Enseignement de base et du supérieur : l’année 2018 a été très perturbée

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Le ministre d'Etat, SG de la présidence de la République montrant l'accord signé entre le gouvernement et les syndicats/ Ph Archives/ ATPE

L’éducation en général est considérée comme l’un des secteurs prioritaires du pays. Raison pour laquelle les autorités ont mis des moyens conséquents et nécessaires dans ce secteur pour son épanouissement. Mais en 2018, à cause des mesures d’austérité prises par le gouvernement afin de juguler la conjoncture économique et financière que traverse le pays, deux longues grèves ont paralysé le système.         

Cette année, le mouvement de grève lancé par la plateforme syndicale revendicative des agents de l’État en janvier 2018, suite à leur baisse de salaires, a paralysé les enseignements primaire, secondaire et supérieur du pays. A travers cette grève perlée, plusieurs rencontres ont eu lieu entre l’intersyndicale dont le Syndicat national des enseignants du supérieur (SYNECS) et le Syndicat des enseignants du Tchad (SET), membres de ladite plateforme et le gouvernement pour décanter la situation, mais en vain. Le mouvement syndical exigeait l’annulation du décret instituant la baisse des primes et indemnités. Néanmoins, le 14 mars 2018, la plateforme syndicale revendicative et le gouvernement sont parvenus à un premier protocole d’accord ainsi aux hommes de craie de reprendre le chemin des salles de classes et des amphithéâtres.

Les partenaires sociaux de l’enseignement de base et du secondaire ont, eux, trouvé insuffisants les volumes horaires des cours effectués pendant trois mois pour l’organisation des examens de fin d’année scolaire. Mais le gouvernement, pour sa part, les a jugés conséquents et nécessaires en organisant le baccalauréat et le brevet d’étude fondamentale (BEF), le 2 juillet 2018, pour 85 311 candidats. En ce qui concerne le BAC 2018, sur 79 631 candidats toutes séries confondues, il y a eu 17 564 admis d’office et 19 590 admissibles A la 2ème session, plus de 2000 de ces derniers n’ont pas pu franchir la barre. Ces résultats ont été décriés par les observateurs de la scène éducative.  

Des efforts à faire de part et d’autre

Autre événement marquant de l’année 2018, c’est le recensement physique organisé par l’Inspection générale d’Etat (IGE) en juillet. Ce contrôle physique a suspendu les salaires de près de 2600 enseignants ou certains sont réhabilités en avril et près de 600 enseignants leurs situations restent encore actualités. De l’autre côté, les étudiants ont emboité le pas de leurs enseignants en décrétant, eux-aussi, une grève illimitée pour presser le gouvernement à verser les reliquats des arrières de bourses d’étude et d’équipements supprimées depuis l’année académique 2015-2016, ainsi pour protester contre le frais d’inscription qui passe de 28 000 F CFA à 50 000 F CFA. Autre fait marquant l’enseignement supérieur, la grève des chauffeurs de bus du Centre nationale des œuvres universitaires (CNOU) qui facilitent le déplacement des étudiants vers le campus universitaire de Toukra, la faculté des Sciences exactes et appliquées de Farcha et celles d’Ardep-Djoumal. Ces bus ont été longuement immobilisés, obligeant les étudiants à faire de l’auto-stop pour se rendre aux cours. Après plusieurs négociations entre la plateforme syndicale revendicative, le gouvernement a cherché à tout mettre en œuvre en paraphant le 26 octobre 2018 un autre protocole d’accord. Sur toute l’étendue du territoire, les enseignants et élèves ont repris les cours le 29 octobre 2018         

L’appui déterminant de la fondation Grand Cœur

Autre événement non négligeable de l’année 2018, la remise de 100 bourses scolaires d’accompagnement aux jeunes filles issues de quatre établissements confessionnels à savoir les lycées du Sacré-Cœur, Évangélique, cheikh Hamdan et Ibn Mouhadjir, le 28 juillet 2018, par la présidente de la fondation Grand Cœur (FGC), Hinda Déby Itno, pour soutenir les meilleures des meilleures filles des classes de 3ème qui passent en Seconde. Dans le même sens, la Première dame a également fait des dons des kits scolaires aux 23 provinces du pays.

L’année 2018 a été aussi jalonnée par des activités et des innovations en faveur de l’éducation nationale à savoir un forum sur le bilinguisme, un atelier de lancement de la 8eme édition à la scolarisation des enfants, organisé par l’ONG ACRA, le 19 septembre 2018, à N’Djaména. La création des lycées scientifiques à N’Djaména et dans certaines provinces et le recensement provisoire de 28 077 maîtres communautaires. Dans l’avenir, le gouvernement et les partenaires sociaux de l’Education nationale devraient s’entendre et regarder dans la même direction pour que l’école tchadienne retrouve ses lettres de noblesse.      

Ndomadji Ndodegue

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