CBLT : le plan d’action et le budget 2019 en discussion

0
273
La table des officiels /Ph. Kouago / ATPE

La Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) tient à N’Djaména sa 64ème session ordinaire des ministres du 4 au 7 février courant. La réunion des experts a été ouverte le lundi 4  février 2019 au siège de l’organisation par le ministre tchadien de l’Environnement, de l’Eau et de la Pêche, Sidick Abdelkérim Haggar. Étaient à ses côtés, la ministre de la Production, de l’Irrigation et des Équipements agricoles, Lydie Beassemda, et le secrétaire exécutif de la Commission, l’ambassadeur Mamman Nuhu.

L’ambassadeur Mamman Nuhu salue la présence des experts venus des pays membres de l’institution. Il  indique que les activités porteront sur l’examen du rapport d’activités comprenant des engagements majeurs pris par l’institution pour promouvoir la paix et la gestion durable des ressources de la région à travers la mise en œuvre efficace et efficiente du projet de plan de travail et budget annuel 2019 (PBTA). Celui-ci a été élaboré sur la base des priorités dans le Programme d’action stratégique (PAS) 2018-2025, le plan d’investissement quinquennal, l’analyse diagnostique transfrontalière, le plan d’adaptation au changement climatique du lac Tchad et l’audit environnemental. Ces orientations sont le produit de larges consultations et d’échanges au sein des  différentes divisions de la CBLT. Le plan d’action 2019 met également un accent particulier sur le cadre de mise en œuvre de la stratégie régionale de stabilisation des zones affectées par Boko Haram dans le bassin du lac Tchad qui est présentement dans sa phase de mise en route. Le projet 2019  prend également en compte les conclusions de la conférence internationale sur la sauvegarde du lac Tchad tenue à Abuja.

Dressant le bilan de l’année écoulée, le secrétaire exécutif souligne que malgré les retards constatés dans la prise de service du personnel, dans le démarrage du programme pour le renforcement de la résilience des systèmes socio-écologiques du bassin du lac Tchad et dans l’adoption du budget, la CBLT est parvenue à mettre en œuvre 79 % des activités au 31 décembre, soit un taux de réalisation de 52 %. « Notre programmation 2018 et les activités exécutées, indique-t-il,  visaient à transformer la région en pôle de développement par excellence, à renforcer la résilience et à promouvoir l’interdépendance économique au sein des communautés riveraines en renforçant leurs capacités  de mise en œuvre des activités productives telles que la pêche, l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et le commerce. Un point d’honneur est mis sur les résolutions issues de la conférence internationale sur la sauvegarde du lac Tchad et celui des résolutions de la 63ème session du conseil des ministres tenues à Abuja en février 2018 ».

Le bilan 2018 est satisfaisant

Le rapport relève le progrès réalisé dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie régionale de stabilisation des zones du bassin du lac Tchad affectées par Boko Haram, adoptée le 30 août 2018. Il prend aussi en compte les activités techniques et de coopération, l’exécution du budget et les défis liés à l’administration générale de l’organisation sous-régionale. La situation des contributions des Etats membres n’a pas été omise. L’ambassadeur Mamman Nuhu souligne aussi que le projet de transfert d’eau interbassin de l’Oubangui au lac Tchad (PTEIB) connaît un progrès remarquable. Les parties prenantes et les partenaires majeurs à la dernière conférence ordinaire des ministres se sont mis d’accord et ont lancé un appel en faveur de ce projet considéré comme une réponse dans le long terme à la régénération des écosystèmes dégradés du bassin du lac Tchad. « C’est dans cette optique que la Commission a assuré en 2018 le suivi de l’annonce faite par le gouvernement italien qui consiste à financer les études complémentaires de faisabilité du PTEIB à hauteur de 1, 5 million d’euros. La signature d’un protocole d’accord relatif au démarrage de ces études entre la CBLT et le gouvernement italien à Rome, le 16 octobre 2018 », annonce-t-il.

Le changement climatique et la sécurité avant tout

Au cours de son intervention, le ministre tchadien en charge de l’Environnement, Sidick Abdelkérim Haggar par ailleurs premier commissaire du Tchad auprès de la CBLT, rappelle que ces préoccupations soumises à l’appréciation des experts nationaux sont d’une grande importance. Car l’assèchement drastique et continu du lac Tchad constitue depuis la fin des années 1980, une préoccupation majeure et constante des instances dirigeantes de la CBLT. « Face à ces défis traditionnels que sont les sécheresses récurrentes, l’impact du changement climatique qui ont sévi dans le Sahel ces dernières années dont la conséquence directe est la raréfaction des ressources naturelles dans le bassin, viennent se greffer des défis sécuritaires créés par la nébuleuse terroriste Boko Haram avec leur cohorte de désolation et des personnes déplacées ». Le ministre de souligner que la Force multinationale mixte (FMM) est à pied d’œuvre pour assurer la quiétude et la sécurité des populations de la sous-région.

Prenant en compte les besoins de l’heure et les ambitions des différents pays représentés, les experts apporteront leur touche au projet de plan d’action ainsi qu’au budget. Les ministres vont, sur la base des résultats de ces échanges, adopter la feuille de route de l’institution pour l’année 2019. En marge de la cérémonie d’ouverture, le Programme pour le renforcement et la résilience  des systèmes socio-écologiques du bassin du lac Tchad (PRESIBALT) a offert cinq véhicules de marque Toyota Land Cruiser 4 x 4 dont quatre alloués au projet piloté par l’Unesco et un à l’ONG SOS-Eléphants. Ce sont les  deux commissaires du Tchad auprès de la CBLT qui ont remis les clés de ces moyens roulants aux bénéficiaires. La Commission du bassin du lac Tchad, faut-il le rappeler, est créée le 22 mai 1964 et a son siège à N’Djaména. Elle est une structure permanente de concertation mise en place en Afrique afin de coordonner les actions des Etats contre les phénomènes pouvant affecter les eaux du lac Tchad et régler pacifiquement les problèmes et différends affectant la zone. Ses membres sont le Cameroun, la Centrafrique, le Nigeria, le Niger et le Tchad.

Florent Baïpou

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here