Tchad : l’opérationnalisation de la politique genre en marche

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Le ministère de la Femme, de la Promotion de la petite enfance et de la Solidarité nationale, a organisé la cérémonie de lancement de la validation du plan d’actions quinquennal (2019 – 2021)  pour l’opérationnalisation de la politique genre, le samedi 8 décembre 2018, à la Maison nationale de la Femme du Tchad.La Première dame, Hinda Déby Itno, a présidé la cérémonie, en présence de la ministre de la Femme, de la Promotion de la petite enfance et de la Solidarité nationale, Dr Djalal Ardjoun Khalil, des chefs de missions diplomatiques, des députés, des présidents des grandes institutions et de plusieurs membres du gouvernement.

Dans sa présentation du plan de la politique de genre, le directeur général de l’Equité de genre du ministère de la Femme, de la Promotion de la petite enfance et de la Solidarité nationale, Ismaïl Adoum, a décliné l’objectif pour promouvoir l’égalité entre les hommes et femmes en vue d’un développement durable en six orientations stratégiques :l’intégration systématique de la dimension genre dans les systèmes de planification, de budgétisation, de mise en œuvre, et de suivi-évaluation des stratégies politiques et/ou programmes de développement à tous les niveaux ; le développement d’une stratégie de communication pour un changement de comportement (CCC) en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes dans tous les domaines de la vie publique et privée ; l’accès égal et équitable aux services sociaux de base, aux ressources (y compris le foncier) et aux bénéfices par les hommes et les femmes ; l’accroissement de l’accès égal et équitable des hommes et des femmes aux instances de prise des décisions à tous les niveaux ; la promotion des droits humains en luttant contre les violences basées sur le genre (VBG) et en mettant un accent particulier sur l’autonomisation des femmes et la dernière orientation, est le développement d’un partenariat actif en faveur du genre au Tchad.

La ministre de la Femme, de la Promotion de la petite Enfance et de la Solidarité nationale, Dr Djalal Ardjoun Khalil, a justifié que la validation de la politique nationale genre, n’est pas une fin en soi. Pour elle, ce n’est que le point de départ pour leurs actions futures. Selon Djalal Ardjoun Khalil, le Tchad dans sa marche vers le progrès, a besoin de la participation effective de toutes ses filles et fils, toute classe confondue pour asseoir une dynamique, qu’ils vont léguer à leur prospérité. «  Le genre ne signifie pas développer et favoriser les compétences féminines, comme a-t-on coutume de le dire et avons l’habitude de l’écouter. Il est par contre une politique de développement axée sur l’égalité des chances et favorise une participation commune de tous les concitoyens », a laissé entendre la ministre.La politique nationale genre ambitionne à travers son plan d’action de créer un environnement socio- économique, et une structure favorable en institutionnalisant le genre, dans la structure politique, programme et projet de développement afin d’optimiser le genre. A-t-elle martelé. La ministre de la Femme, de la Promotion de la petite enfance et de la Solidarité nationale, a souhaité qu’une ligne budgétaire, soit inscrite dans chaque département ministériel, pour faciliter la mise en œuvre de ce plan d’action.

Le représentant de l’ambassadeur de l’Union européenne,Arnaud Borchard, a notifié que son institution n’a cessé ces dernières années d’accorder une grande place grandissante à la question du genre, d’une part en interne, au sein de ses institutions et de ses pays membres, mais aussi dans ses relations extérieures avec ses partenaires partout dans le monde. Selon Arnaud Borchard, promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes en vue d’un développement durable, c’est une bonne chose. Mais une politique  ne vaut que si elle se traduit en actions concrètes, en changements réels de la situation sur le terrain.

Braver les obstacles et être à la hauteur des attentes

La première dame Hinda Déby Itno, dans son discours, a signalé que plus qu’une question et d’équité, l’adoption de la politique nationale genre relève du souci majeur de donner une dimension inclusive et participative au développement des tchadiens de deux sexes dont l’égalité est consacrée dans la constitution de la République du Tchad. Elle  a indiqué que les femmes tchadiennes, de par leur poids démographique et leur potentiel productif, constituent sans équivoque, assurément une force motrice de premier ordre que l’on ne saurait minorer.

« L’engagement politique au plus haut niveau a certes permis tous ces progrès en matière de promotion de la femme, mais je ne saurais occulter le sacrifice consenti par nos citoyens avec en première ligne les femmes tchadiennes elles-mêmes qui ont su exploiter les bienfaits de la démocratie en s’organisant massivement en associations », s’est réjoui la Première dame. Selon elle, la santé d’une nation se jauge par le bien-être de la femme. Il revient donc à toute la société de s’investir pour que soient levées toutes les pesanteurs socioculturelles qui entravent l’épanouissement des femmes et pour cela tout le monde doit se mobiliser pour que les femmes aient accès aux moyens de production et à la propriété au même titre que les hommes.

Badour Oumar Ali

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