Le personnel de l’ATPE sort de son silence

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Les agents de l’Agence Tchadienne de Presse et d’Edition (ATPE) réunis en assemblée générale extraordinaire, le mardi 16 octobre 2018, ont planché sur leurs conditions de travail et de vie ainsi que la tenue de leur conseil d’administration qui tarde à venir. La rencontre qui a eu lieu au  siège de l’institution a été présidée par le délégué du personnel Goldegue Nguelet Obidabet.

Autour de la table, journalistes, personnel administratif et d’appui ont statué sur leur sort. Il est 10 h quand le délégué du personnel a pris la parole pour communiquer l’ordre du jour. Entrant dans le vif de la rencontre, Goldegue Nguelet Obidabet a rappelé la situation de l’ATPE depuis sa création et a exprimé son incompréhension face à la non tenue du conseil d’administration. Selon lui, depuis sa création le 9 juillet 2012 par une ordonnance signée du président de la République, l’ATPE fonctionne en théorie mais demeure dans les faits comme l’Agence Tchadienne de Presse car n’ayant les moyens opérationnels d’éditer. Il a fallu attendre trois ans pour que le décret d’application soit signé et depuis lors rien de concret. Les textes signés par les hautes autorités, selon le personnel, sont la preuve de la volonté de ces dernières de faire avancer l’ATPE. Le délégué du personnel a informé à l’assemblée qu’il a pris part à trois réunions préparatoires du conseil d’administration ayant permis de monter trois bons projets mais aucune suite n’est donnée à ces initiatives. L’actuelle direction générale en place depuis plus d’un an a du mal à accéder aux subventions pour faire tourner la boîte. Quant aux agents, ils disent ne pas se reconnaitre dans cette structure publique de l’Etat. Les raisons du manque de moyens évoquées par les différents responsables ministériels qui se sont succédé ne sont pas convaincantes. Car, malgré la crise économique, plusieurs institutions sous tutelle créées, après L’ATPE, ont vu leur conseil d’administration se tenir et leurs différentes structures mises en place. Pourquoi pas l’ATPE se sont-ils interrogés ? Tous se sont accordés à dire que c’est un signe de mauvaise foi.

« Pas d’internet »

Pour les agents, les conditions de travail sont inexistantes, par conséquent leurs conditions de vie en pâtissent. Dans une structure comme l’ATPE où le travail devrait renforcer par les Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication, « il n’y a même pas la connexion internet » ont regretté les agents. La mobilité des reporters est réduite parce qu’un seul bus fait le ramassage du personnel, les reportages, la distribution du journal, etc. Sans citer le fait que le bus  est amorti. Certains agents ont également soulevé la question de la prise en charge sanitaire qui, selon eux, est un droit. Les moyens de communication manquent car l’Agence n’a pas de téléphone pour la rédaction. « Essayez de calculer ce que vous sortez de votre poche pour faire le travail à chaque fin de mois. Vous verrez que c’est presque la moitié de votre salaire. Quelqu’un fait des années en tant que pigiste et meurt sans rien laisser à ses enfants. Moi je suis père de famille, je ne peux pas continuer à me sacrifier et mourir sans que personne ne songe à  mes enfants », a lancé un agent.

Au vu de ses difficultés, le personnel exige la tenue du conseil d’administration dans un délai n’excédant pas un mois. Il demande que l’ATPE soit intégrée dans le nouvel office en cours de création, qu’elle soit  délocalisée dans un édifice public et que la subvention de l’année 2018 soit versée. Si   rien n’est fait, le personnel entend utiliser les voies légales pour se faire entendre.

Badoum Oumandé Henri

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