La question de la paix sociale au Tchad a toujours été au centre des débats. Mais elle reste sans solutions durables. En l’évoquant comme préalable à tout œuvre de développement, à la veille de la fête anniversaire de l’indépendance, le chef de l’Etat la replace de nouveau sur la table au regard de son importance. Au-delà de tout, pourquoi plus de six décennies comme Etat, le pays ne parvient pas aux initiatives à mêmes de garantir ce climat si précieux ?
Les bienfaits de la paix sont si nombreux qu’ils ne sont plus à démontrer. En même temps, une maxime populaire reconnait que « la paix n’est pas un vain mot, mais un comportement ». Si tel est le cas, les difficultés des Tchadiens à cohabiter paisiblement résultent de leurs propres gestes, décisions et attitudes.
Dans cet état d’esprit, les autorités qui reviennent constamment sur la nécessité de la paix et de l’unité pour construire une Nation forte, prospère et souveraine en portent une part importante de la responsabilité de cet échec. Elles sont appelées à initier des actions susceptibles de réunir les Tcha- diens dans leur diversité. Est-ce le cas aujourd’hui ? La réponse est nuancée. D’une part, les discours le prouvent, d’autre part, les actes ne suivent pas forcément. Ce qui reste, c’est de passer de la parole aux actes.
Les premières pistes de solutions se trouvent dans la gestion de la chose publique. La responsabilité des dirigeants, à ce niveau, est de faire en sorte que les sentiments d’exclusion ou de marginalisa- tion disparaissent. Cela passe par une juste distribution des ressources du pays, une répartition territoriale équitable des services sociaux de base et une justice impartiale. L’égalité des droits et devoirs ou des chances consacrée par la Constitution, si elle est une réalité, va grandement participer à dissiper ce sentiment d’une frange de citoyens.
Des solutions supplémentaires
La plupart des conflits intercommunautaires connus dans le pays naissent de la perception d’une justice à deux vitesses, selon la tête du client ou en d’autres termes en fonction de son statut social et de son appartenance à tel ou tel clan. Ainsi, l’institution judiciaire doit jouir de toute sa liberté d’action, sans influence pour participer à cette quête. Le pays gagnerait également à réformer son administration afin de la débarrasser des administrateurs peu compétents et de moralité douteuse. La lutte contre la corruption, menée jusqu’à ce jour, a montré ses limites. C’est pourquoi, il est de bon ton changer de méthode pour véritablement traquer les bandits à col blanc dans la transparence. Sans cela, le bout du tunnel semble encore lointain.
Le problème du Tchad à construire la paix sociale durable reste toujours une nécessité. Il suffit juste de se surpasser pour le résoudre. Le chef de l’Etat l’a d’ailleurs relevé dans son adresse à la Nation du 10 août 2026. « Nous devons dépasser nos différences », a interpelé le Maréchal du Tchad, Mahamat Idriss Deby Itno. Dans cet élan, la redynamisation des initiatives telles que la journée nationale de prière de chaque 28 novembre de l’année afin de renforcer le dialogue interreligieux est importante, tout comme l’implication des autorités traditionnelles pour le dialogue.
Blaise Mbaïadoumbeye










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