Stabilité en Afrique centrale : redoubler les efforts de coopération régionale et interrégionale

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Le Comité consultatif des Nations unies chargé des questions de sécurité en Afrique centrale a tenu sa 47èmeréunion  du 3 au 7 décembre 2018 à l’hôtel Ledger Plaza de N’Djaména. Après les travaux des experts, les ministres des différents Etats membres ont entériné ce qui constitue des défis à relever vaille que vaille pour un décollage sur tous les plans.

La sous-région Afrique centrale est en butte à diverses crises annihilant tous les efforts de développement. Ce climat sociopolitique morose est exacerbé par la circulation et le trafic des Armes légères et de petits calibres (ALPC). La situation sécuritaire et géopolitique est donc préoccupante. C’est le mobile de ces assises qui abordent des problématiques liées à la lutte contre l’insécurité, les conflits intercommunautaires y compris entre éleveurs et agriculteurs, les groupes armés, l’extrémisme violent et le terrorisme en Afrique centrale. A ces épineuses questions, s’adjoignent celles relatives à la crise sociopolitique en RCA, dans les régions du sud-ouest et du nord-ouest du Cameroun et en République démocratique du Congo, la lutte contre Boko Haram dans le bassin du Lac Tchad, la sécurité et la piraterie maritime dans le golfe de Guinée, le braconnage et le mercenariat. Maintes stratégies et ressources ont été proposées et mises en application cependant la plaie reste ouverte. En accordant leurs violons, les Etats espèrent provoquer sa cicatrisation progressive.Les ministres ont examiné et adopté les rapports des experts sur plusieurs domaines notamment, la revue de la situation géopolitique et de la sécurité en Afrique centrale, le suivi de la situation en RCA, la lutte contre l’insécurité, les groupes armés, l’extrémisme violent et la situation financière du comité.

Les instruments sont à appliquer

 S’agissant de la situation en RDC, le comité encourage les acteurs à œuvrer pour des élections apaisées à la date prévue. Il condamne le comportement des groupes armés qui continuent de commettre des exactions et violences. Parlant de la République centrafricaine,l’accélération du processus de réactivation des commissions mixtes respectives entre la RCA, le Cameroun et le Tchad est relevée. Le comité réitère son appel aux Etats membres et à la communauté internationale à soutenir l’initiative africaine pour la paix et la réconciliation dans ce pays et appelle à la tenue du dialogue entre le gouvernement et les groupes armés dans le plus bref délai.

Quant au mercenariat, les ministres appellent l’Union africaine, la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) et les Nations unies à coopérer davantage en vue de renforcer leurs engagements sur la lutte contre le mercenariat, y compris la mise en œuvre des instruments juridiques existants. Pour François Louncény Fall, représentant le secrétaire général des Nations unies, le raffermissement de la paix passe par la mutualisation des efforts au niveau sous-régional et interrégional. Les Etats sont appelés à s’approprier les instruments nationaux et internationaux mais aussi à se mettre à jour en ce qui concerne leurs contributions financières. « Ces contributions sont indispensables au fonctionnement du comité et à la collaboration continue entre les Etats que les questions de paix et de sécurité dans la sous-région. J’en appelle aux Etats qui ne l’ont pas fait à s’en acquitter», rappelle-t-il.

Pour l’heure, quelques solutions aux problèmes de paix et de sécurité sont à implémenter. Il s’agit de la convention de Kinshasa sur les armes légères et de petits calibres et la stratégie sous-régionale de prévention et de lutte contre le terrorisme ainsi que la déclaration de Lomé des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) et la CEEAC sur la paix,la sécurité et la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent. Selon le secrétaire général de la CEEAC, Ahmad Allam-mi, la mise en œuvre de l’ensemble des instruments en matière de paix et de sécurité et d’intégration régionale exige des Etats la construction d’une communauté économique régionale, forte et efficace. « C’est à cet effet, souligne-t-il, que la réforme de la CEEAC et la rationalisation des communautés économiques régionales en Afrique centrale ont été prescrites par les plus hautes autorités communautaires. »

Les pays appelés à faire front commun

Pour le représentant du président de la Commission de l’Union africaine, Basile Akarebe, l’Afrique centrale est une zone sensible et en même temps le carrefour des menaces sahélo-sahariennes,c’est pourquoi la prévention des conflits demeure capitale. Selon lui, les recommandations issues des rencontres antérieures sont à mettre en œuvre pour assurer la paix, la stabilité et l’intégration sous-régionale.

 Le ministre d’Etat, secrétaire général à la présidence de la République, Kalzeubé Pahimi Deubet qui a ouvert les travaux,  s’est appesanti sur les voies et moyens susceptibles de faire lever une nouvelle ère sur la communauté.Il suggère que devant ces multiples maux, les Etats gagneraient à faire preuve de vigilance et opter toujours pour une synergie d’actions : « c’est ce qu’il nous faut car individuellement nous ne pouvons rien. » Le ministre n’a pas perdu de vue le problème de la libre circulation des biens et des personnes.

En marge de la réunion ministérielle, le secrétaire général de la CEEAC et le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique centrale ont lancé le projet conjoint UA-CEEAC-Nations unies de mise en œuvre de la convention de Kinshasa dans les onze pays membres de la CEEAC. Le projet baptisé : « soutien aux Etats africains  dans le cadre de la vision « Faire taire les armes en Afrique d’ici 2020’ :renforcement  des capacités  des Etats d’Afrique centrale ». Conformément au principe de la présidence tournante, le Tchad succède à celle au RD Congo pour les six prochains mois.

Florent Baïpou

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