Rapprocher l’institution des citoyens

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Les élus du peuple ont été conviés à une journée d’information sur les réformes de l’Union africaine (UA) en cours. Ce sont le ministre secrétaire général du gouvernement, chargé des Relation avec l’Assemblée nationale, Mme Mariam Mahamat Nour, et celui des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine, de la Coopération internationale et de la Diaspora, Mahamat Zène Chérif  qui ont conduit le débat.

La 27ème session ordinaire de la conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Kigali au Rwanda, en juillet 2016 a décidé qu’il est urgent d’accélérer la réforme en cours de l’UA. Elle a confié au président rwandais Paul Kagamé, la tâche de préparer un rapport assorti de propositions de solutions pour garantir l’avenir de l’organisation. « En effet, l’Afrique est à la traîne des autres continents et qui n’a pas fini de solder ses passifs d’esclavage, de colonisation, de néocolonialisme », a lancé le président de l’AN, Haroun Kabadi lors de l’ouverture de l’atelier. Plus grave, c’est l’Afrique qui subit plus qu’ailleurs l’exploitation et le pillage de ses immenses ressources naturelles et minières. Avec tous ces maux, ce sont les peuples africains qui croupissent plus qu’ailleurs sous le fardeau du sous-développement. Et ce sont les Etat africains qui affichent les taux les plus bas de l’Indice du développement humain durable à l’échelle mondiale.

De ce fait, le président Kagamé a présenté un premier rapport dans lequel, il propose les réformes à entreprendre. Après l’adoption de ce rapport par les chefs d’États, l’UA devrait se concentrer sur le nombre moins important de domaines prioritaires dont la portée s’étend à l’ensemble du continent. Il s’agit entre autres des affaires politiques, la paix et la sécurité, l’intégration économique et la possibilité pour l’Afrique d’être représentée et de faire entendre sa voix sur l’échiquier mondial et la ramener au service de citoyens, a confié le document.

L’UA est aujourd’hui perçue comme étant éloignée des préoccupations des citoyens. Bien qu’elle ait réussi dans une certaine mesure à placer les questions touchant l’équité du genre et la situation des jeunes au cœur des priorités de l’institution, il reste encore beaucoup à faire pour produire des résultats et un impact réel pour les citoyens africains.

Les échanges interafricains sont plus bénéfiques

L’objectif de la réforme vise également à instaurer des quotas de représentation des femmes et des jeunes au sein de toutes les institutions de l’UA ainsi que pour les représentants du secteur privé, le cas échéant. Elle entend également créer un corps de volontaires africains et faciliter les échanges dans les domaines culturel et sportif entre les Etats membres tout comme la mise sur pied d’un passeport africain à la disposition de tous les citoyens africains. Il ressort dans le constat qu’en 2014, le budget de l’UA était de 308 millions de dollars américains, d’où plus de la moitié était financée par des donateurs. L’année suivante, il a été augmenté de 30% dont 63% ont été toujours financés par les bailleurs.  En 2016, ils ont assuré 60% du budget de 417 millions de dollars tandis qu’en 2017 sur 439 millions de dollars du budget, l’UA n’a contribué que 26%.

Ce degré de dépendance vis-à-vis des financements des partenaires extérieurs soulève une question fondamentale : comment les États membres peuvent-ils contrôler l’UA et retrouver leur dignité s’ils ne définissent pas eux-mêmes ses priorités ? Reste à savoir, comment parvenir à l’autonomisation financière ? Et comment renforcer la gestion financière et l’obligation de rendre compte ? A ces interrogations, la décision de Kigali sur le financement de l’UA devrait être immédiatement appliquée afin d’assurer la viabilité financière de l’UA. Cette proposition consiste à appliquer une taxe de 0,2% sur les importations pour financer l’institution. Une telle formule rapporterait 1,2 milliards de dollars américains par an et donnerait à l’instance panafricaine son indépendance financière vis-à-vis des bailleurs.

Le chantier de la réforme est vaste et le processus de sa mise en œuvre sera bien long et complexe.  A cet égard, outre la définition des priorités et des domaines de la réforme, il a été recommandé de procéder, entre autres, à une meilleure division du travail entre la commission, les communautés économiques régionales et les États membres, en limitant le champ de l’union des affaires politiques, à la paix et à la sécurité, à l’intégration économique et au positionnement de l’Afrique sur la scène internationale. Pour réussir cette réforme, elle doit être accompagnée d’une vaste campagne de sensibilisation sur l’UA elle-même et sur la réforme afin que tous les citoyens africains en soient imprégnés.

Yonwa Mailébélé

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