L’Assemblée nationale en 2018 : les députés engagés pour les intérêts de la nation

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Une vue partielle des élus du peuple/Ph Kouago/ATPE

L’Assemblée nationale (AN), en ses sessions ordinaires ou extraordinaires de l’année 2018, a consacré la grande partie de ses séances aux débats et votes des textes pour la mise en place des politiques, programmes et projets qui concourent, quoi qu’on en dise, au bien-être des Tchadiens.

L’année 2018 a été une année charnière pour l’Assemblée nationale avec l’adaptation des projets de lois et ordonnances issues des résolutions du Forum national inclusif (FNI). Même si les débats ont été houleux, la sagesse a prévalu, car chacun des représentants entendait défendre la population. Ainsi, plusieurs projets de lois ont été adoptés  dans le but d’améliorer les conditions de vie des Tchadiens. La deuxième session ordinaire 2018 de l’AN qui est aussi la première de la 4ème République a eu un caractère spécial, parce qu’elle a marqué le début des changements institutionnels, structurels et organisationnels. Malgré les changements inévitables dus aux réformes institutionnelles en cours, l’AN s’est entièrement acquittée du calendrier arrêté pour la conduite de ses activités de l’année écoulée.

En plus de l’adoption de la nouvelle Constitution consacrant l’avènement de la 4ème République par voie parlementaire, dix autres projets de loi ont été adoptés pour l’orientation de la vie des Tchadiens pendant la 1ère session ordinaire. Il s’agit notamment de la ratification des ordonnances ayant trait à l’accès à l’eau potable, à l’énergie solaire et aux services sociaux de base, au renforcement de l’Etat de droit et la bonne gouvernance politique et économique, à la lutte contre le terrorisme et la corruption, etc. La deuxième session a adopté, quant à elle, huit nouveaux projets de lois portant sur les secteurs du développement, de la bonne gouvernance, de la communication, de la formation et de la culture.

A cela vient s’ajouter une série d’ordonnances prises par le gouvernement dans le cadre de la mise en route des réformes institutionnelles. Il en est ainsi de l’ordonnance établissant l’égalité homme-femme dans les fonctions nominatives et électives pour relever le niveau d’implication et de participation des femmes dans la gestion des affaires publiques. La 2ème session ordinaire a entériné 27 ordonnances consacrées aux grandes réformes institutionnelles décidées lors du FNI, en l’occurrence celle portant attributions, organisation et fonctionnement de la Haute autorité des médias et de l’audiovisuel (HAMA).

Un travail titanesque abattu

Du côté des droits de l’Homme, la Représentation nationale a également examiné et adopté la loi portant attributions, organisation et fonctionnement de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), la loi portant création de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) en vue de l’organisation des prochaines élections législatives et locales tant attendues.

Parmi les projets d’ordonnances votés, il faut noter celui portant orientation agro-sylvo-pastorale et halieutique qui a fait couler tant de salive aux élus. Même si le projet de loi a été adopté, l’on dira qu’il découle d’un des rapports les moins attirants, pour ne pas dire médiocre.  L’ordonnance portant formule du serment confessionnel, procédures et liste des personnes assujetties, n’a pas été du goût de tous les élus. Pour certains, il fallait se référer plutôt à une formule républicaine qui fait consensus entre les Tchadiens. « Nous sommes d’abord liés par la République et non par des religions. Il faut que nous appliquions les lois de la République et nous sortirons grandis », ont souligné beaucoup de députés. Il y a eu également les ordonnances portant attribution et fonctionnement du Conseil économique, social et culturel, déterminant les principes fondamentaux de l’organisation administrative du territoire de la République du Tchad ou encore portant attributions, organisation et fonctionnement du Haut conseil des collectivités autonomes et des chefferies traditionnelles (HCACT) qui ont été adoptées par la Représentation nationale.

La balle est dans le camp du gouvernement

Outre l’adoption de ces différents projets de lois et d’ordonnances, des journées d’informations et des séminaires ont été organisés sur plusieurs thématiques parmi lesquelles le projet ‘’Vision 2030, le Tchad que nous voulons’’, la privatisation de la Cotontchad-SN, le renforcement des capacités des députés sur les Objectifs de développement durable (ODD). Il faut également noter l’adoption du rapport sur le système éducatif tchadien après des débats houleux assortis des recommandations. Le budget général du gouvernement évalué en recettes et en dépenses respectivement à 98 milliards et 97 milliards de F CFA est venu mettre un terme à l’année 2018.

La sévère crise économique et financière qui frappe le pays depuis bientôt cinq ans doit servir de leçon au gouvernement dans cette phase de définition des objectifs politiques à court, moyen et long termes. Le peuple tchadien, de ce point de vue, attend de voir se mettre résolument en place une administration efficace et efficiente de la 4ème République. Est également attendue une bonne politique rurale qui règle définitivement la question de la sous-alimentation et de la famine récurrente et assurer la croissance pour offrir de l’emploi et résorber le chômage de masse de la jeunesse. Le législatif a fait de son mieux, il appartient désormais à l’exécutif de faire plus et bien !

Yonwa Maïlébélé

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