Tchad : « Le rapport d’ICG vise d’autres desseins que d’analyser les défis réels liés à notre armée »

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Le ministre Délégué à la Présidence, Chargé des Armées, des Anciens Combattants et Victimes de Guerre, Mahamat Abali Salah s’est prononcé sur le rapport Afrique N°298, publié le 22 janvier 2021, par International Crisis Group (ICG), intitulé «Les défis de l’armée tchadienne ».  C’est à travers un point de presse animé le lundi 25 janvier.

« Ce rapport qui prétend être le produit des recherches d’une institution sérieuse et crédible, essaie, de façon insidieuse et sur la base des subjectifs, de discréditer l’Armée Nationale Tchadienne, tout en mettant en exergue le caractère incontournable et le rôle  déterminante qu’elle joue dans la lutte contre le terrorisme au Sahel » relève d’emblée le ministre Chargé des armées, Mahamat Abali Salah.  Selon lui, les faiblesses de ce rapport tant dans la forme que sur le fond sont nombreuses, au-delà de ses multiples incohérences quant à ses sources d’information.  

D’abord, indique Mahamat Abali Salah, l’Armée Nationale Tchadienne a, depuis l’indépendance, une histoire douloureuse et tumultueuse qui devrait être prise en compte dans toute analyse objective.  Il est par ailleurs surprenant que dans un document censé présenter l’armée tchadienne, il n’y a aucun chiffre, aucune description des unités, aucun organigramme, aucune statistique.  Comment est-il possible d’analyser les forces et les faiblesses d’une armée sans tenir compte de ses effectifs, des caractéristiques propres de sa population d’officiers, de sous-officiers, de militaires de rang ?  Comment est-il possible de faire de telles analyses sans tenir compte des différentes missions et du budget des armées, du nombre et du type de ses matériels et équipements ?  S’interroge le ministre Chargé des Armées.

De même, le rapport ne fait pas une évaluation sérieuse et précise ni des missions effectuées par les contingents tchadiens projetés en opérations extérieures sous l’égide de l’ONU ou des organisations régionales et sous régionales, ni des menaces multiformes liées au Tchad.  En outre, le rapport se contente d’évoquer des composantes ethniques de l’armée, des «injustices» et des traitements inéquitables dont elle souffrirait, sans qu’ICG n’ait jamais rencontré ou sollicité la moindre autorité militaire compétente pour recueillir le point  de vue officiel.  Ces autorités militaires ont été disposées à exposer et expliquer à ICG les difficultés, les contraintes et les réformes en cours.  

Au regard de ce qui précède, poursuit le ministre Mahamat Abali Salah, il est évident que le rapport vise d’autres desseins que d’analyser les défis réels liés à notre armée.  Ainsi, à la lecture du document il est aisé de relever les insuffisances et la subjectivité du propos.  Par exemples : les références auxquelles renvoie ce rapport, sont pour beaucoup de recyclages d’anciennes études d’ICG, des articles de presse ou des publications d’une bibliographie à l’évidence partisane ou sans aucun lien avec la chose militaire ;  les prétendus témoignages recueillis au Tchad auprès des «diplomates», des «hommes politiques», des «militaires», des «experts», des «commerçants», des «habitants», cités de façon vague sans aucune précision,  enlèvent toute crédibilité à ces sources anonymes consultées pour la plupart en février 2020, période depuis laquelle la situation dans la bande sahélo-saharienne a beaucoup évolué.  

« Nous pouvons donc affirmer sans risque de nous nous tromper, que de par ses sources d’information, le rapport d’ICG n’est en rien un exemple d’analyse rigoureuse et impartiale de faits réels, vérifiables et de données solides susceptibles d’expliquer l’histoire ou de comprendre les défis auxquels l’armée est confrontée.  Il s’agit plutôt d’un rapport tronqué, partiel et tendancieux, dont le seul objectif apparent est de relayer et accréditer les éléments de langage développés régulièrement depuis plusieurs années par une certaine opposition politique ou par les groupes armés souvent engagés comme mercenaires à l’étranger » déclare le ministre Chargé des Armées.

Pour Mahamat Abali Salah, le rapport feint délibérément d’ignorer certaines particularités de l’armée tchadienne liées à son environnement comme par exemple l’image de son chef.  Le fait que le Chef suprême des Armées du Tchad soit en première ligne dans les opérations est une tradition.  Faire des extrapolations au sujet de cette tradition relève de la fantaisie, et de la méconnaissance de l’histoire.  Par ailleurs, avec condescendance et prétention, les auteurs du rapport se sont même permis de faire des «recommandations» sur un certain nombre de points.  « Cela démontre, pour le moins, le caractère superficiel des recherches d’ICG qui semble ignorer que l’armée tchadienne n’est pas une armée de conscription mais bien une armée de métier » précise le ministre des Armées.  

« L’Afrique n’a pas besoin de leçons d’ICG et de ses sous-traitants, ou que de tels organismes s’ingèrent de façon partisane dans les affaires de sécurités nationales » conclut le ministre Chargés des Armées, Mahamat Abali Salah.  

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