entre les sexes, dans le but d’assurer les mêmes opportunités pour tous de valoriser leurs potentiels pour vaincre la faim et la malnutrition ».

Utilisation saine des ressources et savoir-faire

Le coordinateur réside du système des Nations unies au Tchad, Stephen Tull, a indiqué que la faim zéro est la mission de tout un chacun, le gouvernement, les collectivités territoriales, les communautés, les organisations paysannes, agricoles et agro-pastorales et les secteurs, tous devraient apporter leurs contributions pour atteindre l’objectif. En faisant une utilisation plus sage des ressources, la terre, en valorisant le savoir-faire local et autres dons. Et d’ajouter que « la lutte contre la faim est à la fois un combat noble, mais elle doit être menée sous pression. Il s’agit de la vie et la dignité et de la personne. Il n’a pas manqué d’émettre l’inquiétude de retour à la famine. « Car, dit-il, après une période de régression du nombre de personnes souffrant de la faim chronique, de la malnutrition, de nouveaux rapports annoncent la faim dans le monde, et menacent d’annuler des décennies d’acquis. En 2016, 815 millions d’individus ont souffert de faim chronique, cette faim a un visage féminin. En effet, 60% des affamés sont des femmes. Plus de 80% de personnes souffrant de pauvreté extrême vivent en zone rurale ». Stephen Tull souligne que la faim favorise les maladies telles que la malaria, la tuberculose et engendre des conséquences néfastes à la vie. « Au Tchad plus de quatre millions de personnes sont affectées par l’insécurité alimentaire et la malnutrition chaque année », informe-t-il.

 

 

 Des investissements stratégiques

Mme Lydie Beassemda soutient que la célébration de cette Journée et des événements qui s’y rapportent a pour principal objectif de mieux faire comprendre la problématique de la sécurité alimentaire et de mobiliser les bonnes volontés pour que la faim et la malnutrition disparaissent de la planète. Pour la ministre, la faim zéro en Afrique, cette volonté est matérialisée par la déclaration de Malabo sur « la croissance accélérée de l’agriculture et une transformation pour une prospérité partagée et des moyens d’existences améliorés avec une vision d’éliminer la faim en Afrique d’ici à 2025 ». Elle indique que le thème de l’édition 2018 inspire la nécessité et surtout l’urgence d’envisager de nouvelles stratégies et la mobilisation conséquente des ressources en faveur de l’éradication de la faim. Il s’agit de combiner des investissements dans la protection sociale, dans les secteurs productifs et potentiels. Des ressources supplémentaires pour un total annuel moyen de 265 milliards de dollars américains par an pendant la période 2016-2030, sont nécessaires pour financer un surcroît d’investissement dans la protection sociale couplé à des investissements supplémentaires dans des activités productives en faveur des pauvres. Le défi de l’élimination de la faim est inscrit au cœur des efforts inlassablement fournis par le gouvernement et ses partenaires pour satisfaire les besoins alimentaires des populations tchadiennes sans cesse en croissance. A titre illustratif, le portefeuille actuel des investissements publics dans le secteur de l’agriculture se chiffre à plus 160 milliards de francs CFA.

Des prix sont remis aux trois premiers élèves de trois établissements d’enseignement à savoir le lycée- collège Saint-François Xavier, l’école Notre-Dame des Apôtres et le collège « Les Etoiles brillantes ». Ceux-ci ont participé aux jeux-concours relatifs à la célébration. La visite des stands installés dans la cour de l’hôtel ont sanctionné la cérémonie.

 

Badour Oumar Ali

 

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