Le 20 août, une réforme majeure a été annoncée aux responsables des établissements privés d’enseignement supérieur du Tchad. Il s’agit de l’instauration des examens nationaux de certification des diplômes de licence et de master delivrés par lesdites structures. Cette mésure si elle est appliquée, permettra de renforcer la crédibilité des diplômes issus du privé.
En effet, même s’ils se targuent de fournir une formation de qualité, les établissements privés d’enseignement supérieur n’ont pas la même aura que ceux du public. Et les faits, sur le terrain, donnent davantage raison aux sceptiques. Alors que les redoublements sont monnaie courante dans le public, ils sont une exception dans le privé. Mais en termes de qualité, ils sont nombreux, ces diplômés à ne pas avoir la maîtrise des domaines de compétence qu’ils sont censés détenir.
Conscient de ce que la qualité vaut mieux que la quantité, le ministère en charge de l’Enseignement supérieur veut donc mettre de l’ordre dans le secteur de la formation. Car, s’inscrire de façon continue sur trois ou cinq années et finir par brandir un parchemin qu’on n’est pas en mesure de défendre est tout simplement ridicule.
Certes, ces structures savent saisir les occasions pour rappeler leur existence légale ou encore la reconnaissance de certains de leurs diplômes par le Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES), comme preuves de leur sérieux. A l’inverse, dans la plupart des cas, les frais de scolarité plus onéreux que ceux du public, servent d’alibi aux étudiants et aux administrations pour imposer une certaine souplesse dans les évaluations. Mais, vu que ce ne sont pas tous les diplômés qui sont formés au rabais, il faut donc une alternative qui permette de mettre chacun à sa place. Et à ce niveau, l’option d’un examen national de certification apparait comme un outil de tri. Désormais, c’est le résultat obtenu qui fera la valeur d’une université privée et non le nombre d’étudiants ou de filières qu’elle dispose, ni ses infrastructures d’accueil.
Un examen national de certification des diplômes de licence et de master obtenus dans le privé suppose également des ajustements dans la façon dont les promoteurs de ces établissements conçoivent leur responsabilité. L’enseignement supérieur, surtout quand il est question de filières professionnelles, nécessite des équipements et des enseignants de qualité. Cependant, il ne faut pas se tromper de regard. Si la qualité des fruits a posé problème, c’est d’abord parce qu’il n’y a pas une homologation des curricula et qu’il n’y a pas de mécanisme permanent de suivi-évaluation des enseignements. Comme conséquences, l’académique a glissé dans le social et des partenariats plus publicitaires que réalistes sont noués avec des institutions étrangères d’enseignement supérieur. Pourtant, à l’exemple de certains pays voisins, les filières devraient faire l’objet de tutelle par une université publique nationale.
Aussi, pour éviter toute polémique, il faudrait déjà songer à définir des critères de participation assouplis. Cela inclut d’alléger la constitution des dossiers et de fixer des frais d’inscription, eux aussi raisonnables.
La Rédaction












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