Protection de l’environnement: les plastiques non biodégradables refont surface à N’Djaména

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Photo Bachir/ATPE

Depuis le 6 août 2008, la mairie de N’Djaména a interdit par arrêté l’importation et la vente des emballages en plastique non biodégradable dans la ville. Un autre arrêté a été également pris en 2010 pour prohiber la vente de l’eau dans ces emballages appelés ‘’leyda’’. Les contrevenants, selon l’article 2 de l’arrêté, sont soumis à des amendes prévues par les textes en vigueur.

Si de plus en plus d’Etats et de collectivités territoriales adoptent des mesures pour limiter ou interdire l’utilisation des sacs en plastique à simple usage, polluants et coûteux, l’initiative de la mairie de la ville de N’Djaména a été particulièrement encourageante. Mais cette mesure n’a pas été prise au sérieux. Aujourd’hui, les sacs en plastique sont utilisés dans les boutiques et marchés de la capitale. Ceci est dû à la non application effective de cet arrêté et à la baisse du contrôle à la frontière. De son temps, des fouilles à l’aéroport et autres postes frontaliers étaient ordonnées pour traquer les réseaux de trafiquants. 

Les impacts négatifs liés à la prolifération des déchets plastiques sont énormes. Cette situation a des répercussions néfastes sur la vie socioéconomique des populations rurales et urbaines. L’imperméabilisation des sols par les déchets plastiques pouvant entraîner ainsi une insuffisance de recharge de la nappe phréatique, d’où une diminution des ressources.  L’on peut noter également la dégradation de la qualité de l’air suite à l’incinération non contrôlée des déchets plastiques. Cette méthode d’élimination des déchets plastiques est source d’émission des polluants organiques persistants notamment les dioxines et furannes, substances très dangereuses pour la santé humaine, car elles sont cancérigènes. A ceux-là viennent s’ajouter l’obstruction des canaux d’évacuation des eaux usées dans les villes pouvant entraîner des inondations et des stagnations d’eaux usées ;  et le spectacle désolant qu’offrent les sachets en plastique noir qui jonchent les sols aux abords des habitations ou dans les lieux publics ou qui sont suspendus aux branches des arbres. Cela pollue le cadre de vie de la population. Face à ce qui devient un grave problème environnemental et de santé publique contribuant à une dégradation dangereuse des conditions de vie des populations, il est urgent que les mesures prises auparavant soient appliquées pour punir les contrevenants.

La responsabilité partagée des maires

Les édiles ont du pain sur la planche, car dans des grands pays comme la Chine, les USA, et autres qui utilisent les sacs en plastique, aucun problème de prolifération ne se pose. Comment font-ils pour qu’il n’y ait pas de plastiques sur leur sol ? Il faut que le gouvernement initie des approches variantes et encourage les mesures volontaires, telles que la campagne d’éducation, le recyclage des plastiques, etc., dans son agenda pour assainir l’environnement. Car, en 2008, c’était la sensibilisation de la population, et notamment des commerçants, des chefs d’entreprise et des directeurs d’école qui a été la plus efficace pour faire disparaître les sacs en plastique du paysage urbain de N’Djaména, qui a été citée comme un exemple rare en Afrique.

 Yonwa Maïlébélé

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