Les députés approuvent la parité

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Le vendredi 19 octobre 2018, l’Assemblée nationale (AN) a examiné et adopté le projet de loi portant l’institution de la parité dans les fonctions nominatives et électives en République du Tchad. Sous la supervision du 5ème vice-président  de l’AN, Oumar Ibni Daoud, 124 députés ont opté pour la parité, 14 contre et 6 abstentions. Le projet de loi a été défendu par le ministre de la Femme, de la Protection de la petite Enfance et de la Solidarité nationale, Dr Djalal Ardjoun Khalil.

La loi sur la parité homme-femme s’avère compliquée pour certains. Pour d’autres, elle n’est qu’une simple loi et peut ne pas être appliquée à l’immédiat. La prise de la présente ordonnance tient d’un processus enclenché depuis 1995 à partir d’un contexte mondial qui a mobilisé les femmes autour de la question de l’égalité homme-femme et l’autonomisation des femmes, tant en milieu rural qu’urbain. La première étape fut le sommet de Beijing dont les conclusions demandent aux pays membres de l’Organisation des Nations-unies (ONU) d’appliquer le quota dans chaque pays.

Le Tchad a emboité le pas aux autres pays avec l’adoption de la loi sur le quota des femmes dans les instances de prise de décision en 2015. Au vu de ce projet, les femmes tchadiennes notamment celles de la société civile et du parlement ont commencé à mener le plaidoyer pour l’adoption d’une loi sur le quota de 30%. Le ministre de la Femme, de la Protection de la petite Enfance et de la Solidarité nationale, Dr Djalal Ardjoun Khalil a rappelé dans son exposé qu’avant 2015, le chef de l’Etat avait déjà fait une déclaration d’intention pendant l’organisation de la Semaine nationale de la femme tchadienne de 2002 en proposant l’application du quota de 30% en faveur des femmes. A partir  de cette déclaration, le code électoral du Tchad dans l’un de ses articles stipule que chaque liste électorale doit comporter la parité homme-femme.

Le combat actuel pour la parité des hommes et des femmes dans les instances décisionnelles ou électives est l’une des étapes de la lutte pour l’émancipation des femmes. Même si les femmes africaines en général et tchadiennes en particulier  ont trainé les pas, la lutte pour l’émancipation de la femme a débuté depuis longtemps. A l’exemple de celles de la France qui ont commencé leur lutte dès le début de la révolution en 1789. Depuis 1995, des importants progrès ont été aussi constatés sur la scène politique africaine.

L’éducation des filles au cœur de la lutte

Au Tchad, avec l’avènement de la démocratie, l’émancipation de la femme avec comme base, l’égalité des sexes ne cesse d’évoluer. C’est pour cette raison que le quota de 30% a été accordé par les députés. A l’examen de ce projet de loi, la commission santé, affaires sociales, condition de la femme et droits de l’enfant a demandé au ministère d’accélérer, d’encourager et d’inciter la scolarisation des filles, de prendre un décret fixant les modalités d’application dès la publication de la présente loi tout en y établissant un calendrier de mise en œuvre. Elle a demandé en outre au ministère d’adopter les stratégies spécifiques qui assurent les possibilités égales de participation entre les femmes et les hommes à tous les processus électoraux et nominatifs. Enfin, elle demande la mise en place d’un Conseil national du genre et de la parité (CNGP) qui sera un mécanisme de suivi et d’évaluation.

Yonwa Maïlébélé

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