Lutte contre le braconnage : un défi majeur à relever

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Le ministre d’Etat, ministre secrétaire général de la présidence présidant les travaux / Ph. Bachir / ATPE

La ville de N’Djaména a abrité, le vendredi 25 janvier 2019, la conférence des ministres de la Défense, de la Sécurité et des Aires protégées sur le braconnage et autres criminalités fauniques transfrontalières. C’est le ministre d’Etat, ministre secrétaire général de la présidence de la République, Kalzeubé Pahimi Deubet, représentant le chef de l’Etat Idriss Déby Itno, qui a procédé à l’ouverture et à la clôture de cette conférence qui se tient juste  après la rencontre des experts qui s’est tenue les 23 et 24 janvier dernier, à l’hôtel Hilton. Cette conférence a été rehaussée de la présence des membres du gouvernement, du corps diplomatique ainsi que de nombreux invités.

Ce sont en tout sept pays notamment le Cameroun, le Niger, la République Démocratique du Congo, la République Centrafricaine, le Tchad, le Soudan et le Sud Soudan qui se sont retrouvés pour débattre et échanger sur la problématique de la transhumance entre le Sahel et l’Afrique équatoriale, défis et perspectives. Après le mot de bienvenue du maire 1er adjoint de la ville de N’Djaména, Oumar Abdallah Lebine, cinq interventions ont meublé cette conférence. Parmi lesquelles, celle du facilitateur du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (Pfbc), par ailleurs ministre d’Etat du Royaume de Belgique, François-Xavier de Donnea qui a justifié le choix de la ville de N’Djaména pour abriter cette conférence internationale d’une part, par le fait que le Tchad joue un rôle important dans la stabilisation de la sous-région, d’autre part, du fait des succès que le pays a engrangés dans la lutte anti braconnage. Le phénomène de braconnage, souligne François-Xavier de Donnea, est une question cruciale pour la paix, la sécurité, la prospérité des habitants de ces pays représentés ici ainsi que pour le développement durable et la préservation de la biodiversité de ces territoires.

Le ministre de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche Abdelkerim Sidick Haggar est, quant à lui, revenu brièvement sur la description des formes et des modes opératoires du phénomène de braconnage au Tchad. D’après le chef du département de l’Environnement, les braconniers et autres bandes criminelles liées au trafic illégal des espèces sauvages opèrent sur le terrain, suivant deux grandes modalités. Dans le premier cas, précise-t-il, ceux-ci arrivent en caravane à dos de chevaux, d’ânes et de chameaux, les deux derniers animaux leur servant de bêtes de somme pour le transport. Ces braconniers font usage d’armements lourds de type AK47, RPG7, A52, entre autres. Souvent, leurs points d’entrée et de passages sont bien connus. Ils opèrent généralement en saison sèche, dans la période comprise entre la fin du mois d’octobre et celle du mois de mai de chaque année. Le deuxième mode opératoire consiste en l’utilisation des pirogues sur les confluents des fleuves et des rivières, le long des frontières avec les pays voisins. A l’inverse des premiers, ils opèrent en saison des pluies. Ils sont eux aussi lourdement armés. Abdelkerim Sidick Haggar a enfin pointé du doigt la complicité qui règne entre certains groupes d’éleveurs transhumants et les braconniers. Aussi, a-t-il souligné, la disproportion qui existe dans le rapport des forces sur le terrain entre ces braconniers qui sont de véritables guerriers et les patrouilles traditionnelles des agents des Eaux et forêts, faiblement armés et ne pouvant résister pendant longtemps en cas d’affrontement.

La nécessité de mutualiser les actions

Parlant des menaces que représentent ces braconniers et autres groupes armés circulant entre le Sahel, le Soudan et le nord de l’Afrique équatoriale sur les aires protégées et les populations riveraines, le ministre d’Etat, ministre secrétaire général de la présidence de la République Kalzeube Pahimi Deubet, a indiqué que celles-ci constituent une réelle source de préoccupations. Il est évident, poursuit-il, que les richesses fauniques et floristiques qui sont des vecteurs de développement, s’amenuisent au fil des ans sous l’action destructrice des groupes de criminels. Aujourd’hui, relève le ministre d’Etat, l’ampleur du braconnage exige des actions fortes et énergiques. « Nous avons l’obligation de concilier la défense et la sécurité de nos institutions avec la nécessité de préserver notre environnement et nos ressources naturelles au bénéfice des générations présentes et futures », conclut-il.

Renforcer la coopération

Une vue partielle des participants / Ph. Bachir / ATPE

Un communiqué final dit « Déclaration de N’Djaména » et la feuille de route sur la lutte contre le braconnage et autres activités criminelles transfrontalières ont sanctionné les travaux des experts ainsi que ceux des ministres. Dans cette déclaration, il est décidé, entre autres de l’opérationnalisation des accords relatifs à la lutte anti braconnage et  la gestion concertée des aires protégées et des couloirs transfrontaliers ; l’organisation d’une concertation  pour l’évaluation des services de conservation actuelle des Etats parties aux accords impliqués dans la lutte anti braconnage afin de prendre des mesures pour combler leurs lacunes opérationnelles notamment en termes de renseignement et de réponse appropriée des unités spéciales de lutte anti braconnage.

En marge de cette conférence, il y a eu la signature d’une déclaration d’intention relative au développement durable et à la protection de l’environnement entre le gouvernement du Tchad représenté par le ministre de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, Abdelkerim Sidick Haggar et l’Office national de la chasse et de la faune sauvage,  par l’ambassadeur délégué à l’Environnement Yann Wehrling pour le côté français. Juste après cette signature, un échantillon de matériel constitué d’une caméra sophistiquée a été remis par l’office national de la chasse et de la faune sauvage de la France au commandement de la garde forestière et faunique pour permettre aux agents de bien mener leur mission de surveillance.

Serge Nékoulko Nadjingar

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