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Tchad : la Plateforme interconfessionnelle renforcée

Le Vice-premier ministre chargé de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Limane Mahamat, a présidé la cérémonie de signature des textes constitutifs de la plateforme interconfessionnelle regroupant le Conseil National des Affaires Islamiques du Tchad (CNAIT), la Conférence Épiscopale du Tchad (CET) et l’Entente des Églises et Missions Évangéliques au Tchad (EEMET).

Cette initiative vise à renforcer le dialogue entre les différentes confessions religieuses et à promouvoir le vivre-ensemble, la paix et la stabilité au Tchad. Elle s’inscrit dans le respect de la Constitution tchadienne qui consacre le caractère laïc de l’État tout en garantissant la liberté de pratique religieuse. Dans son intervention, le Vice-premier ministre a souligné que cette plateforme constitue une première étape importante vers le renforcement de la cohésion sociale et de l’acceptation mutuelle entre les communautés. Il a rappelé que, malgré leur rôle essentiel dans la préservation de la paix et du vivre-ensemble, les responsables religieux ne disposaient jusqu’à présent d’aucun cadre formel leur permettant d’agir de manière concertée.

« Il n’existait pas de cadre approprié permettant aux hommes de Dieu d’exercer efficacement leurs missions communes. Grâce au statut et au règlement intérieur de la plateforme interconfessionnelle, celle-ci pourra désormais fonctionner comme toute association légalement reconnue et bénéficier de l’accompagnement prévu par les textes », a-t-il déclaré. Limane Mahamat a également indiqué que le Président de la République, le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, encourage la relance des activités de cette plateforme afin qu’elle contribue davantage au renforcement de l’unité nationale. Il s’est engagé à prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer sa reconnaissance légale et lui permettre de bénéficier d’un appui technique et financier conformément à la réglementation en vigueur.

Des engagements partagés

De son côté, l’archevêque métropolitain de N’Djaména, Mgr Edmond Djitangar Goetbé, a réaffirmé l’engagement des responsables religieux à poursuivre leurs efforts en faveur de l’épanouissement humain, de la prise de conscience citoyenne et de l’unité nationale.

« Nous continuerons à travailler afin que chacun puisse contribuer au développement humain et à la réalisation de notre objectif commun qui est de  bâtir un Tchad uni, prospère et tourné vers l’avenir », a-t-il affirmé. Pour sa part, le secrétaire général de l’Entente des Églises et Missions Évangéliques au Tchad (EEMET), Tao Élysée, a insisté sur la nécessité pour les religions d’être des facteurs de rapprochement plutôt que de division. « Il ne sert à rien que les religions deviennent une cause de rejet réciproque. Nous avons certes nos fidèles et nos convictions, mais nous avons également une nation à construire ensemble. Nous vivons dans un État laïc, mais une laïcité de collaboration où Dieu doit avoir sa place dans la société. Sans cette dimension spirituelle, notre société perdrait une part importante de son sens », a-t-il expliqué. Quant au président du Conseil National des Affaires Islamiques du Tchad (CNAIT), Cheikh Abdadayim Abdallah Ousman, il a rappelé que le Tchad est composé de musulmans, de chrétiens et de personnes sans appartenance religieuse, appelés à vivre ensemble dans le respect mutuel.

« Avec nos frères des communautés catholique et protestante, nous travaillons depuis plusieurs années pour la coexistence pacifique et le respect mutuel. Nous soutenons les actions de l’État visant à renforcer l’unité nationale et sensibilisons nos concitoyens au fait que nous sommes avant tout des Tchadiens appelés à vivre ensemble », a-t-il déclaré.

Il a précisé que les représentants du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques, de l’Église catholique et de l’Église protestante ont conjointement élaboré le règlement intérieur et les statuts de base de la plateforme.

La signature de ces textes marque ainsi une nouvelle étape dans le renforcement du dialogue interreligieux au Tchad et témoigne de la volonté commune des responsables religieux et des autorités publiques de consolider la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

Aminata Dabirama

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