Nutrition et alimentation : le Tchad toujours à la traine

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Le ministre d’État, ministre secrétaire général de la présidence / Ph. Goldégué / ATPE

Une réunion de haut niveau sur la malnutrition a été organisée le mardi 12 février 2019 à l’hôtel la Résidence. Cette rencontre convoquée par le Conseil national de nutrition et d’alimentation (CNNA) vise l’adoption de la stratégie de plaidoyer et de communication en faveur de la nutrition et le Plan d’action intersectoriel de nutrition et d’alimentation (PAINA). Elle a vu la participation de 11 ministères et 12 partenaires techniques et financiers. La réunion a été présidée par le président du CNNA, par ailleurs ministre d’État, ministre secrétaire général de la présidence, Kalzeubé Payimi Deubet.

Dans le cadre de la lutte contre la malnutrition, phénomène récurrent et problème de santé publique au Tchad, le gouvernement tchadien sous l’égide du ministère de la Santé publique et avec l’appui de ses partenaires a élaboré une Politique nationale de nutrition et d’alimentation (PNNA) promulguée en juillet2 015. La PNNA a pour but d’institutionnaliser la dimension nutrition et alimentation comme un véritable facteur de développement et qu’elle soit reconnue comme un « droit de la population tchadienne toute entière en vue d’améliorer la survie des enfants et de leur permettre un développement maximal de leurs potentialités physiques et intellectuelles ainsi que de promouvoir la santé et le bien-être des mères et des adultes ».

Pour atteindre ce but, la PNNA et son plan d’action intersectoriel de nutrition et d’alimentation adopté en septembre 2017, ont fixé des orientations stratégiques et un cadre d’action et de coordination multisectorielle axée sur le suivi et le développement de l’enfant qui s’appuient sur des interventions intégrées de nutrition, de sécurité alimentaire, de santé, de l’éducation, d’eau, d’hygiène et d’assainissement, etc. L’engagement et la motivation de la coordination multisectorielle, la participation des différentes catégories d’acteurs et la promotion de pratiques adéquates d’alimentation et de nutrition exige une compréhension partagée des défis et enjeux de la lutte contre la malnutrition au Tchad. Dance cette perspective, la disponibilité d’une stratégie de communication devient une nécessité pour assurer la promotion des actions efficaces et efficientes de lutte contre les différentes formes de malnutrition au Tchad. La présente stratégie a pour but de doter le gouvernement tchadien et les parties prenantes des méthodes et capacités afin d’intensifier le plaidoyer en faveur de la nutrition, sensibiliser et renforcer le dialogue autour des actions et pratiques adéquates en vue de contribuer au renforcement de la nutrition.

Persistance de la malnutrition au Tchad

Malgré les efforts déployés par le gouvernement et ses partenaires techniques et financiers pour faire reculer l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la malnutrition s’aggrave et demeure un problème majeur de santé publique au Tchad. Le document révèle que d’après les résultats de l’enquête de Standardized monitoring and assessment for relief and transitions (SMART) 2018, la prévalence de la malnutrition aiguë est en augmentation dans certaines provinces et en baisse dans d’autres et la moyenne nationale est de 13,5% et celle de la malnutrition chronique est de 31,9% avec certaines provinces présentant des résultats qui vont au dessus du seuil d’urgence fixé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon le président du CNNA, Kalzeubé Payimi Deubet, certaines pratiques familiales essentielles en matière d’hygiène et d’assainissement ne sont pas non plus très courantes au sein des populations. « Les dernières statistiques dénotent par ailleurs que seulement 57 % des Tchadiens ont accès à l’eau potable et 14 % des ménages disposent d’une latrine adéquate, remplissant les normes », s’est-il plaint. Et cela constitue à son avis un autre sujet de préoccupation. En outre, il relève que les évidences scientifiques ont montré que les interventions à haut impact et à moindre coût existent. « Il suffit pour nous de conjuguer nos efforts et de travailler ensemble de manière holistique et en synergie dans un cadre plurisectoriel afin d’obtenir des résultats probants », a-t-il recommandé.

Harmoniser les actions

Parmi les solutions envisagées, il cite entre autres la fenêtre d’opportunité de 1000 jours, la conception de l’enfant jusqu’à son deuxième anniversaire. « Il nous faut ainsi des interventions conjuguées : une sécurité alimentaire, une alimentation équilibrée, un environnement sain, une eau potable, des sois adéquats, des informations correctes sur les pratiques familiales, une bonne éducation, pour la femme enceinte, la mère allaitante, le nourrisson et le jeune enfant », a énuméré le président du CNNA, Kalzeubé Payimi Deubet. Dans son PAINA, pour améliorer la situation nutritionnelle des groupes ciblés, sept interventions principales sont à renforcer. Il s’agit de la mise en place d’un cadre légal et institutionnel et des documents stratégiques en nutrition et alimentation, l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, la consultation préventive de l’enfant, la consultation prénatale, la fortification des aliments, la communication pour le changement de comportement et la promotion de la diversification alimentaire et le plaidoyer pour la mise en œuvre de la politique de la santé communautaire.

Yonwa Maïlébélé

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