Fête du sacrifice et de la foi, la Tabaski constitue un moment intense de communion pour les musulmans. Elle commémore la soumission du prophète Ibrahim à Dieu et se distingue par la prière, l’immolation rituelle et le partage de la viande. Cette célébration renforce les liens de solidarité, de fraternité et d’unité familiale.
Également appelée « fête du mouton », la Tabaski est bien plus qu’une simple date inscrite dans le calendrier islamique. Selon le Moufti de la République, Ahmat Annour Mahamat Alhelou, « elle représente l’un des piliers spirituels et sociaux les plus importants dans de nombreux pays musulmans ». Le Mufti rappelle que l’origine de cette célébration remonte à l’histoire du prophète Ibrahim, prêt à sacrifier son fils par obéissance à Dieu. « Ce sacrifice symbolise la soumission à la volonté divine, la foi inébranlable ainsi que la reconnaissance des bienfaits d’Allah. C’est aussi une fête qui marque la fin du grand pèlerinage à La Mecque », affirme-t-il.
Pour le religieux, la Tabaski est également un moment de forte activité économique et sociale, durant lequel les familles se préparent à accueillir la fête dans la joie et la convivialité. La journée débute par la grande prière de l’Aïd, un rassemblement où des milliers de fidèles se retrouvent dans une même ferveur spirituelle. « Le sacrifice des moutons, bœufs ou chameaux constitue une recommandation prophétique (Sunna) destinée à renforcer la sincérité du croyant envers Allah », explique Ahmat Annour Mahamat Alhelou.
Il précise toutefois que l’immolation doit impérativement avoir lieu après la prière de la fête. « Un animal sacrifié avant la prière est considéré comme de la viande ordinaire et non comme un sacrifice rituel », souligne-t-il. Le Moufti de la République insiste également sur le fait que l’animal destiné au sacrifice doit être en bonne santé, sans défaut apparent, ni borgne, ni boiteux, ni excessivement maigre.
Après l’abattage, la tradition recommande de partager la viande en trois parts : une pour la famille, une pour les proches et voisins, et une autre pour les personnes nécessiteuses. Ahmat Annour Mahamat Alhelou indique, par ailleurs, que chacun peut sacrifier selon ses moyens, tout en rappelant qu’il est déconseillé de contracter des dettes pour accomplir ce sacrifice. Selon lui, la Tabaski représente aussi une occasion privilégiée pour rendre visite aux proches, renforcer les liens familiaux, pardonner et cultiver la solidarité entre voisins.
Cette fête est particulièrement attendue par les enfants, vêtus de leurs plus beaux habits et heureux de profiter de l’ambiance festive. Entre repas familiaux, visites et moments de réjouissance dans les quartiers, la journée demeure un souvenir marquant pour de nombreuses familles. Le Moufti de la République, Ahmat Annour Mahamat Alhelou rappelle également que les pèlerins présents à la Mecque en Arabie Saoudite, doivent accomplir plusieurs rites importants après la station au mont Arafat.
De son côté, le président du Conseil National des Affaires Islamiques (CNAI), Abdeldaïm Abdallah Ousmane, souligne que la Tabaski demeure avant tout une fête de sacrifice et de solidarité. « La journée commence par la prière suivie de l’immolation des moutons. Les fidèles musulmans doivent partager la viande du sacrifice avec les personnes les plus démunies », affirme-t-il.
Le président du CNAI rappelle également que le mouton destiné à la Tabaski ne doit pas être acheté à crédit. Il ajoute que les fidèles ayant l’intention de sacrifier un animal doivent éviter de couper leurs cheveux et leurs ongles avant le sacrifice, en imitation des pèlerins à La Mecque. Concernant les rites du pèlerinage, il explique que la lapidation symbolique des stèles fait partie des actes importants accomplis par les pèlerins. Selon lui, le pardon divin accordé aux croyants sincères leur permet de revenir purifiés de leurs fautes.
Enfin, il rappelle les mérites du jeûne du Jour d’Arafat pour les non-pèlerins, dont les récompenses spirituelles sont immenses. Il invite également les fidèles à préserver l’esprit religieux et moral de la fête en évitant les comportements contraires aux valeurs de l’islam.
Naïma Ahmed Bein/Fatimé Oumar (Stagiaire)












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