INSEED : « Nous devons améliorer la production des statistiques au Tchad », Nour Goukouni Nour

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Le directeur général de l'Inseed/Ph. Haltebaye / ATPE

L’Institut national de la statistique, des études, économiques et démographiques (Inseed) est au cœur de la planification des projets de développement à travers ses études. L’institution dirigée par Nour Goukouni Nour est en pleine réforme pour être plus performante et répondre aux besoins du gouvernement et de ses partenaires au développement. Dans une interview accordée à l’Info par son directeur général, il est question des défis et perspectives.

L’Info : L’année qui vient de s’achever a été marquée par l’organisation de plusieurs activités par votre institution. Quelles sont les grandes lignes de vos objectifs ?

Nour Goukouni Nour : Au terme de l’année 2018, nous pouvons dire que l’Inseed a assumé son rôle d’organe central du système statistique national. En tant que producteur de statistiques officielles, l’Inseed a eu à mener de grandes opérations ponctuelles (ECOSIT4, cartographie de la MICS-6, élaboration de la deuxième Stratégie nationale de développement de la statistique, etc.), et quelques opérations courantes au cours de l’année grâce à l’appui du gouvernement et de ses partenaires techniques et financiers. Nous avons aussi assuré la coordination du système statistique nationale (SSN) avec des appuis techniques que nous avons apportés aux partenaires producteurs sectoriels ainsi qu’en contribuant à l’animation des instances de pilotage du SSN. Cependant, nous n’avons pas été épargnés par la situation financière difficile de l’Etat qui s’est encore poursuivie en 2018. C’est ainsi que nous n’avons pas pu réaliser un grand nombre d’activités programmées pour l’année 2018.

L’une des activités est la tenue d’un atelier sur les budgets communaux. A ce propos, est-ce que les résultats sont déjà disponibles ? L’institut a-t-il mis en place un mécanisme de suivi de l’application de ces résultats ?

Après la collecte et le traitement des données de l’Enquête sur les Budgets Communaux, le rapport provisoire est déjà disponible. A cet effet, nous organiserons dans les prochains jours un atelier de validation dudit rapport par l’ensemble des parties prenantes avant de les mettre à la disposition du public. S’agissant du deuxième volet de la question, il n’est pas de la responsabilité de l’Inseed de faire le suivi des résultats des enquêtes. Car, l’Inseed produit des indicateurs.

Il n’y a pas longtemps, l’Inseed disposait d’un site web. Malheureusement, cet outil de recherche n’a pas du temps, c’est pourquoivous avez mis en marche un nouveau site web. Avez-vous une garantie pour sa pérennisation ?

La leçon tirée suite au problème survenu à notre ancien site web nous a permis de prendre des dispositions techniques et des garde-fous nécessaires pour garantir la pérennité du nouveau site web de l’Inseed : inseed-td.net. En effet, pour asseoir le nouveau site web, nous avons utilisé la technologie de dernière génération et de nouvelles stratégies de gestion du site avec lesquelles nous espérons tenir ce site web le plus longtemps possible, car c’est un outil qui nous permet de diffuser et de mettre à la disposition des usagers le résultat de production de données statistiques réalisées par l’Inseed.

L’Ecosit4, première phase, vient de prendre fin. L’on se prépare pour lancer la deuxième phase. Quelles sont les difficultés enregistrées entre vos enquêteurs et la population sur le terrain ?

Avant tout, nous remercions l’ensemble des chefs des ménages tchadiens et réfugiés résident au Tchad, les autorités administratives, religieuses, coutumières, les leaders d’opinion et les enquêteurs, pour leurs contributions sans faille dans la bonne exécution de la première vague de l’ECOSIT4. Cependant, les agents enquêteurs ont été confrontés à quelques difficultés notamment l’accessibilité à certaines localités coupées par les ouadis dues à la saison pluvieuse, la mauvaise qualité de la connexion internet qui a pour conséquence le retard dans l’envoi des données au quartier général (QG) et le difficile accès à certains villages insulaires du lac Tchad où il a fallu l’accompagnement des agents par les militaires. 

Quelles sont les perspectives pour l’année 2019 avec l’idée de création d’une école nationale des statistiques au Tchad ? A quand sa concrétisation ?

Pour l’année qui vient de  commencer, nous allons d’abord poursuivre avec les grandes opérations entamées en 2018 en plus de nos activités courantes. Ensuite, nous tenterons, dans la limite de la disponibilité des ressources financières, de mettre en œuvre certaines activités ponctuelles qui n’ont pas pu être réalisées l’année passée. Parmi les principaux chantiers plus ou moins nouveaux, on peut citer les travaux préliminaires sur le troisième recensement général de la population et de l’habitat et l’enquête genre. L’année 2019 verra aussi la poursuite de la réforme du SSN engagée en 2018 à la demande des plus hautes autorités du pays. Cette réforme vise à rendre plus performant le Système statistique national (SSN) en vue de l’amélioration qualitative et quantitative de la production statistique au Tchad.

S’agissant de la création de l’école nationale des statistiques, l’aspect technique pour sa création est déjà fait avec la proposition des textes devant lui donner vie. A l’Assemblée nationale d’adopter le projet de loi à la reprise.

Quels messages adressez-vous à vos partenaires dans le cadre de l’accompagnement de l’Inseed pour la poursuite de ses activités pour l’année 2019 ?

D’abord, nous tenons à remercier tous les partenaires techniques et financiers (PTF) qui ont accompagné l’Inseed en 2018 dans la réalisation de ses activités. Nous leur disons que leurs appuis ont été très utiles pour l’Inseed.  Ils nous ont permis d’améliorer notre production statistique pour satisfaire la demande des autorités nationales pour les besoins de planification des politiques et le suivi et évaluation. Les données produites sont aussi mises à la disposition des acteurs non étatiques très divers (entreprises, ONG et associations, organisations internationales) pour leurs besoins spécifiques. Pour finir, nous invitons le gouvernement et les PTF à poursuivre leurs appuis en 2019 pour que la production statistique au Tchad s’améliore davantage.

Propos recueillis par Djimet Biani

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