Journée de salubrité du samedi : la population doit auparavant être sensibilisée

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Séance de salubrité par les jeunes/ Ph ATPE

L’ancienne maire de la ville de N’Djaména, Mariam Djimet Ibet, avait en son temps signé une note de service instaurant une matinée de salubrité. Cette activité doit se passer de 5 h à 8 h. Mais comment chaque commune met en application cette mesure ? Pourquoi aller au-delà du temps indiqué par la mairie centrale pour ouvrir les boutiques et les marchés ?

N’Djaména qui aspire à être la vitrine de l’Afrique centrale est très sale. Pour rendre un peu propre cette vitrine de l’Afrique, les hautes autorités en charge de la ville, avec à leur tête l’ex maire, avaient édicté une note de service en date du 14 août 2018 instaurant le nettoyage général de la ville tous les samedis. L’activité du nettoyage se passera de 5 h à 8 h et pendant cette heure les boutiques et les marchés doivent être fermés pour permettre à chacun de nettoyer la devanture de sa maison ou de sa boutique. Derrière cette note de service se cache la police municipale qui fait sa loi ou encore arnaque les commerçants et autres boutiquiers.

Au Tchad d’une manière générale et à N’Djaména en particulier, le samedi est une journée non ouvrable à la Fonction publique. Pendant ce jour, les agents sont à la maison et prennent généralement le petit-déjeuner à partir de 7 h et 8 h, mais quand le client se pointe à la boutique du quartier, même à 8 h 30 mn, le boutiquier ne lui sert pas ce qu’il est venu chercher. Le pire dans tout cela, si ce dernier se hasarde à ouvrir la boutique, même à 9 h 30 mn, la police municipale viendra l’amender à payer 3000 F CFA sans même reçu justificatif. Abba Hassan, un boutiquier habitant la commune du 7ème arrondissement, informe qu’« après la prière de 5 h 30 mn, je nettoie la boutique et la devanture aussi ; mais quand j’ouvre à 8 h 30 mn ou 9 h, c’est-à-dire avant 10 h comme recommandé, la police municipale vient me faire des problèmes en disant que je ne respecte pas la loi et me fait payer une amende qui oscille entre 2000 et 3000 F CFA ».

Dans les communes des 6ème et 7ème arrondissements, les jeunes qui se défendent se débrouillent dans le petit commerce ne sont pas du reste car ils sont également victimes. Pour le délégué des vendeurs de chaussures du rond-point Gazelle (ou du 10-Octobre), Djimhite Béaltangar, estime qu’instaurer un jour de salubrité dans la ville de N’Djaména est louable mais la manière dont la police municipale fait appliquer cette mesure est déplorable. Car, selon lui, la propreté est un comportement et non une obligation. « Chaque fin du mois, ladite police passe collecter de l’argent sans mettre la propreté et c’est déplorable », a-t-il laissé entendre. Malgré toutes les tracasseries de la police municipale, le délégué des vendeurs de chaussures souhaite que le service soit recadré.  « Il est temps de recadrer les termes de cette note de service pour éviter les dommages à l’économie. Il souhaite enfin que cette note de service fasse l’objet d’une sensibilisation en amont auprès de la population pour ne pas la sevrer. Parce que certains clients ne peuvent pas trouver à temps de quoi constituer leurs petits déjeuners avant de vaquer à leurs occupations.

Doukoundjé Caroline

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