Les 15 et 16 juillet 2026, N’Djaména accueille le Forum africain de l’eau, une rencontre de haut niveau placée sous le haut patronage du président de la République, Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Organisé dans le cadre de l’initiative mondiale Water Forward, lancée le 15 avril 2026 à Washington, ce rendez-vous ambitionne de faire de l’accès à l’eau une priorité du développement en Afrique. L’initiative vise à garantir un accès sécurisé à l’eau à un milliard de personnes d’ici à 2030.
Pour cette rencontre, la capitale tchadienne réunit des chefs d’État, des ministres, des représentants d’institutions financières internationales, ainsi que des partenaires techniques et de développement. Vingt-quatre délégations gouvernementales et sept délégations présidentielles prennent part aux travaux. L’objectif est de passer des engagements politiques à des actions concrètes en faveur de l’eau, de l’assainissement et de la résilience climatique. La signature de la Déclaration de N’Djaména constitue l’un des temps forts de l’ouverture du forum.
Le choix du Tchad comme pays hôte revêt une forte portée symbolique. Pays enclavé, il est confronté aux conséquences du changement climatique, alternant sécheresses prolongées et inondations dévastatrices. Il partage également des ressources hydriques stratégiques avec plusieurs États voisins, notamment le lac Tchad ainsi que les bassins du Chari et du Logone, ce qui fait de la coopération régionale un enjeu majeur.
Les défis restent considérables à l’échelle du continent. Plus de 400 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à une source d’eau potable sûre, tandis qu’environ 700 millions de personnes vivent sans services d’assainissement adéquats. Au rythme actuel, l’accès universel à l’eau potable ne pourrait être atteint qu’à l’horizon 2046, et celui à l’assainissement seulement vers 2092, soulignant l’urgence d’accélérer les investissements et les réformes.
Les travaux du forum s’articulent autour de trois priorités. La première porte sur l’accès des populations aux services d’eau et d’assainissement, avec un accent particulier sur le financement à grande échelle et la mobilisation des investissements privés. La deuxième concerne l’agriculture, principal secteur consommateur d’eau, où le développement de systèmes d’irrigation performants est présenté comme un levier essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire. Enfin, la troisième priorité est consacrée à la gouvernance des ressources en eau transfrontalières, afin de promouvoir une gestion concertée et durable des bassins partagés.
À travers sa stratégie Tchad Connexion 2030, le gouvernement entend accélérer la modernisation du secteur. Ce programme prévoit un investissement de 2,9 milliards de dollars réparti sur dix-huit projets prioritaires. Il comprend notamment la restructuration de la Société tchadienne des eaux, le renforcement des infrastructures hydrauliques et une plus grande implication du secteur privé. Parmi les projets déjà engagés figurent la réhabilitation du réseau d’eau de N’Djaména et le projet Biteha 2 à Abéché.
Au-delà des enjeux techniques, ce forum traduit la volonté du Tchad de renforcer son rôle dans les grands débats internationaux sur le développement durable. La signature annoncée de nouvelles opérations avec la Banque mondiale à l’occasion de cette rencontre illustre cette dynamique de coopération. Reste désormais à transformer les engagements pris à N’Djaména en réalisations concrètes, afin que l’eau devienne un véritable moteur de développement, de stabilité et de prospérité pour l’Afrique.












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