Conditions d’étude : la recherche, une dure épreuve pour les étudiants tchadiens

0
312
Les rayons de la Bibliothéque nationale / Ph. Youwa / ATPE

Les centres de recherche constituent un creuset culturel où les étudiants doivent se ressourcer. Mais force est de constater que ceux-ci fréquentent de moins en moins ces espaces au détriment des lieux de divertissement. Pour quelle raison ?

Les recherches constituent aujourd’hui un véritable casse-tête pour les étudiants. A N’Djaména, la plupart des établissements d’enseignement supérieur ne disposent pas de structure de recherche, à savoir la bibliothèque et/ou la salle d’internet. La rareté de ces structures de recherche à travers la ville de N’Djaména confronte ainsi les étudiants à d’énormes difficultés. Du campus universitaire de Toukra à la faculté des Sciences exactes et appliquées de Farcha, en passant par certains établissements publics et privés d’enseignement supérieur de la ville, le constat est le même. La carence des bibliothèques et l’absence du réseau Internet sont observées dans la quasi-totalité de ces institutions. « Ici à Toukra, la bibliothèque est encore en construction et le réseau wifi n’est pas opérationnel. Conséquence, nous sommes obligés de descendre au Centre catholique universitaire (CCU) ou à l’Institut français du Tchad (IFT) pour nos recherche, sinon souscrire au forfait Internet par téléphone », a déploré Dobida Rose, étudiante en philosophie à l’université de N’Djaména. Pour elle, cette situation est préoccupante du fait qu’elle n’a pas assez du temps de recherche et aussi la distance. Elle n’est malheureusement pas la seule à déplorer cette condition d’étude.

Rakseunbé Oursingbé, étudiant en mathématique à la faculté des Sciences exactes et appliquées de Farcha a quant à lui souligné que les documents contenus dans la bibliothèque de la Faculté datent de longtemps et ne concordent plus avec le programme d’enseignement actuel. « Le réseau Wifi de la faculté est réservé uniquement aux enseignants et étudiants de la troisième année de certaines filières qui doivent soutenir. On a même lutté pour réclamer la connexion mais en vain », a-t-il ajouté. La quasi-inaccessibilité aux centres de recherche et le facteur temps font que les étudiants se focalisent uniquement sur les cours reçus en salle, limitant ainsi leur niveau de connaissance. « La Bibliothèque nationale est ancienne de nom mais elle est opérationnelle il y a peu longtemps. Et les documents sont en grande partie des ouvrages hors programme scolaire et universitaire, c’est certainement pour cette raison qu’elle est moins fréquentée », estime Koudou Ngarnan, chef de service administratif de cette Bibliothèque. Selon lui, des dons de livres faits par l’Arabie saoudite et le fonds Gallimard, ainsi que les dépôts légaux permettent à la bibliothèque d’être aujourd’hui opérationnelle.

« L’Etat doit s’impliquer pour former des Hommes compétents »

Mbaïdédji Ndjénodji Fréderic, directeur de la Documentation et de  l’Information juridique au Centre d’étude et de la formation pour le développement (CEFOD) précise pour sa part que le centre dispose d’environ 57 000 références documentaires et d’environ 42 000 ouvrages mais exclusivement des domaines de la science juridique, la gestion et la littérature. « Le centre de documentation a une capacité d’accueil de 215 places assises, mais il est de nos jours moins fréquenté. La fréquentation moyenne par jour est d’environ 40 personnes », a-t-il renchéri.

Le faible taux de fréquentation de ces centres s’explique, selon Mbaïdéji Ndjénodji Fréderic, par les perturbations du cycle académique et universitaire ainsi que l’absence de la culture de la lecture. Il est donc du devoir des étudiants d’abandonner les vieilles habitudes et de s’adonner véritablement à la recherche en dépit de la rareté des structures car, le système Licence-Master-Doctorat (LMD) les place  au centre de la formation. Les autorités sont appelées à jeter un regard sur les conditions d’étude des jeunes en créant des structures de recherche afin d’alléger leurs souffrances.

Wangbara Baïdou, stagiaire

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here