Politique et Diplomatie: le Tchad au centre de plusieurs événements politiques et diplomatiques en 2018

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Le chef de l’État promulguant la Constitution de la 4e République/ Ph Archives/ATPE

En matière de politique, l’histoire du Tchad est jalonnée depuis son indépendance le 11 août 1960 à ces jours de plusieurs événements qui ont mis le pays sur orbite. L’année 2018 n’a pas dérogé à la règle. A cet effet, quelques événements politiques ont retenu notre attention. Sur le plan diplomatique également, le Tchad est l’un des pays d’Afrique noire sinon le pays le plus courtisé à cause de sa situation géographique et stratégique. L’Info jette un regard rétrospectif sur les événements phares qui ont marqué le pays sur les aspects politiques et diplomatiques en cette année 2018 qui s’achève.

Sur le plan politique, l’année 2018 qui s’achève est marquée au Tchad par plusieurs événements dont les plus phares sont, la tenue du forum national inclusif, la mise sur pied du nouveau bureau du Cadre national de dialogue politique (CNDP), la concrétisation de la politique de la main tendue qui a porté des fruits à travers la loi d’amnistie accordée aux politico-militaires et exilés politiques. A l’instar de la Conférence nationale souveraine (CNS) tenue le 15 janvier 1993, le forum national inclusif qui s’est tenu du 17 au 29 mars 2018 a permis aux participants de débattre de tous les maux dont souffre le pays afin d’y remédier. Ainsi, ce forum a débouché sur 75 résolutions induisant une nouvelle Constitution dite de la 4ème République promulguée en mai, la suppression de la primature, entre autres.

Ces résolutions visent à orienter les actions du gouvernement en promouvant la bonne gouvernance en vue de contribuer au développement socioéconomique du pays. Pour une bonne gestion des ressources de l’Etat, la prestation de serment est rendue obligatoire dans cette Constitution à tous les membres du gouvernement et à toute personne occupant un poste de responsabilité dans les hautes sphères de l’Etat. Le retour au bercail, des Tchadiens mécontents dont le plus remarquable est celui d’Acheikh Ibn Oumar, après un quart de siècle d’exil suivi quelques jours après de la réception officielle des mains du garde des Sceaux de son certificat de non poursuite judiciaire, est aussi l’un des grands événements politique de l’année 2018. Ce retour est le fruit de la politique de la main tendue prônée par le président de la République, Idriss Déby Itno.

Un pays en marche

Autres faits politiques marquant l’année 2018, c’est également la mise sur pied du nouveau bureau du Cadre national de dialogue politique (CNDP). Ce CNDP, version 2018, est marqué par l’exclusion de la société civile. C’est un bureau paritaire constitué de 30 membres. Il renferme 15 représentants de la mouvance présidentielle et 15 autres de l’opposition démocratique. Aussi, faut-il noter également la délocalisation des activités des partis politiques en province. C’est le cas des partis politiques tels que le CAP-SUR de l’ancien Premier ministre, Joseph Djimrangar Dadnadji, et le PDSA du candidat malheureux de l’élection présidentielle du 10 avril 2016, Djéraki Malloum Yoboïde, qui ont tenu respectivement leur Assemblée générale à Doba et à Mongo.

Sur le plan politique, certes, il y a beaucoup des points de la Constitution de la 4ème République issue du forum national dit inclusif qui concourent au développement socioéconomique du pays. Cependant, quelques  voix discordantes assimilent la Constitution de cette 4ème République à la danse du tango, un pas en avant et deux en arrière, vue l’amalgame constaté dans la forme de l’Etat. Cette critique se fonde précisément sur la reforme administrative de l’Etat avec son corollaire de la   suppression de la primature et  la prestation de serment inscrit dans cette Constitution. Conséquence, une instabilité gouvernementale caractérisée et le dysfonctionnement notable de l’administration.   

Macron vient réconforter le Tchad

Sur le plan diplomatique, l’année 2018 est très riche en événements eu égard au ballet diplomatique que le Tchad a connu. Les événements phares sont les visites et les sommets que le Tchad a abrités. Pour ce qui est des visites, il y a tout d’abord la visite effectuée le 25 novembre dernier en Israël par le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno. Cette visite intervient après 46 années de rupture diplomatique entre le Tchad et l’Etat hébreux. Elle est la première du genre d’un chef d’Etat tchadien et est placée sous le sceau de la sécurité. Le Tchad, faut-il le rappeler, a engagé ses troupes sur plusieurs fronts dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Dans le même sillage, le président français, Emmanuel Macron, a effectué les 22 et 23 décembre 2018 une visite officielle au Tchad. Cette visite au relent sécuritaire a permis également au président français de solliciter l’aide de l’Union européenne (UE) pour aider le Tchad à organiser des législatives et communales prévues pour le mois de mai 2019.  La visite d’Emmanuel Macron à N’Djaména a marqué le clou de cette diplomatie agissante et du rôle central du Tchad dans la lutte contre le terrorisme. Parlant des visites de haut niveau, l’on ne peut occulter celle du chef de l’Etat turc, Recep Tayyip Erdogan qui a permis de renforcer les liens diplomatiques qui unissent le Tchad à la Turquie depuis tant d’années.

Le chef de l’État en Israël/ Ph Archives

Pour ce qui est des sommets, le sol tchadien en a abrité un nombre important au cours de l’année 2018. Il y a la tenue le 31 octobre 2018 à N’Djaména du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale. A cette occasion, les  chefs d’Etat et de gouvernement de la CEMAC ont échangé sur la libre circulation des personnes et des biens qui a du mal à se concrétiser dans cette sous-région. De même, il y a la tenue du sommet extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de la Commission du bassin du lac Tchad en date du 29 novembre 2018 axé sur la situation sécuritaire dans le bassin du lac Tchad face à la recrudescence des attaques de la secte Boko Haram au Nigeria, au Niger et au Cameroun. Il y a également le passage du Tchad à l’Examen périodique universel (EPU) qui consiste à passer en revue les réalisations de l’ensemble des Etats membres de l’ONU sur des questions relatives au respect des droits de l’homme. Cependant, on doit relever l’absence du premier responsable tchadien, pour des raison de calendrier, à la 73ème Assemblée générale des Nations unies tenue à New York, les 25 et 26 septembre 2018, lors de laquelle les chefs d’Etat des pays  membres ont échangé sur diverses questions.

En somme, sur le plan politique, pour le développement socioéconomique et le bien-être de la population, toutes les observations, de quelle que chapelle qu’elles proviennent, doivent d’abord être acceptées pour sélectionner ensuite celles qui contribuent à la bonne marche du pays afin de le hisser au rang des pays émergents, vœu des plus hautes autorités de la République. Car, faut-il le savoir, ce ne sont pas toutes les critiques qui sont mauvaises. Il y a celles qui concourent à la bonne marche du pays.

Banbé Mbayam Christian et Serge Nékoulko Nadjingar

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