Pedro Bayémé Bayémé Ayingono : « La CEBEVIRHA, un organe pour le développement durable »

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La Commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (CEBEVIRHA),  en sa qualité d’agence d’exécution de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEMAC), est chargée de mettre en œuvre la politique communautaire dans les domaines de l’élevage, de la pêche, de l’aquaculture et des échanges des produits animaux et halieutiques. Elle vient d’élaborer son plan stratégique 2015-2025 qui a pour objectif d’appuyer les Etats dans le développement de ses secteurs d’activités afin de lutter contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté dans la sous-région. Le secrétaire exécutif de la CEBEVIRHA, Pedro Bayemé Bayemé Ayingono, revient sur les grands axes de ce plan.

L’Info : La Commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques  (CEBEVIRHA) fait partie des organes de la CEMAC les moins connus du public. Présentez-nous votre institution ?

Pedro Bayemé Bayemé Ayingono : La CEBEVIRHA  est née suite à la grande sécheresse de1973-1974 qui a décimé des milliers de têtes de bétail au Cameroun, en RCA et au Tchad. Les chefs  d’Etat de  l’Union douanière et économique des Etats de l’Afrique centrale (UDEAC) avaient décidé à cet effet de mettre sur pied une Institution qui devrait appuyer les Etats à repeupler le cheptel décimé et de favoriser les échanges des produits halieutiques. C’est ainsi que fut créée en1987 la Commission économique du bétail, de la viande et des ressources halieutiques (CEBEVIRHA) ayant son siège N’Djaména. D’abord organe autonome en 1987, la CEBEVIRHA devient en 2013 une agence d’exécution de la CEMAC chargée d’appliquer la politique communautaire en matière d’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. Sa mission est de contribuer au développement durable, harmonisé et équilibré des secteurs de l’élevage, des industries animales, des pêches et de l’aquaculture ainsi que l’accroissement des échanges en vue de permettre aux Etats membres d’optimiser les productions nécessaires pour atteindre la sécurité alimentaire et réduire ainsi la pauvreté des populations de la sous région.

La sous-région regorge d’énormes potentialités, mais depuis la création de cet organe,  quels sont les problèmes qui se posent à l’industrialisation du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique?

D’abord, le déficit des ressources financières. Sans moyens financiers, il est difficile de réaliser des projets quel que soit l’ambition. Mais consciente de la réalité de nos Etats et de sa mission, la CEBEVIRHA a entrepris une tournée dans les Etats membres. Cette tournée a permis d’enregistrer et d’identifier les différentes contraintes liées à chaque Etat. La CEBEVIRHA est parvenue ainsi à l’élaboration d’un plan stratégique étalé sur dix années (2015-2025). Ce plan est un instrument de pilotage pour pouvoir atteindre nos objectifs. Il contient 5 axes, 16 programmes et 55 projets issus des priorités nationales desdits Etats. La mise en œuvre de ces projets va favoriser le tissu industriel dans la transformation des produits de la pêche, de l’élevage, de l’aquaculture, et permettra de ce fait, d’améliorer la contribution au PIB.

Qui dit plan stratégique dit mobilisation des ressources. Où en êtes-vous en ce moment ?

La crise économique qui frappe actuellement nos Etats a un effet pédagogique, celui de s’accommoder à la situation. La CEBEVIRHA est affectée par cette situation, parce qu’elle est alimentée par les Etats membres de la CEMAC. Grâce à une ouverture au niveau de nos statuts, nous nous sommes orientés dans la recherche de fonds pour l’organisation d’une table ronde des donateurs. Pour y parvenir, nous avons recherché l’expertise d’une ONG qui a l’expérience dans l’organisation de ces fora. Préalablement prévue en  décembre2018, l’organisation de la table ronde, pour des raisons techniques, est reportée pour le mois de février 2019. Un évènement tant attendu pour lequel, nous souhaitons la participation de tous.

Souvent, dans la mise en œuvre des projets, il y a le problème de la valorisation de la main d’œuvre locale qui se pose. Qu’en est-il de la CEBEVIRHA ?

Je pourrais vous répondre avec un exemple, celui du Projet de promotion de la pêche continentale et d’aquaculture (PPCA), l’un des projets phare du plan stratégique. C’est un projet qui a un impact considérable  au niveau sous- régional. Pour sa mise en place, il a été créé des antennes dans tous les Etats avec les moyens matériels et humains nécessaires. Dans le souci d’une plus grande efficacité et de la rationalisation des moyens dont nous disposons actuellement, la CEBEVIRHA, dans le cadre de la mise en place du PPCAII, propose de recruter un consultant national par pays afin de réaliser les premières études avant la mise en place totale du projet. La première sera d’ordre socioéconomique qui permettra de réaliser une enquête sur l’importance de la pêche continentale et de l’aquaculture. Et la seconde, sur l’élaboration, l’actualisation et l’harmonisation des textes législatifs et règlementaires. Un appel d’offre a même été lancé à cet effet. Comme vous le constatez, nous nous appuyons  et travaillons avec les ressortissants des Etats membres de la CEMAC.

Avez-vous  un message à adresser aux Etats membres ?

Nous sommes une agence d’exécution au service des Etats membres de la CEMAC. En tant que fer de lance de la politique communautaire de la zone CEMAC, les pays membres peuvent compter sur notre appui dans les secteurs de l’élevage, de la pêche et de l’aquaculture. Nous avons les mêmes préoccupations quant à l’amélioration des conditions de vie des populations. Il est question de trouver ensemble les solutions idoines à l’atteinte de ces objectifs.

Interview réalisée par Badoum Oumandé Henri

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