Transition au Tchad : vers une logique de respect des droits humains

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Depuis le 20 avril 2021, date de la mise en place du Conseil Militaire de Transition (CMT) au 28 juillet 2021, il y a exactement 100 jours. Mahamat Idriss Déby est le général de corps d’armées qui a pris les rênes du pays. Qu’a-t-il fait concrètement  en matière des Droits de l’Homme ?

De contestations en contestations, de consultations en consultations pour finir à un climat apaisé et sécurisé. C’est du moins, ce que l’on peut retenir du Conseil Militaire de transition. En effet, le CMT a hérité d’un pays en proie aux attaques terroristes et des menaces de déstabilisation des institutions de la République. Une situation  qui inquiète certainement bon nombre de Tchadiens. Mais, à bras le corps, les  responsables du CMT se sont démenés pour neutraliser les ennemis de la République, juste après la mort du père fondateur de la démocratie tchadienne, le Maréchal Idriss Déby Itno. Puis, ils se sont donné comme ambition de réussir là où les autres ont échoué. Cette ambition de bien faire, de plaire à la classe politique les a amenés à se pencher sur le respect des droits humains au Tchad. C’est pourquoi, dès leur prise de pouvoir, ils ont examiné les dossiers de l’appareil administratif. Ainsi, au titre des droits de l’Homme en général, il fallait reconnaître à chaque Tchadien, la légitimité, la liberté d’associations et la sécurité, pour ne citer ceux-ci.

Dès lors, le 7 mai 2021, le ministre de la Sécurité publique et de l’Immigration, M. Souleymane Abakar Adam, a signé un communiqué portant autorisation des manifestations. Ce qui a permis dès le 18 juin 2021, au parti « Les Transformateurs » dirigé par l’opposant Dr Assyongar Masra Succès d’obtenir son autorisation officielle de fonctionner. Lequel acte a été entériné et matérialisé par le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation Mahamat Béchir Chérif. Même si des voix se sont levées pour minimiser cet acte, il y a lieu, en toute franchise de reconnaître les efforts fournis par le CMT et surtout dans un contexte sécuritaire compliqué.  L’ambition ne s’arrête pas là. La liberté de manifestation d’antan interdite ou contrôlée est aujourd’hui permise. De l’opposition aux militants du pouvoir en passant par la société civile, des enfants, des hommes et des femmes ont marché. Au passage, les diplômés sans emploi n’ont pas cessé de dire haut et fort leur désolation. Mathématiquement, l’on a enregistré sept manifestations au cours desquelles, des Tchadiens étaient tombés. C’est qui émeut la sensibilité des membres du Conseil à doubler d’effort, de courage et d’abnégation pour recadrer les choses. Partout dans les artères de la ville de N’Djaména, des hommes armés y sont placés, question d’assurer la sécurité des citoyens et de contrer toute éventuelle attaque des ennemis de la Nation.

A sa prise de pouvoir, le CMT a recensé plusieurs prisonniers de guerre et politique. La remise collective de peine a été un des leitmotivs dont le défi s’est réalisé. Réussir là où les autres ont échoué n’est pas chose aisée et facile. Mais avec la contribution des uns et des autres et surtout de la classe politique sans occulter la société civile serait la seule issue qui permettrait aux acteurs de réussir une transition et passer le pouvoir aux civils comme promis. Vivement que le dialogue se tienne pour recadrer et planifier l’avenir du Tchad.

Napoléon Ngaoundi

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