Journée mondiale contre la poliomyélite

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Les Rotary clubs du Tchad forment les femmes victimes de la maladie

Dans le cadre de la Journée mondiale de lutte contre la poliomyélite, les clubs Rotary du Tchad, Rotary club N’Djamena Toumaï et Rotary club N’Djamena Doyen, ont organisé une cérémonie de remise de chèque au ministère de la Santé publique pour la lutte contre la maladie. Cette cérémonie a été couplée par la remise des attestions aux femmes atteintes de polio, bénéficiaires  d’une formation en fabrication de savon et sirop.

Le 24 octobre a été institué par le Rotary à travers son programme PolioPlus en 1985, comme Journée mondiale de lutte contre la polio. Il s’agit de la première initiative mondiale de lutte contre la poliomyélite, par la vaccination de masse des enfants. L’objectif principal de cette Journée est de renforcer le plaidoyer, la communication et la mobilisation de ressources autour des stratégies de lutte contre la poliomyélite. L’édition 2018 est placée sous le thème « Je veux en finir avec la Polio ». L’innovation au Tchad, avec la célébration de cette journée cette année, est la prise en compte des femmes victimes de cette maladie paralysante. « Cette année nous avons été cherché une catégorie à laquelle nous n’avons pas souvent pensé : la femme. Les femmes atteintes par la polio sont nombreuses. Mais, elles sont dans cette culture tchadienne de réclusion, de fermeture sur soi, de résignation qui parfois peut produire des effets pervers jusqu’à la mendicité », explique le président du Rotary club N’Djaména-Doyen, Saleh Kebzabo. Il ne s’agit pas seulement de venir en aide à ces femmes, mais de faire en sorte que le Rotary fasse de la femme tchadienne frappée par la polio une personne autonome, indépendante, libre, fière et digne dans sa société.

« Lorsque Rotary International a entrepris  ce programme d’éradication de la polio dans le monde il y a plus de 25 ans, personne ne pensait que ça pouvait aboutir. Or, on est en train d’y aboutir et on entre même dans un programme de transition pour aller vers d’autres défis », relève Saleh Kebzabo. Au Tchad, il faut le préciser, la Poliomyélite est déjà éradiquée mais cela n’est pas une raison de baisser les bras. C’est ainsi que le président du Rotary Club N’Djamena Doyen  informe que les campagnes de vaccination vont se poursuivre parce que le siège de la maladie est souvent dans les pays confrontés à des difficultés. « Nous devons être vigilants pour que la polio soit effectivement éradiquée », alerte-t-il.

Dans le cadre de la lutte contre la poliomyélite, plusieurs efforts ont consentis par les autorités tchadiennes et les différents partenaires pour parvenir à l’éradication de la maladie. Pour la ministre de la Femme, de la Protection de la Petite enfance et de la Solidarité nationale, Djalal Ardjoune Khalil, représentant le ministre de la Santé publique, à l’instar des autres pays du monde, « le Tchad utilise le fonds de Rotary pour l’organisation des campagnes de vaccination qualitatives ». Elle a salué l’initiative des Rotary clubs de N’Djamena pour avoir pensé aux femmes vulnérables à travers des actions pérennes en vue de leur autonomisation. Tout en promettant l’accompagnement de ces femmes par son département, Mme Djalal Ardjoune Khalil a sollicité la vulgarisation de cette initiative dans toutes les autres provinces du pays.

Une maladie hautement mortelle

Selon le représentant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Tchad, Dr Jean Bosco Ndihokubwayo,  la poliomyélite est une maladie paralysante et potentiellement mortelle qui menace toujours les enfants dans certaines parties du monde. « Le poliovirus envahit le système nerveux et peut provoquer une paralysie totale en quelques heures. Il peut frapper à tout âge, mais concerne principalement les enfants de moins de cinq ans. La poliomyélite est incurable mais complètement évitable par la vaccination », explique-t-il. Pour lui, le Tchad a adhéré aux différents engagements internationaux et a participé au Sommet africain des chefs d’Etat et de gouvernement sur la lutte contre la poliomyélite. Ces engagements procèdent de la volonté des plus hautes autorités du pays de tout mettre en œuvre pour combattre cette maladie qui est aussi un problème de développement. « Cette volonté politique s’est traduite par la collaboration entre l’Etat et ses partenaires et ont permis au Tchad d’être déclaré pays libéré de polio lors de la session du Comité régional de certification pour l’Afrique tenu à Alger en juin 2016 », affirme Dr Jean Bosco Ndihokubwayo.

Rondouba Brillant

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