Transition au Tchad : de nécessaires réajustements

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Déjà 100 jours que le chef de l’Etat, Idriss Déby Itno a rendu l’âme au front dans des circonstances tragiques et un Conseil Militaire de Transition (CMT) s’est mis en place dans la foulée pour garantir la stabilité du pays. Même s’il est bien trop tôt pour dresser le bilan du CMT, il y a lieu de relever quelques acquis et voir des chantiers sur lesquels il faut travailler pour de belles perspectives.

C’est au pied du mur qu’on reconnait le vrai maçon, dit un proverbe populaire. Et pour le moins que l’on puisse dire, le CMT est à l’œuvre pour, entre autres, assurer la continuité de l’Etat, sécuriser le pays mais au-delà des résultats, bien de réajustements sont nécessaires pour conduire la transition à bon port.

L’un des grands chantiers auxquels le Conseil Militaire de Transition doit s’y mettre est celui du rassemblement de toutes les filles et de tous les fils du Tchad. Déjà, il faut écouter tout le monde et faire asseoir les Tchadiens de tous bords politique, social, culturel et économique pour un dialogue sincère, dans la vérité et l’inclusion. Le dialogue national inclusif en cours de préparation est une occasion unique de panser les plaies du mal tchadien dans la transparence la plus totale pour aboutir à un consensus qui garantira le vivre ensemble et la paix des Tchadiennes et Tchadiens.  Il y a obligation aujourd’hui d’écouter les uns et les autres quant aux revendications exprimées de part et d’autres. Beaucoup de Tchadiens pensent que la charte de transition actuelle comporte des incohérences sinon des points non explicites et appellent à sa modification pour clarifier des choses. C’est le moment pour les acteurs politiques, avec ce dialogue, de s’entendre sur l’essentiel afin de rassurer le meilleur au citoyen lambda qui n’aspire qu’à un pays stable, en paix et avec des opportunités de se réaliser socialement et économiquement.

Un autre point qui mérite des réaménagements, et non des moindres, est la formation du Conseil National de transition (CNT) qui fera office d’Assemblée Nationale pendant la transition. La formation de cet organe cristallise toutes les tensions au niveau de la classe politique. Les uns ne sont pas d’accord avec le processus tel enclenché par le CMT ; tandis que d’autres se positionnent d’ores et déjà pour y siéger. Là encore, le manque du consensus bloque tout. Le plus important est de trouver un mécanisme de désignation acceptable par tous soit maintenant, soit à l’issue du dialogue national inclusif en préparation. Et pour cela, il est bon de relever que le temps presse.  

Enfin, il est de notoriété que la lumière jaillit toujours dans l’adversité  mais les querelles permanentes ne facilitent pas toujours les choses. Les acteurs en face doivent savoir aller à l’essentiel pour trouver des solutions tchadiennes aux problèmes tchadiens. Pourquoi hier les Tchadiens étaient capables de s’asseoir pour s’écouter et pas aujourd’hui ? Tout est encore possible. Avec un peu de bonne volonté, de franchise et de transparence, l’on peut y arriver. Les politiques tchadiens doivent s’appuyer sur le bel exemple ivoirien du 27 juillet dernier pour aller de l’avant. Après plus de 10 ans passés en prison à la Haye, Laurent Gbagbo et son éternel adversaire politique,  Allassane Dramane Ouattara,  ont fait la paix des braves pour le bien de la Côte-d’Ivoire. Les Tchadiens aussi en sont capables et le pays en a besoin. Pour y arriver, chacun doit penser avant tout à la patrie avec amour et bienveillance dans l’espoir d’un lendemain meilleur pour tous. C’est à ce prix là seulement que nous aurions vécu de manière utile pour les générations futures.

Blaise Mbaïadoumbye

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