La Banque mondiale analyse la situation au Tchad

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La représentation de la Banque mondiale au Tchad a présenté deux rapports le mardi 30 octobre 2018 à l’hôtel  Hilton. Ces rapports portent sur la croissance et la diversification des exportations au Tchad. C’est le secrétaire d’Etat à l’Economie et à la Planification du développement, Hissein Tahir Souguimi, qui a présidé l’ouverture des travaux.

La Banque mondiale vient de publier deux rapports, l’un sur la croissance et l’autre sur la diversification des exportations du Tchad. Intitulées respectivement ‘’Comment le Tchad peut-il sortir du labyrinthe de la croissance’’ ? Et ‘’Tchad : favoriser la diversification des exportations pour stimuler la croissance’’, les deux rapports cherchent à répondre à trois questions fondamentales : pourquoi le Tchad n’a-t-il pas pu transformer l’exploitation du pétrole en développement structurel, diversification et croissance durable ? À quoi pourraient ressembler les voies possibles vers une croissance durable à long terme ? Et enfin quelles actions politiques au niveau macro et microéconomique pourraient contribuer à tracer ces voies ?  Les participants ont ainsi débattu de quatre thèmes en liaison avec ces rapports.

Le premier thème est axé sur le labyrinthe de la croissance au Tchad. L’auteur du rapport sur la croissance, Markus Kitzmuller, a indiqué qu’au cours des trois dernières décennies, la croissance  a été largement définie par le pétrole et l’insécurité plutôt que les facteurs structurels à long terme. C’est pourquoi, au Tchad, il y a eu des améliorations grâce au pétrole sauf que l’économie n’a pas été diversifiée. Il estime que si le Tchad tarde à avoir une issue au labyrinthe de la croissance, c’est parce qu’il présente la plus grande fréquence des conflits dans la zone CEMAC. Ce qui fait que les dépenses militaires sont supérieures aux dépenses sociales. En outre, il déplore le fait que l’Etat a joué un rôle central dans la croissance au détriment du secteur privé. « Pour progresser plus rapidement et durablement, le Tchad pourrait tirer partie des recettes pétrolières pour stimuler l’économie en investissant dans les autres secteurs », conseille-t-il. A son avis, le pays doit investir dans des marchés efficaces et concurrentiels et développer une synergie public-privé.

Un volume d’exportation faible

Les autres thèmes à savoir ‘’les défis de la diversification des exportations au Tchad, revigorer la contribution des TIC à la croissance’’ et ‘’pour une dynamisation des chaînes de valeur au Tchad : le cas de la gomme arabique et du sésame’’, ont été également l’objet de débats. Il en ressort que les obstacles majeurs au développement économique sont liés à l’énergie et le poids exorbitant de la fiscalité. Comme solutions, le représentant de la Banque mondiale au Tchad, François Nankobogo, relève que la démarche doit se structurer en quatre étapes. Il s’agit notamment d’exporter d’abord un volume plus important des produits existants tout en cherchant à réduire progressivement le taux de concentration structurelle des exportations.

Le Tchad est appelé à  ouvrir de nouveaux marchés d’exportation tels que ceux d’Asie et d’Afrique du Sud, s’engager graduellement sur la voie de l’accroissement de la valeur ajoutée et du niveau de sophistication des produits d’exportation dont le potentiel serait avéré. Enfin la politique commerciale doit  être améliorée notamment en simplifiant les règlements et procédures applicables aux entreprises exportatrices de même que l’infrastructure de facilitation des échanges internationaux. Le secrétaire d’Etat à l’Economie et à la Planification du développement, Hissein Tahir Souguimi, le Tchad a déjà mis en place une stratégie de diversification de l’économie dans le cadre de la vision 2030. D’où l’utilité de cette expertise de la Banque mondiale qui vise à rendre l’économie compétitive.

Payang Passoret 

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