JIF édition 2019 : l’application de la politique genre au centre des préoccupations

Les femmes de la Garde nationale et nomade du Tchad /Ph. Haltebaye / ATPE
La Place de la nation a servi de cadre, le vendredi 8 mars 2019, à un gigantesque défilé à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme (JIF). Cette année, le thème retenu pour la 42ème édition est : « L’égalité pour ligne de pensée des constructions intelligentes, changement par l’innovation ». Cette manifestation commémorative s’est déroulée en présence du couple présidentiel, du président de l’Assemblée nationale, des membres du gouvernement, des anciens Premiers ministres, des présidents des grandes instructions du corps diplomatique et des représentants des organisations internationales accrédités au Tchad…

La ministre de la Femme, de la Protection de la petite enfance et de la Solidarité nationale, Dr Djalal Ardjoune Khalil, a déclaré que l’avènement de la 4ème République sous l’impulsion du président de la République, Idriss Deby Itno, a ouvert une nouvelle ère quant au respect et à la promotion des droits de la femme et des filles tchadiennes. Ceci s’est matérialisé par plusieurs actes dont le plus récent est le décret n° 273 du 7 mars 2019, qui déclare la journée du 8 mars chômée et payée. La violence faite aux femmes constitue un handicap pour la contribution de la femme au développement, a-t-elle reconnu tout en remarquant que depuis fort longtemps à travers le monde, les femmes luttent pour l’égalité et l’équité du genre et qu’il convient de révéler que la femme tchadienne connaît des avancées notables ces dernières années. « J’ose espérer que les leçons apprises lors de ces manifestations pourront être mises à profit pour améliorer les actions futures en faveur de l’autonomisation de la femme », a conclu la première responsable du département de la Femme.

La marraine  de la Senafet et de la JIF, Hinda Déby Itno, a souligné que le thème est pertinent et d’actualité d’autant plus que l’égalité tant clamée et tant proclamée peuvent se matérialiser. A l’épreuve des faits, a indiqué la Première dame Hinda Déby Itno, bon nombre de femmes subissent tous les jours des pratiques discriminatoires qui prennent souvent des formes déguisées, subtiles. Elle a par ailleurs réaffirmé que dans de nombreuses contrées, le fait de naître fille constitue à bien des égards une condamnation fatale. Condamnation à des opportunités moindres ou limitées dans la vie, condamnation à moins de liberté et de droits. C’est pourquoi la problématique liée à l’égalité des sexes exige une mobilisation sans faille et un réel investissement de toute la communauté, a-t-elle plaidé.

Des avancées remarquables

Selon elle, plus de volonté et d’actions concrètes sont nécessaires si l’on veut faire de la question lancinante de l’égalité des sexes une réalité tangible qui se manifeste au quotidien. Hinda Déby Itno a déclaré que les plus hautes autoritésdu pays ont pleinement conscience des défis liés à l’épanouissement de la femme et à l’égalité de genre. A titre d’exemple, elle a cité l’ordonnance instituant la parité dans les fonctions électives et nominatives qui constituent une référence dans la sous-région. Mieux, l’égalité entre hommes et femmes est consacrée par la constitution de la 4ème République en ses articles 13, 14 et 15. « Les femmes tchadiennes se réjouissent de l’attention que le gouvernement leur accorde, mais elles en demandent davantage, car tout n’est pas pour le  mieux dans le meilleur des mondes, a-t-elle reconnu, tout en exhortant les femmes à être en première ligne, ‘’car l’égalité s’imposera naturellement si nous jouons  pleinement notre rôle dans la société en tant que première force de développement’’.

Avant le défilé, les femmes ont saisi l’opportunité pour formuler des recommandations au gouvernement, entre autres, de réhabiliter la Nouvelle société textile du Tchad (NSTT) de Sarh en vue de disposer des pagnes en temps réel, d’intégrer chaque année dans la loi de finances le budget de confection des pagnes de la Senafet. Elles ont par ailleurs demandé de prendre en charge cette confection au Tchad ou dans la sous-région et de rendre disponible et permanent le gaz butane à un prix raisonnable. Elles ont également demandé à l’Assemblée nationale d’accélérer l’adoption du code des personnes et de la famille, de veiller à la prise en compte de l’apport genre dans le budget de l’Etat et de créer une Commission genre au niveau du parlement. Elles recommandent aussi au ministère en charge de la Femme d’assurer la mise en œuvre du Plan d’action de la politique nationale genre en impliquant tous les acteurs concernés. Ensuite de poursuivre la vulgarisation de la loi n° 29 interdisant le mariage des enfants, de renforcer les capacités des femmes rurales et d’appuyer les organisations féminines.

L’indépendance économique, facteur essentiel

Elles demandent enfin aux partenaires d’accroître et de diversifier leurs appuis techniques et financiers au gouvernement et d’accompagner le ministère de la Femme dans la mise en œuvre de la Politique nationale genre. De même, une motion spéciale  de soutien pour le maintien de la paix, de la sécurité au Tchad et en Afrique et une autre de remerciement  ont été adressées à la Première dame Hinda Deby Itno pour son combat pour l’autonomisation des femmes et le respect de ses droits et son engagement pour le bien-être de la population en général et les personnes vulnérables à travers la fondation Grand Cœur en particulier. A cette occasion, la toute première femme députée du Tchad indépendant, Bourkou Louise, a remis une médaille au président de la République, Idriss Déby Itno, au nom des femmes tchadiennes pour tous les efforts consentis en leur faveur. Un grand défilé des différentes corporations féminines comprenant les forces de défense et de sécurité, de la présidence de la République, de l’Assemblée nationale, des départements ministériels, des entreprises paraétatiques et privées, des associations et des établissements scolaires a mis fin à la cérémonie.

Le jeudi 7 mars, à la clôture des activités à Bongor, chef-lieu de la province du Mayo-Kebbi Est retenue pour l’édition 2019, le gouverneur Ahmat Mahamat Taha s’est dit très heureux que sa circonscription ait abrité les festivités, car, ajoute-t-il, la femme mérite d’être encouragée et soutenue. Pour le ministre de la Femme, de la Protection de la petite enfance et de la Solidarité nationale, Djalal Ardjoune Khalil, le thème de cette année vient à point nommé avec l’avènement de la 4eme République et elles doivent prendre conscience des défis à relever. Pour elle,  gagner ce pari est possible et cela grâce à l’adoption de la politique nationale genre et de la feuille de route pour lutter contre les violences basées sur le genre et les mutilations génitales féminines. La Première dame, Hinda Déby Itno, de son côté, a indiqué que les défis de la 4eme République sont à la portée des femmes et la seule manière pour les relever est l’engagement des femmes elles-mêmes. « Finie  la kermesse  du désordre à la Senafet », a-t-elle déclaré. Selon elle, les femmes doivent être audacieuses et se mettre au travail pour arracher ou tout au plus arriver à la parité. Rendez-vous est pris pour 2020 dans la province du Barh El Ghazal ou du Sila pour la 20ème édition.Ndomadji Ndodegue et Doukoundjé Caroline, envoyée spéciale à Bongor     

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