Diplomatie : la souveraineté et la laïcité du Tchad ne sont pas discutables

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Le Premier ministre israélien et le chef de l’Etat tchadien /Ph. Archives / ATPE

Le dimanche 20 janvier 2019, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou a effectué une visite de travail sur le territoire tchadien. Un geste qui vient une fois de plus symboliser la volonté pour les deux pays de reprendre les relations diplomatiques rompues en 1972. Cette visite fait suite à celle effectuée par le président tchadien Idriss Déby Itno en terre hébreux en novembre 2018. Plusieurs accords ont été signés dans divers domaines. Le passage du chef de gouvernement israélien à N’Djaména a suscité le débat au sein des populations et au-delà.

Le 20 janvier dernier, 10 soldats tchadiens ont trouvé la mort et 25 autres blessés à Aguelhok au Nord-Est du Mali, à 200 kilomètres de la frontière algérienne. Une attaque revendiquée par un groupe de terroristes lié à Al Qaïda en réponse à la visite du Premier ministre israélien au Tchad. Une situation qui a plongé le Tchad dans la tristesse au vu de son combat dans la lutte contre le terrorisme. « Le Tchad est indépendant et souverain », les premières phrases de la déclaration de l’indépendance du Tchad sont encore en lettre d’or dans la constitution du 4 mai 2018 constituant la 4ème République. Si fondamentalement la souveraineté confère le droit de disposer de soi même, le Tchad en tant qu’Etat a la liberté, selon la loi fondamentale, de nouer des relations de coopération avec les Etats qui partagent sa vision.

Ainsi, le pays de Toumaï tout en respectant ses engagements a, au cours de l’histoire, noué des coopérations avec les Etats sur la base des principes définis par sa constitution et les textes internationaux. Ces relations au départ comprennent l’Etat d’Israël. Pour des raisons propres à l’Etat souverain, ces relations sont coupées officiellement en 1972 mais en réalité ne touche certains domaines développement. « L’absence des relations diplomatiques entre le Tchad et Israël depuis 1972 n’a pas empêché les deux pays d’avoir des contacts et des échanges dans des domaines d’intérêt commun » a précisé le président Déby. Ce qui explique que le Tchad dans sa souveraineté peut selon ses intérêts nouer des relations avec les Etats qui respectent et partagent ses principes.  

Séparer le civil du religieux 

Le débat sur la laïcité du Tchad bien qu’il soit d’actualité est tranché par la constitution. La liberté de culte fait partie des droits fondamentaux défendus par le Tchad  qui fait partie des Etats signataires de la déclaration universelle des droits de l’Homme. Ce principe au-delà des questions propres aux Tchadiens ne doit pas faire débat. Chacun a le droit de pratiquer sa religion à l’intérieur des 1 284 000 km². Cette question ne doit pas transcender les valeurs qui doivent définir les Tchadiens, inspirées de la constitution qui traduit leur volonté d’une vie commune.

Les visions doivent être harmonisées de sorte à voir le Tchad comme un pays fort à travers ses divergences religieuses.  Car par définition la laïcité « désigne la séparation du civil et du religieux ». Le principe de séparation du pouvoir politique administratif de l’Etat du pouvoir religieux en est une application. Ainsi, la présentation extérieure d’une religion ne doit pas transcender ce principe. L’enseignement religieux doit obéir à cette logique à tous les niveaux. La religion comme cause des débats géopolitiques  ne représente aucun intérêt pour un pays laïc.

Même position face au conflit israélo-palestinien

Le Tchad a toujours été favorable pour un dialogue franc pour une sortie de crise dans ce conflit qui n’a trop durée. Les deux Etats rappellent dans le cadre de la signature de cet accord, leur attachement aux buts et principes énoncés dans la charte des Nations unies, en particulier les principes du règlement pacifique des différends internationaux, de l’égalité souveraine des Etats et du respect de leur intégrité territoriale. L’accord pour le rétablissement des relations diplomatiques entre le Tchad et Israël est motivé aussi par les aspirations des deux parties à contribuer à la promotion de la paix, à la sécurité et à la stabilité internationale.

Le rétablissement des relations est loin d’une prise de position en faveur de l’Israël. Le Tchad dans sa logique s’est toujours investi à jouer la médiation pour une résolution pacifique des conflits. Bien au-delà, quand c’est nécessaire comme dans le cas de lutte contre le terrorisme, il est arrivé à déployer ses soldats. Ce, toujours au nom de la paix. Un pays épris de paix sous aucun prétexte ne peut se permettre d’encourager deux Etats à se faire la guerre.

Badoum Oumandé Henri

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