Retraités arnaqués : à quand la fin de cette pratique horrible ?

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Une vue des retraités devant la CNRT / Ph. Archives

Le calvaire des usagers de la Caisse nationale des retraités du Tchad (CNRT) tant décrié a la peau dure. Laissés à la merci de l’affairisme, du mercantilisme démesuré et dépossédés à tour de bras par certains agents véreux, ces fonctionnaires sont traités comme des moins-que-rien, pourtant c’est grâce à leurs sacrifices antérieurs que le pays s’est développé. Pour des raisons de sécurité, les victimes partagent leurs peines sous anonymat. Ce qui n’enlève pas la véracité de ces faits qui ont cours sous le soleil.

Il est déjà ancré dans les habitudes que les retraités civils et militaires doivent verser des bakchichs à certains agents de la CNRT, histoire d’accélérer les procédures et autres. Ces pratiques à la base illégales deviennent de plus en plus  frustrantes et inquiètent les jeunes fonctionnaires et le commun des mortels. Ce qui  est parfois  fixé à 10 % pour mouiller la barbe de ceux qui suivent les dossiers et facilitent le paiement rapide des primes de départ à la retraite et les rappels des pensions impayées, a largement dépassé les limites de l’admissible. Les agents et autres démarcheurs fixent eux-mêmes sans sourciller le montant voulu comme s’ils sont les géniteurs de ces hommes qui ont l’âge de leur père ou de leur grand frère. A l’approche de la paie, le sort réservé à ces braves pères de famille réduits à la mendicité est incroyable. Parmi eux, se trouve ce monsieur qui, après neuf mois de parcours du combattant s’est vu refuser son dû parce que l’un des agents de cette institution lui réclame la moitié. Pas un sous de moins. Si celui-ci a tenu à se faire respecter en opposant un refus catégorique à cette demande malgré la galère, certaines personnes finissent par accepter cette escroquerie en plein jour simplement parce qu’elles sont acculées par les dettes et les besoins élémentaires comme la nourriture, la santé pour ne citer que ceux-là.

L’arnaque dont ces derniers sont la cible dépasse l’entendement humain mais rien n’est fait pour changer la donne parce que les retraités sont sans force et ont peur d’aggraver leur situation en les dénonçant. Et c’est ainsi que ces escrocs n’en finissent pas avec les ruses et les basses manœuvres pour tirer leur épingle du jeu.  Il semble que c’est un réseau bien tissé qui sait protéger et couvrir ses arrières qui est à pied d’œuvre. Ce que ce dernier ignore c’est que le bon Dieu voit tout. Il ne sait pas que tout se paie ici bas. Bien des fois, les responsables de la CNRT font tout pour donner à l’institution un beau visage mettant tout sur le dos de la crise financière que traverse le pays. Ils parlent des agissements des brebis galeuses, ce terme vague qui sert de cache-sexe permet de cafouiller les vrais problèmes.

La pension est un droit et non une donation

En temps de crise, ceux qui n’émargent plus à la solde connaissent une misère noire puisque la plupart n’ont pas bien préparé leur retraite eu égard aux charges sociales et aux difficiles conditions de vie. C’est le cas d’un autre fonctionnaire, enseignant de formation admis à la retraite dès janvier 2016, avec 8 enfants à nourrir et inscrire à l’école. C’est deux ans après, qu’il perçoit la moitié de sa prime. Bien avant cela, il a vécu l’enfer sur terre. Ses créanciers sont fatigués de ses longues promesses sans lendemain, ses enfants ont été renvoyés de l’école, son train de vie a dangereusement chuté ; ses enfants malades ont été soignés grâce à la solidarité des membres de sa communauté religieuse. Tout cela, ces agents de la CNRT n’en ont cure ; pourtant ils sont payés pour servir gratuitement et non pour spolier les pauvres citoyens. Il faut donc mener des enquêtes pour démanteler ce groupuscule qui ternit l’image de l’institution et abrège la vie de ces « bibliothèques » dont la jeunesse a encore besoin pour se construire.  

Beaucoup de voix confirment que ce n’était pas ainsi entretemps, mais ces nouvelles recrues peu respectueuses, qui ne sont actives que pour leur intérêt, ont tout corrompu. Les dossiers avancent à pas de caméléon et ressurgissent quand ces jeunes cadres sont de bonne humeur. Comment obtenir la baraka de Dieu avec une telle insolence à l’endroit de ceux-là qui ont, d’une manière ou d’une autre, contribué à l’avancement des choses dans ce pays. Que de toute urgence, des mesures soient prises et que les « bourreaux » des retraités soient punis conformément à la loi en vigueur.

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