Le Tchad sur le point d’élaborer son outil d’orientation

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Le ministère de la Santé publique organise, en partenariat avec l’Alliance des dirigeants contre le paludisme (ALMA), un atelier d’élaboration de « la carte score » pour le contrôle et l’élimination du paludisme au Tchad. L’hôtel Ledger Plaza a abrité les travaux du 29 octobre au 1er novembre 2018. Les services concernés entourés des experts nationaux et internationaux mettent au point les stratégies pour bouter cette maladie hors du pays.

Le paludisme en tant que maladie endémique constitue un problème majeur de santé publique car il représente la première cause de consultations, d’hospitalisations et de décès dans les formations sanitaires au Tchad. Selon l’épidémiologiste Djoumbé Ephraïm, la carte score comporte plusieurs indicateurs sur une même page et facilite avoir une vue d’ensemble sur l’évolution de la lutte contre le paludisme au niveau national et sous-national, c’est-à-dire les provinces et les districts sanitaires et en faire une analyse simple et rapide. C’est un outil de gestion et de prise de décisions qui permet d’analyser les goulots d’étranglement afin d’apporter les solutions appropriées.

Cette carte permet de présentation des données de base tablées sur les couleurs appropriées. « Si vous voyez la couleur rouge, c’est qu’il y a danger, il n’y a pas de progression, la couleur jaune signifie qu’il y a une progression mais des efforts restent à faire. Et la couleur verte indique que les objectifs sont atteints », a-t-il expliqué. L’atelier regroupe les directions et les services-clés du ministère de la Santé publique,  le Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP) représenté par la coordination et les différentes sections concernées, les partenaires techniques et financiers ainsi que le Système des Nations unies.  Selon l’expert, le Tchad se trouve à la phase de contrôle, car la prévalence de la maladie n’est pas totalement réduite, s’en suivront les phases de pré-élimination et d’élimination à l’horizon 2030.

Une lutte commune

La représentante du ministre de tutelle, Dr Saad Daoud, indique que le paludisme n’est pas l’affaire du ministère de la Santé publique seul : « Ensemble, nous allons combattre ce mal pour atteindre un Tchad sans paludisme. Vous conviendrez avec moi que c’est  ensemble que nous devons interagir en veillant à ce que personne ne soit laissé de côté lorsqu’il s’agit   d’accéder aux services indispensables pour prévenir, diagnostiquer et traiter le paludisme. dit-elle, c’est en associant les communautés aux efforts déjà entrepris par le  gouvernement et ses partenaires techniques et financiers que le partenariat national pour la lutte contre le paludisme se développe et se raffermit ».

Dr Saad Daoud de rappeler que le Tchad s’est doté, avec l’appui de ses partenaires, d’un ambitieux Plan national de lutte destiné à réduire la mortalité imputable au paludisme, particulièrement chez les enfants de moins de cinq ans. Elle souligne que selon le rapport mondial de l’OMS 2017, sur 216 millions de cas de paludisme recensés en 2016 dans le monde dont 445 000 décès, il ressort que la plupart des cas recensés (90 %) et des décès constatés (91 %) concernent la région Afrique de l’OMS. « Cette situation doit préoccuper du fait qu’elle constitue un véritable défi qui nous interpelle tous. Conscient du défi, le gouvernement tchadien a inscrit la lutte contre le paludisme comme une priorité dans son Plan national de développement (PND) », a-t-elle conclu.

L’Alliance des dirigeants contre le paludisme (ALMA) est une coalition sans précédent de 49 chefs d’Etat et de gouvernement africain. Elle est une réponse politique et coordonnée visant à éliminer le paludisme d’ici 2030. Lors du 27ème sommet de l’Union africaine (UA) tenu en juillet 2016 à Kigali, les chefs d’Etat et de gouvernement africains ont adopté une feuille de route pour l’élimination du paludisme en Afrique d’ici 2030 et ce en validant cet important document qu’est le cadre catalytique en vue d’éliminer le sida, la tuberculose et le paludisme en Afrique

Florent Baïpou

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