Toilettes publiques : le manque d’entretien, incivisme ou contrainte ?

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Ph. Bachir / ATPE

S’il y a une chose dont les gens négligent dans des institutions publiques de N’Djamena, ce sont les toilettes. Dans la majorité des cas, elles ne sont pas entretenues laissant la place aux mouches, cafards, asticots, toiles d’araignée etc. Que risquent alors ceux qui l’utilisent ?

De l’université, au grand marché en passant par l’hôpital de la mère et de l’enfant et au lycée moderne de Djougoulié, les constats varient d’une institution à une autre. A la faculté des sciences exactes et appliquées de Farcha dans la commune du 1er arrondissement, il est difficile pour les étudiants et enseignants de passer sans cracher ou boucher les narines. Les toilettes jouxtant la restauration est en mauvais état, pas des dispositifs sanitaires. « Nous avons plusieurs toilettes dans notre faculté » reconnait Ganota Aimé, étudiant en sciences biologiques en train de potasser. Selon lui, les toilettes ne sont pas bien entretenues. Aucune équipe mise sur pied pour les entretenir. Un étudiant qui vient de sortir d’une toilette située à proximité de la salle consacrée aux étudiants de licence trois du département des sciences biologiques, nous confie « lorsque vous venez, vous trouvez de crachat sur le mur.  Grave, certains après avoir fait leur besoin ne prennent pas le soin de tirer l’eau ». « Même étant dans la salle, nous respirons les mauvaises odeurs. Mais nous sommes obligés de supporter », s’est plaint un autre.  Gotoum Nadjinangar, enseignante de ladite faculté affirme que le personnel chargé de l’entretien des toilettes ne fait pas son travail. Surtout dit-elle, nous ne nous sentons pas à l’aise quand nous passons devant ces toilettes. «  Elles dégagent des odeurs qui empêchent même la respiration » déplore l’enseignante.

Les toilettes situées au nord-est du lycée moderne de Djougoulié sont inaccessibles. On y trouve à l’intérieur tout comme à l’extérieur des excréments de tout genre. Des mouches, cafards et autres disputent l’endroit. Les élèves ne savent où aller se soulager. Certains sont contraints de déféquer à l’air libre tout autour. D’autres prennent des dispositions dès la maison. C’est le cas de Kimala Sera Dombo, élève en classe de première L. Elle témoigne qu’avant de venir au cours, elle prend toutes les dispositions pour ne pas sentir le besoin à l’école. Cependant, elle déclare qu’un jour n’ayant pas pris sa disposition, elle n’a pas pu supporter de rester plus de trois minutes dans les toilettes à cause des mauvaises odeurs.

Des initiatives à développer

A l’hôpital de Mère et de l’Enfant et au grand marché de la capitale, les toilettes respectent le 1/3 des règles d’hygiène. Les toilettes situées à l’entrée ouest du marché, l’engouement y est. Certains commerçants frottent librement leurs durillons et d’autres sont en fil indien pour attendre leur tour. Un commerçant rencontré confirme que les toilettes sont bien entretenues. « Chaque usager, après ses besoins paie 100F CFA », a-t-il précisé. C’est le cas également à l’hôpital de Mère et de l’Enfant où les usagers payent selon les besoins. Ces exemples doivent inspirer les communes qui ont une grande responsabilité dans l’assainissement, l’incivisme des populations participe à cette insalubrité. Les contraintes liées à l’accès aux toilettes appropriées doivent également être levées. Les départements concernés par la question doivent saisir les programmes et projets financés dans ce sens pour faire face au phénomène. Ces initiatives doivent aussi être accompagnées des sensibilisations accentuées.

Djobvouna Urbain

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