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Editorial

Éditorial : Que deviennent les Zones économiques spéciales ? 

Dans sa quête d’industrialisation et de développement économique, le Tchad s’est inspiré des expériences du Gabon et du Togo pour mettre en place, en 2022, des Zones économiques spéciales (ZES). Quatre ans plus tard, le constat interpelle : ces zones semblent avoir perdu leur élan initial et peinent toujours à prendre véritablement corps. Retard dans les travaux ? Difficultés de financement ? Problèmes de gouvernance ? Difficile de répondre avec certitude, tant l’information fait défaut et la réalité sur le terrain demeure peu visible. Il aura fallu attendre la signature, le mercredi 19 août 2026, de cinq accords de partenariat pour rappeler que le projet des ZES n’est pas totalement à l’arrêt. Mais entre les ambitions affichées au lancement et les réalisations concrètes, le fossé demeure important.

Une Zone économique spéciale ne saurait pourtant se limiter à un statut administratif ou à une délimitation foncière. Elle doit être une véritable plateforme industrielle et commerciale, dotée d’infrastructures adaptées : énergie, télécommunications, voies de communication, équipements sanitaires et sécurité. Son objectif est d’offrir aux entreprises un environnement propice à la production, à la transformation et à l’exportation. C’est dans cette logique qu’a été créée l’Agence d’Administration des Zones économiques Spéciales (AAZES), chargée d’organiser, de programmer, de promouvoir et de superviser le développement de ces zones. Elle devait également contribuer à la mise en œuvre des mesures incitatives destinées à attirer les investissements nationaux et étrangers.

Pourtant, quatre ans après son lancement, l’Agence peine à donner corps aux ambitions qui avaient accompagné sa création. Alors qu’elle devait être l’un des moteurs de la transformation industrielle du pays, elle semble encore chercher son rythme de croisière. Cette situation est préoccupante, car les investisseurs ont besoin de visibilité, d’infrastructures et d’un cadre stable avant de s’engager durablement.

Le projet avait pourtant démarré sur des bases ambitieuses. Le gouvernement avait accordé à l’AAZES onze terrains représentant une superficie globale de 11 516 hectares. L’objectif était de valoriser ces espaces à travers des partenariats public-privé orientés vers l’industrialisation. Des échanges avec les populations des sites retenus étaient également envisagés. Mais, depuis, les avancées restent difficiles à mesurer.

Les obstacles sont-ils financiers, matériels ou institutionnels ? Relèvent-ils d’un problème de gouvernance ou de coordination ? Ces questions méritent des réponses claires. Car un projet de cette envergure ne peut prospérer dans le flou et l’attentisme. Le Tchad dispose pourtant d’atouts considérables. La filière bétail-viande, notamment, offre un avantage concurrentiel évident. La transformation locale des ressources permettrait de créer davantage de valeur, d’emplois et de revenus, au lieu de se contenter d’exporter des produits bruts.

Pour réussir, il faudra toutefois dépasser le stade des annonces. Des ressources conséquentes, une vision claire, un calendrier précis et l’implication de toutes les parties prenantes sont indispensables. Les populations locales doivent être associées dès le départ, tandis que la formation de la main d’œuvre doit anticiper les besoins des futures entreprises.

Les ZES peuvent devenir un puissant levier d’industrialisation et d’amélioration des conditions de vie. C’est pourquoi, il est temps de traduire les promesses en actes. Le développement ne se décrète pas : il se construit. Et pour les Zones économiques spéciales, l’heure est désormais à l’action.

La Rédaction 

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ATPE

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