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Général Rodaï Samuel Batinda : Un parcours parfait d’un officier supérieur

Né le 16 avril 1936 à Bourou un village du canton Béboro dans la sous-préfecture du Bahr Sara dans le Mandoul, le Général Rodaï Samuel Batinda est l’un des tous premiers enfants de troupe tchadiens. Il suivit la formation militaire à l’école d’enfants de troupe de Brazzaville au Congo et à Saint-Maxient et Strasbourg en France. Militaire de carrière, il passa toute sa vie au service de la Nation.

Dès 1957, il rentra au Tchad et intégra l’armée coloniale avant d’être engagé dans la jeune Armée Nationale Tchadienne (ANT). Aujourd’hui à la retraite, le général Rodaï Batinda conseille les jeunes qui veulent embrasser le métier des armes d’éviter deux vices à savoir, l’alcool et les femmes.

Sa formation militaire est ballotée entre Brazzaville, Pointe noire et Diégo Suarez à Madagascar. Après les études, il rentra au Tchad où il fut recruté dans l’armée coloniale en 1958 avant d’intégrer trois ans plus tard, la jeune Armée Nationale Tchadienne en 1961. Sous l’administration coloniale, il fut nommé chef de détachement à Madagascar. Il est envoyé sur le train de Madjunga, puis dans un paquebot de l’océan Pacifique à la baie de Diego Suarez toujours à Madagascar. Il rejoignit plus tard la compagnie d’Ankora en poste de stationnement avec pour mission, la protection de l’artillerie de défense de la baie face à l’océan pacifique. L’autre mission consista à la réparation de la route d’Ankorique à Diego Suarez où furent stationnés les légionnaires.

Le général Rodaï entra à l’école en 1942 à Moïssala. La même année, se souvient-t-il, « j’étais sauvé de justesse d’un naufrage à Moïssala ». Il y passa le premier cycle jusqu’en 1946 où il partit à Sarh poursuivre les études. « je suis parti à Sarh parce que j’ai refusé d’aller à l’initiation ». En 1948, alors qu’il passait les vacances chez son oncle Béassingar à Bourou, un officier français ayant rendu visite à son oncle lui avait proposé de le recruter à l’école des enfants de troupe. « l’officier m’a trouvé en train de lire un livre et il était fasciné. Aimant apprendre par cœur, il m’a interrogé sur mes cours que j’ai répété fièrement », se rappelle-t-il. Cet entretien a scellé son destin puisque séance tenante, l’officier français l’avait inscrit à l’école des enfants de troupe de Brazzaville.

Formé pour diriger

A la rentrée scolaire, il entra en première année et fit la connaissance de nouveaux amis dont les généraux Mamari Djimet Ngakinar, Doungous Kimto, Ndouba Togue, Mbal Dénis et Wadel Abdelkader Kamougué. Il avait aussi des ainés comme Djogo Négué, Mana Félix et Odingar Noé et le général Felix Malloum Ngakoutou Béndi. A l’école des enfants de troupe, dit-il, la discipline et le respect étaient de rigueur. Pour lui, ils étaient tous formés pour diriger le pays.

A la fin de la formation, tous sont déployés dans des unités à travers les pays d’Afrique francophone. Ainsi, il a servi aux côtés des Maliens, Guinéens, Congolais et Tchadiens à la 2ème Compagnie de l’Infanterie Marine CAIMA à Madagascar.

A son retour au pays, il travailla au Camp Koufra devenu camp de Martyr en 1957. Il se rappelle que le Lieutenant Doumro Jaques était le Chef d’Etat-major sous l’armée coloniale puis reconduit à son poste à l’indépendance. Il renseigne que le Général Negué Djogo était chef de bataillon tandis que le Général Felix Malloum Ngakoutou Béndi était le commandant de la 1ère compagnie d’instruction. Le Général Odingar Mbaïlao était le 2ème comandant et Djibrine Sy Michel comme chef de bataillon à Abéché. Ce dernier est tué en 1964 lors d’une opération. Il renseigne qu’entre temps, le Colonel Mana Felix était le commandant d’armes lourdes à Fort-Archambault, actuel Sarh.

Christian Kodibaye

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