Le maire de Faya-Largeau, chef-lieu de la province du Borkou, Mahamat Allafouza Barkallah, s’est exprimé au micro du journal L’Info sur la gestion de sa commune, les défis auxquels elle est confrontée ainsi que les initiatives engagées pour le développement de la localité.
Selon Mahamat Allafouza Barkallah, la commune fait face à de nombreux défis, dont le plus préoccupant demeure l’avancée des dunes de sable qui menacent progressivement la ville. Chaque année, le sable gagne du terrain, ensevelissant des habitations, des jardins et des terres cultivables. La ville est également confrontée à des problèmes d’assainissement. «Depuis ma prise de fonction, le jour du samedi a été décrété journée hebdomadaire de salubrité sous le slogan : “Faya-Largeau propre” », explique le maire.
Malgré les campagnes de sensibilisation, certains comportements restent peu responsables. « La commune a lancé une campagne de mobilisation des bénévoles afin qu’ils mènent des activités de sensibilisation dans leurs quartiers », souligne le responsable communal. Le maire indique également que la lutte contre l’avancée des dunes nécessite des équipements lourds dont la commune n’en dispose pas. Il lance ainsi un appel aux partenaires, le gouvernement et les acteurs engagés dans le développement à soutenir davantage la commune afin de faire face aux défis environnementaux.
Concernant l’accès à l’eau et à l’électricité, Mahamat Allafouza Barkallah rappelle que la plupart des communes du pays rencontrent les mêmes difficultés. Toutefois, il estime que Faya-Largeau bénéficie d’un avantage grâce à l’existence d’un château d’eau opérationnel. Selon lui, certains partenaires, comme GIZ, ont contribué à l’extension du réseau d’approvisionnement en eau dans plusieurs quartiers de la ville. Cependant, le maire déplore le retard des travaux d’un autre château d’eau entrepris depuis 2012 et toujours en cours de réalisation. Son achèvement permettrait, selon lui, de résoudre une grande partie des difficultés liées à l’accès à l’eau potable dans la localité.
En ce qui concerne l’électricité, il rappelle que Faya-Largeau figure parmi les premières villes du pays à avoir bénéficié de l’électricité. Néanmoins, le réseau connaît régulièrement des perturbations liées au manque de carburant, entraînant parfois des coupures qui plongent les habitants dans le noir pendant plusieurs jours. Parallèlement, un projet de centrale solaire est actuellement en cours de réalisation afin d’apporter une solution durable aux problèmes énergétiques de la ville.
Une gouvernance basée sur la concertation
Mahamat Allafouza Barkallah affirme entretenir de bonnes relations avec les conseillers communaux pour assurer le bon fonctionnement de l’administration locale. « Les conseillers sont considérés comme des partenaires dans la gestion des affaires locales, et le maire lui-même est élu par ses conseillers au sein du conseil communal », rappelle-t-il. Toutefois, le maire regrette le retard dans le versement des subventions de l’État, une situation qui affecte le paiement des indemnités des conseillers, alors que les ressources propres de la commune restent limitées.
Le maire rappelle que la ville de Faya-Largeau a hérité d’une situation difficile, marquée notamment par l’absence de services administratifs suffisamment structurés. Face à cette réalité, la commune a engagé une réforme administrative visant à renforcer l’organisation des services municipaux et à mieux répondre aux besoins des citoyens.
Sur le plan économique, la commune a lancé un projet de valorisation des produits locaux. «Nous voulons mettre en place une usine de transformation des dattes afin de permettre à la main-d’œuvre locale de s’épanouir », explique le maire. La commune a également initié un projet de transformation des déchets plastiques en pavés autobloquants, avec pour objectif de lutter contre la pollution environnementale tout en stimulant l’économie locale.
Le maire de Faya-Largeau a appelé les partenaires techniques et financiers à renforcer leur appui afin de faciliter la réalisation des projets de développement et d’améliorer les conditions de vie des populations.
Doukoundjé Caroline












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