Sahel : le CILSS compte réduire la pauvreté dans un partenariat dynamique

Photo de famille à l’ouverture de la séssion / Ph. Haltebaye / ATPE

Le Comité régional de programmation et de suivi du Comité permanent inter-Etats de lutte contre la sécheresse dans le Sahel (CILSS) a tenu sa 26ème session ordinaire, du 7 au 9 mars 2019, à l’hôtel Ledger Plaza de N’Djaména. C’est en prélude de la 54ème session du conseil des ministres de l’organisation. L’ouverture des travaux a été présidée par la ministre de la Production, de l’Irrigation et des Equipements agricoles, Lydie Beassemda, représentant le ministre coordonnateur du CILSS.

Les membres du comité ont échangé sur le rapport de mise en œuvre de la feuille de route de la présidence burkinabé du CILSS, l’avancement du processus de réforme, la coalition mondiale sur l’eau au Sahel, le financement durable, etc. Aussi, les difficultés que rencontre l’institution sont-elles passées au peigne fin. Il est question principalement des taux d’arriérés de paiement des contributions des Etats membres. Ce qui a conduit selon le secrétaire exécutif du CILSS, Djimet Adoum, à un endettement considérable. « Il est impératif pour nous d’œuvrer en faveur du financement durable et stable de l’institution, car près de 95 % de notre financement restent tributaire des partenaires techniques et financiers », a souligné le secrétaire exécutif. Il est également mentionné le déficit criard des ressources humaines entraînant une surcharge de travail de certains experts dans la mise en œuvre des activités.

A propos de la situation dans le Sahel, il est relevé que c’est l’une des régions les plus vulnérables du monde face au changement climatique. L’agriculture dans cette partie de l’Afrique dépend encore à 97 % de la pluviométrie  mais contribue à 25 % de son Produit intérieur brut. Selon Djimé Adoum, l’insuffisance des productions agricoles, la faiblesse et l’instabilité des revenus constituent d’importants freins au développement économique et social des pays du Sahel. Le taux de pauvreté est particulièrement élevé en milieu rural. C’est ainsi que le CILSS en conformité avec son programme 2015-2019, poursuit la mise en œuvre des programmes engagés dans le domaine de la sécurité alimentaire, la gestion durable des terres, l’adaptation aux changements climatiques et la maitrise de l’eau à des fins agricoles. Le succès de ces programmes repose sur un partenariat multidimensionnel et dynamique.

Renforcer le cadre de partenariat

La représentante du chef de fil des partenaires techniques et financiers du CILSS, Alima Ouattara, a souligné la nécessité de renforcer le partenariat pour l’amélioration des conditions de vie des populations. Pour la ministre de la Production, de l’Irrigation et des équipements Agricoles, Lydie Beassemda, c’est la qualité des délibérations du Comité quoi déterminera le bon déroulement des sessions du conseil des ministres mais aussi des résultats. « Depuis plus de 30 ans, le dispositif de prévention et de gestion des crises alimentaires, mis en place dans les pays et à l’échelle régionale, assure un suivi rapproché de la campagne agricole. Grâce à cet outil unique en Afrique subsaharienne, nos décideurs politiques sont en mesure de prendre des décisions appropriées sur la sécurité alimentaire fondées sur des informations pertinentes », a dit la ministre. Elle a remercié les partenaires qui sont toujours aux côtés du CILLS pour l’atteinte de ses objectifs. Lydie Beassemda a précisé que le chemin du développement est jalonné de vicissitudes, mais la vision du CILSS ‘’un autre Sahel est possible’’ demeure la force pour avancer.

Les participants recommandent, à l’issue des débats, au conseil des ministres l’adoption de la charte du comité d’audit interne et la désignation des membres dudit comité. Le CRPS soumet aux ministres le renforcement des cellules nationales du CRPS en les institutionnalisant et en les dotant des ressources humaines et matérielles conséquentes. Les secrétariats nationaux CILSS doivent, de leur point de vue, être renforcés pour être plus opérationnels. Concernant les réformes, les experts recommandent la forte implication des comités nationaux et la veille sur le chronogramme de mise en œuvre. Les projets du CILSS doivent  êtres logés sur les sites conformément au mandat assigné, selon eux.

Badoum Oumandé Henri

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