Sécurité : de nombreuses actions accomplies en faveur de la stabilité en 2018

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Les chefs d'Etat et de gouvernement lors du mini sommet sur la sécurité à N'Djamena

La sécurité fait partie des priorités des plus hautes autorités du pays. Elle est d’ailleurs au centre de toutes les préoccupations des pays de la bande sahélo saharienne et la sous-région CEMAC. Le Tchad est devenu la référence de la sous-région en matière de lutte contre l’insécurité et de maintien de la paix. Si les actions des groupes terroristes sont considérablement réduites, ils ne sont pas pour le moins inoffensifs. A travers des opérations sporadiques et disparates perpétrées dans la province du Lac, des pertes matérielles et en vies humaines ont été enregistrées. Plusieurs actes d’insécurité sont également relevés sur l’ensemble du territoire national.

Plusieurs localités du pays y compris la capitale ont été le théâtre des actes de criminalité, de banditisme, de vol à main armée et la liste n’est pas exhaustive. L’on a noté plusieurs cérémonies de présentation des faux agents de sécurité armés, des dealers et des fauteurs de troubles de tout bord. La montée des tensions intercommunautaires dégénèrent régulièrement en violents conflits locaux. A titre illustratif, les récents démêlés entre éleveurs et agriculteurs dans le Ouaddaï, le Moyen Chari, le Mandoul et dans les deux Logone où il y a eu plusieurs morts et blessés. L’assassinat d’une femme d’affaires chinoise en juin dernier a fait des remous et conduit les responsables à redoubler de vigilance. Ce qui est difficile à comprendre c’est que ces forfaits sont commis par des récidivistes. A peine présentés à la presse et envoyés en prison, ils sont relaxés et commettent des actes répréhensibles. Tant que leurs complices placés sûrement en haut lieu ne reviennent pas à la raison, la sécurité des civils et des forces de l’ordre demeurera un vœu pieux.

Il est aussi plus indiqué de délimiter les zones de transhumance, de faire preuve de justice et d’équité pour décanter les conflits intercommunautaires. En novembre, dans le nord-ouest du pays, un comité d’auto défense combat le gouvernement dans la ville de Miski. Une situation relayée par les médias internationaux. Deux semaines après, le ministre en charge de la Défense nationale a souligné que « l’armée a dégagé et délogé l’ennemi ». D’un coté, ces combattants sont qualifiés de « trafiquants d’armes ou d’êtres humains », « orpailleurs illégaux » tandis que d’un autre côté, ils disent être en place « pour empêcher l’exploitation des mines d’or au profit du clan Déby » et contre le nouveau découpage administratif.

Le pays sur tous les fronts de la lutte antiterroriste

S’agissant de la lutte contre le terrorisme, les mesures d’envergure sont prises et les risques d’attentats ont baissé dans les grandes villes excepté la région du Lac qui a connu plusieurs exactions des éléments de la secte Boko Haram. Dans les pays limitrophes, la situation est préoccupante et une influence sur le Tchad n’est pas à écarter. C’est dans cette optique qu’un accord de coopération a été signé le 31 mai 2018 à N’Djaména entre les trois pays voisins du sud de la Libye savoir le Niger, le Soudan et le Tchad pour lutter contre le terrorisme et les trafics. Cette initiative est axée sur le partage d’information et l’autorisation des troupes de chaque Etat d’user du droit de poursuite pour s’engager sur une certaine distance à l’intérieur du territoire de l’autre.

Le séjour du président Emmanuel Macron les 22 et 23 décembre 2018 à N’Djaména est également un fait majeur. La question de la sécurité et la lutte contre le terrorisme en est l’un des mobiles avoués. Après avoir partagé le traditionnel gâteau de noël avec les soldats de la force Barkhane qu’il a encouragés et motivés, le chef de l’Etat français a salué l’engagement du pays aux cotés des soldats de cette force dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Il a salué la coopération militaire et promis un soutien financier.  

Il y a aussi la lutte contre la criminalité transfrontalière à l’image de l’action vigoureuse conjointe menée contre le terrorisme dans le bassin du lac Tchad. Le Tchad œuvre sans relâche pour renforcer la paix, la sécurité et la stabilité au sein de l’espace CEMAC. L’arrivée du ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean Yves le Drian à N’Djaména où la question de la paix en Libye, la situation en République centrafricaine, la force conjointe G5 Sahel ainsi que la secte Boko Haram sont évoqués lors de sa rencontre avec son homologue tchadien, Mahamat Zène Chérif.

Il y a aussi la visite d’une mission conjointe des Nations unies et de la Suède au lac Tchad en juillet 2018 pour encourager le gouvernement à la participation des femmes et des organisations féminines à l’élaboration de prévention et de résolution des conflits. C’était pour s’enquérir des efforts déployés par le gouvernement tchadien pour assurer la pleine participation des femmes à tous les niveaux de prise de décision au sein des institutions nationales et des mécanismes de préventions et de règlement des conflits. Le gouvernement a fourni d’énormes efforts dans ce sens.  En octobre, les élus du peuple ont entériné la convention d’entraide judiciaire et d’extradition contre le terrorisme. Ce nouvel arsenal judiciaire a été signé en mai 2018 à Rabat au Maroc. Il permet de lutter efficacement contre les terroristes dans les pays sahéliens.

L’appui notable des partenaires internationaux

En matière de logistique, la Grande Bretagne a offert des citernes pour le ravitaillement de la Force multinationale mixte en opération dans la lutte contre Boko Haram. Dans le même mois, la ministre française des Armées, Florence Parly, a reconnu les efforts du commandement de la Force multinationale mixte (FMM) dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Pour elle, cette force basée au Tchad a réalisé des progrès notables. Au cours de l’année écoulée, la capitale tchadienne a abrité en novembre 2018 un mini-sommet des chefs d’Etat et de gouvernement sur la secte Boko Haram. Cette rencontre a réuni les présidents du Nigeria, Muhammadu Buhari, le Nigérien Mahamadou Issoufou, le Premier ministre camerounais, Philémon Yang, autour du chef de l’Etat tchadien, Idriss Déby Itno. Au cours de  cette rencontre, des orientations  et une feuille de route ont été données pour renforcer la lutte contre Boko Haram. Dans le même cadre, la Regional intelligence fusion unit (RIFU) ou Unité régionale de fusion du renseignement a ténu dans la capitale tchadienne sa 6ème réunion ordinaire à l’issue de laquelle le commissaire divisionnaire de police tchadien Alladoum Bégoto Faustin a été désigné coordonnateur.

Après ce mini-sommet, le ministre de la Défense du Nigeria, Mansour Mohamed Dar Ali, a séjourné au Tchad. Il a eu des rencontres sécuritaires avec le commandement de la FMM. Ce voyage fait suite aux multiples menaces des narcotrafiquants dans le lac Tchad. De tout ce qui précède, l’année qui s’achève n’a pas été un répit pour Boko Haram, car ses bases ont été détruites par les forces de défense et le ratissage se poursuit. La résilience et l’accès aux services sociaux de base sont au nombre des axes stratégiques à développer pour venir à bout de ce mal au risque qu’il s’enlise et constitue une sempiternelle gangrène pour la sous-région et, partant, l’Afrique.  

Florent Baïpou, Modjimadi Djimas Justine et Djimet Biani

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