Gouvernement de transition : Alhabo pour une réforme de l’appareil judiciaire tchadien

Le gouvernement de transition du 02 mai 2021 se met en place. En cette fin de la soirée du 04 mai courant, c’est le Garde des sceaux, ministre de la Justice, chargé des Droits humains, Djimet Arabi, qui cède sa place, après trois ans et quelques mois, à son successeur Mahamat Ahmat Alhabo. C’était sous le regard du ministre Secrétaire général du gouvernement, Mahamat Hamid Koua.

Après une minute de silence en la mémoire de feu Maréchal du Tchad Idriss Déby Itno, fauché par la mort le 20 avril dernier, Mahamat Hamid Koua a rappelé qu’il n’y a pas de temps à perdre, car la continuité des services publics doit être assurée.

En quittant le département de la Justice, Djimet Arabi dit être heureux de transmettre le flambeau entre les mains d’un homme averti et travailleur. Fier de partir avec le sentiment d’un devoir accompli en citant plusieurs réformes abouties, Djimet Arabi a tenu à rappeler que la « justice est le socle sur lequel se repose tout Etat qui aspire à la paix, à la démocratie, à la liberté et à l’égalité. »

Un retour et un discours tranchant

Mahamat Ahmat Alhabo a déjà dirigé le ministère de la Justice par le passé entre août 2000 et août 2001. C’est donc un homme qui arrive sur un terrain connu. En homme averti, le nouveau ministre a fait des annonces fortes à l’endroit de tout le monde. Conscient des maux qui caractérise la justice tchadienne, Mahamat Ahmat Alhabo a commencé à dénoncer la corruption, les influences, les immixtions politiques, les complaisances et comportements inadéquats des magistrats et autres acteurs de la justice. Il promet, dit-il, de ne pas se mêler « dans le travail des juges », de ne « donner aucune instruction en faveur d’un tel justiciable au détriment de tel autre ».

Le nouveau patron du département de la Justice s’en est aussi pris aux violations des droits de l’homme en soutenant qu’il faut corriger ce qu’il qualifie de « déviation ». Dans son viseur, il y a, entre autres, la répression des droits et libertés constitutionnelles comme les libertés d’opinion, d’expression, de communication, de manifestation, de presse, de réunion, etc. « Comment comprendre que des Tchadiens marchant en chantant l’hymne national soient gazés, interpellés, condamnés et même quelquefois et hélas tués à coup de balles réelles », s’est-il interrogé. Dans la même lancée, il a appelé les procureurs et juges à prendre « toutes les dispositions pour respecter et faire respecter en appliquant les droits et libertés reconnus aux citoyens par la loi fondamentale ». Toutes ces critiques en règle d’un appareil judiciaire malade, Mahamat Ahmat Alhabo les justifie par le fait que « sans la justice, il n’y a pas de pas ».

Blaise Mbaïadoumbeye

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