L’école tchadienne est malade

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La Fondation Grand Cœur (FGC), en partenariat avec le ministère de l’Education nationale et de la Promotion civique, a organisé une conférence-débat sur l’éducation au Tchad. C’était le vendredi 2 novembre 2018 au CEFOD sur le thème : « Les défis de l’école tchadienne à l’ère de la 4ème République ».  

C’est un panel de haut niveau qui s’est penché sur l’école tchadienne. Il s’agit du directeur général du ministère de l’Education nationale et de la Promotion civique, Dibé Galy, du président de la Fédération nationale des associations des parents d’élèves du Tchad (FENAPET), Bamaye Mamadou Boukar, de Mme Nékarmbaye Hélène membre du bureau exécutif du Syndicats des enseignants du Tchad (SET) et de la directrice de la Promotion de l’éducation des filles, Mme Fatimé Gattibé Tabo. Le débat a été encadré par le député Djidingar Bassa, l’initiateur de l’enquête parlementaire sur l’éducation au Tchad.

Le directeur général du ministère en charge de l’Education nationale a répertorié trois grands maux qui minent l’école tchadienne. Il s’agit de l’accès, de la qualité et du nombre pléthorique des élèves dans les salles de classe.  L’orateur a mentionné qu’au Tchad, les enfants à l’âge de scolarisation (6 à 8 ans) représentent seulement 48,6 % à cause d’une insuffisance d’offre. « Il y a moins de salles de classe dans nos écoles. L’éducation qui est un droit ne l’est plus de nos jours. Le droit à l’éducation est bafoué à cause des grèves répétitives. La qualité est souvent citée comme la cause de la précarité de l’école tchadienne », a relevé Dibé Galy.

Le Tchad fait partie des pays dont la performance est très faible, car au primaire moins de 20 % seulement remplissent un minimum de confort. A ce titre, seuls 4 % des élèves ont les manuels scolaires alors qu’il est un instrument très important pour le développement de la  mémoire de l’enfant. Il y a aussi un manque crucial de personnel enseignant. 75 élèves par enseignant voire 100 et plus dans une salle de classe à N’Djaména. « Plus de 75 % des enseignants, sont affectés sous d’autres considérations. Les ressources humaines dont nous disposons ne sont pas rationnellement utilisées. Elles ne sont pas gérées avec objectivité », a reconnu Dibé Galy.

Créer un cadre idéal

Au Tchad, les zones urbaines sont plus scolarisées que celles rurales. Ceci par le fait que dans les villes, les parents connaissent l’importance de l’école alors que dans les villages, les parents moins instruits n’y envoient pas leurs enfants. « Pourquoi envoyer mon enfant à l’école pour rien ? Voilà la question que les parents se posent ». Débé Galy invite par conséquent tout le monde à sensibiliser les parents. « Sensibiliser ne veut pas dire demander à un parent d’envoyer son enfant à l’école, mais il faut le convaincre », a-t-il conseillé.

Le président de la FENAPET, Bamaye Mamadou Boukar, soutient qu’il faut rapprocher l’école de la famille et former les parents d’élèves. « Les parents ne peuvent pas refuser de communiquer avec l’école. Au Tchad, les parents et l’école ne parlent pas le même langage. Aujourd’hui, dans la plupart des écoles, il n’y a plus d’associations des parents d’élèves », a-t-il informé. Les écoles tchadiennes sont tenues par des maîtres communautaires. L’environnement de l’école a un impact sur la bonne qualité de l’enseignement. Car certains thèmes ne peuvent être discutés valablement par l’enseignant de peur d’être étranglé. « Beaucoup de nos collègues ont perdu leurs vies parce qu’ils ont parlé de tel ou tel autre exemple qui occasionne des bagarres rangées », a rapporté Mme Nékarmbaye Hélène, membre du SET. Pour la directrice de la Promotion de l’éducation des filles, Mme Fatimé Gattibé Tabo, il faut initier des primes et prix d’excellence aux filles pour les maintenir à l’école.

Yonwa Maïlébélé

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