Santé humaine : 70 000 personnes meurent par an suite aux résistances antimicrobiennes

0
225

La direction de Lutte contre la maladie et de la Promotion de la santé a organisé une journée de sensibilisation et d’information,  le lundi 13 décembre 2018, à l’occasion de la Semaine mondiale de sensibilisation à l’usage des antibiotiques. Placée sous le thème : « Jamais d’antibiotique sans prescription », cette journée a  permis d’échanger avec le public à l’amphithéâtre de la faculté  des Sciences de la santé humaine et des pharmacies sur la problématique des résistances antimicrobiennes.

La présentation de la situation de la résistance aux antimicrobiens sur le plan mondial a permis de comprendre les enjeux de ce phénomène. Le consultant de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Tchad, Dr Zongo Frank Edgard, a relevé que la résistance antimicrobienne est responsable de 70 000 décès par an. Ce chiffre à l’horizon 2050 sera de 4 millions. La résistance antimicrobienne est la résistance d’un micro-organisme à un médicament antimicrobien auquel il était jusque-là sensible. Elle a plusieurs origines dont les prescriptions anarchiques, non respect des doses et de la durée des traitements, vente illicite et anarchique des antibiotiques, automédication, mauvais usages dans l’élevage, milieu hospitalier et environnement. Selon lui, pour la tuberculose par exemple, on estimait à 480 000nouveaux cas multi résistante dans le monde en 2013. 20,5 % des cas de tuberculose précédemment traités seraient des cas multi résistants. Après 2010, les cas de résistance aux antirétroviraux chez les personnes vivants avec le VIH ont atteint 22 %. Pour  Mme Khadidja Gamougam, biologiste à l’hôpital général de référence nationale, au 1ertrimestre de 2015, sur 1011 échantillons d’urine, 37 sont résistants. Pour les échantillons de pus, 22 sur 125 sont résistants. Ce qui dénote de l’ampleur que les résistances antimicrobiennes prennent.

Pour faire face à la situation croissante résistances antimicrobiennes, il est conseillé plusieurs actions entre autres l’hygiène des mains, la vaccination,l’usage d’antimicrobiens surprescription seulement d’un professionnel de santé, la bonne conduite du traitement. Au niveau mondial, il est élaboré un plan de riposte qui comprend cinq axes stratégiques. Il s’agit de mieux faire comprendre le problème par voie de communication, d’éducation, de formation ; renforcer les connaissances et bases factuelles par Surveillance et recherche ; réduire l’incidence des infections par Assainissement,Hygiène et Prévention des infections ; optimiser l’usage des antimicrobiens en santé humaine et animale ; accroitre les investissements dans la mise au point de nouveaux médicaments, outils diagnostics, vaccins et autres interventions. Sur cette base, le Tchad s’est doté d’un plan national de lutte qui reprend les grands axes du plan mondial. A entendre Chérif Baradine, point focal résistance antimicrobienne au ministère de la Santé publique, ils sont à la phase de mobilisation des ressources pour la mise en œuvre. Pour sa part, la directrice de la Lutte contre la maladie et la Promotion de la santé, Saada Daoud,a souligné que le Tchad à travers le ministère de la Santé publique s’engage à résoudre les questions de résistance.

Badoum Oumandé Henri

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here