Gestion des Communes de N’Djaména

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La transparence fait défaut

La crise dans les communes d’arrondissement tire en longueur. A l’exception des agents des 9ème et 3ème arrondissements, ceux  des autres communes accusent entre 3 et 15 mois d’arriérés de salaire. La réaction du Syndicat national des agents des communes du Tchad section de N’Djaména (SYNACOT) ne s’est pas faite attendre. Ces agents ont tenu une assemblée générale, le mercredi 17 octobre 2018 à la Bourse du travail pour se faire entendre. Entretemps, leurs familles n’ont que leurs yeux pour pleurer.

Les agents de la commune du 4ème arrondissement réclament 15 mois d’arriérés de salaire et ceux du 7ème, 10 mois. Le personnel du 10ème arrondissement totalise déjà 8 mois tandis que celui  du premier est à son troisième mois. Du coté des 8ème, 6ème, 5ème et 2ème, le personnel revendique respectivement 6 mois, 5 mois, 4 mois et 3 mois. A l’inverse, la mairie du 9ème arrondissement paie jusque-là ses éléments à terme échu. Celle du 3ème a épongé les arriérés de salaires à la veille de ladite assemblée générale. Une situation qui rend difficile les conditions de vie déjà précaires. Difficile de payer le loyer, de manger à sa faim et surtout d’inscrire les enfants à l’école. Après avoir lancé plusieurs préavis de grève sans suite favorable, ils ne savent plus à quel saint se vouer. Le tableau est reluisant dans deux communes de la ville. Comment-est-ce possible? Interrogé à ce sujet, le maire de commune du 9ème arrondissement, Mahamat Kerima Saleh, indique qu’il n’y a pas de solution miracle. Il dit avoir mis en application les instructions données par le chef de l’Etat lors de sa dernière rencontre avec les maires des communes d’arrondissement. En effet,  le chef de l’exécutif de la 4ème République leur a demandé de gérer dans la transparence. « En plus, en tant qu’humain, j’ai privilégié le salaire au détriment de toute autre action de développement», informe-t-il. Celui-ci mentionne que le salaire est sacré et ne doit pas faire l’objet de frustration. Pour Mahamat Kerima Saleh, l’homme peut contribuer efficacement au développement du pays si son esprit est tranquille. Comme le dit un adage populaire : « Un sac vide ne peut pas se tenir debout ». Si la plupart des maires invoquent le retard de virement au niveau du Trésor public pour se justifier,  le premier responsable de la commune du 9ème précise que bien souvent, il se contente des moyens modestes qu’il dispose pour solder le salaire à terme échu en attendant l’ordre de virement du trésor.

Une pléthore d’agents difficile à gérer

Le délégué du gouvernement auprès de la commune de N’Djaména, Dago Yacoub, reconnait le droit de grève de ces agents qui sont la plupart des pères de famille. Les difficultés, selon lui, sont de diverses origines. « La première difficulté est dû au fait que la population de N’Djaména ne paye pas les taxes pouvant générer des ressources pour la prise en charge du personnel. Il estime que certaines taxes recouvrées par les agents collecteurs n’entrent pas directement au Trésor public. Ce qui fait qu’aujourd’hui, certains arrondissements peinent à honorer leur engagement. Deuxièmement, certains marchés sont récupérés par la mairie centrale mettant en difficulté quelques communes d’arrondissement », a-t-il expliqué. Dago Yacoub  révèle que certaines communes d’arrondissement ont des comptes créditeurs en dehors de celle du 4ème et la mairie centrale. « L’accès, dit-il,  à ces comptes n’est pas du tout facile ». Selon lui, le retard dans le virement au niveau du Trésor public joue énormément sur le paiement des salaires à terme échu. Il pointe aussi du doigt le recrutement anarchique. Chaque maire   élu, recrute à volonté, les cousins, parents et amis et la charge ne fait qu’augmenter. C’est ainsi que les dépenses sont supérieures aux recettes. Dago Yacoub souligne qu’en situation de crise économique, il est normal de compresser les agents.  « Autre chose,  c’est le cas de certains collecteurs qui travaillent 80% pour eux-mêmes et 20% seulement pour les commune. Dans ces conditions, comment la commune qui n’a pas assez de ressources peut supporter ses charges ». Il revient aux maires de son point de vue de  prendre les mesures salutaires pour changer la donne ».

Maitriser les recettes

S’agissant de l’exception faite par la commune du 9ème arrondissement, le délégué Dago Yacoub réitère que la mairie du 4ème arrondissement par exemple n’a pas de revenu. Il fait allusion aux mairies pauvres et des mairies riches. C’est pourquoi, la mairie du 9ème arrondissement s’en sort dans ces difficultés. Mais, les mairies du 2ème et 1er  qu’il a placé parmi les mairies riches ne font pas l’exception pour quelle raison Dieu seul sait.  La crise que connaissent les communes interpellent les maires surtout quant à la maitrise des recettes et dépenses annuelles. Des descentes régulières sur le terrain pour connaitre les réalités ne sont pas à négliger. Le délégué n’entend pas sanctionner. Pour lui, « celui qui viendra ne peut pas être meilleur que l’autre, je demande simplement à ceux qui sont là de se mettre résolument au travail. Je n’accuse pas tout le monde, il y a certains maires qui maitrisent les recettes et les dépenses dans leurs circonscriptions électorales », nuance-t-il.

Banbé Mbayam Christian

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