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Formation professionnelle : Le virage numérique s’impose

Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle a organisé, ce mercredi 14 octobre 2026, un atelier de validation de la Stratégie nationale de transformation numérique de l’Enseignement et de la Formation techniques et professionnels (EFTP) pour la période 2027-2031. Avec l’appui de l’Institut de la Francophonie pour l’éducation et la formation (IFEF), le Tchad entend moderniser son système de formation et mieux préparer les jeunes aux exigences du marché de l’emploi.

La stratégie soumise à l’appréciation des participants s’articule autour de trois priorités. La première concerne la gouvernance et le pilotage du système de formation, avec l’amélioration de la collecte et de la gestion des données relatives aux établissements, aux effectifs, aux filières et à l’insertion professionnelle des diplômés.

Le deuxième axe porte sur le développement des infrastructures numériques. Il prévoit notamment l’amélioration de l’accès à l’électricité et à Internet, le renforcement des équipements informatiques ainsi que la mise en place de dispositifs d’entretien. Le recours à l’énergie solaire est également envisagé pour les établissements confrontés à des difficultés d’approvisionnement en électricité.

Le troisième axe vise à améliorer la qualité de la formation et à développer les compétences numériques. Il s’agit de renforcer les capacités des enseignants et des formateurs, d’adapter les programmes aux évolutions des métiers et d’intégrer progressivement les outils numériques dans les pratiques pédagogiques.

Le diagnostic réalisé dans les huit académies du pays, avec la participation de plus de 250 acteurs institutionnels, économiques et professionnels, met en évidence d’importantes lacunes. Moins de 20 % des centres de formation technique et professionnelle disposent d’une salle informatique fonctionnelle. Plus préoccupant encore, plus de 90 % des formateurs interrogés déclarent n’avoir jamais bénéficié d’une formation numérique certifiante.

Ces insuffisances illustrent l’ampleur des défis à relever pour faire du numérique un véritable outil d’amélioration de l’enseignement technique et professionnel. Au-delà des équipements, la réussite de cette transformation dépendra également de la disponibilité de l’électricité, de la connectivité, de la qualification des formateurs et de l’adaptation des contenus pédagogiques.

Les participants sont appelés à examiner la pertinence, la cohérence et la faisabilité des orientations proposées. Les échanges devront également prendre en compte les disparités entre les académies, l’accès des filles à la formation et l’inclusion des personnes en situation de handicap.

Lena Diop Watt, spécialiste de programme « Formation et insertion professionnelle des jeunes » et représentante de l’IFEF, rappelle que l’accompagnement du Tchad a débuté en 2024, avec la participation de responsables et de praticiens à des formations spécialisées. Le processus d’élaboration de la stratégie nationale de numérisation de l’EFTP a ensuite été lancé en 2025.

Elle réaffirme la disponibilité de l’IFEF à accompagner le pays dans la phase opérationnelle de cette stratégie. Selon elle, sa mise en œuvre effective sera déterminante pour améliorer l’accès des jeunes, filles et garçons, à une formation professionnelle de qualité et favoriser leur insertion dans un emploi décent ou dans l’entrepreneuriat.

Pour sa part, la secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur,  Dr Khadidja Adoum Attimer, estime que la transformation numérique constitue un levier essentiel de modernisation du système de formation professionnelle. Elle souligne que l’enjeu ne se limite pas à l’acquisition de matériel informatique, mais implique également la modernisation des méthodes d’apprentissage, le renforcement des compétences des formateurs et l’adaptation des programmes aux mutations du monde professionnel.

La mise en œuvre de la stratégie pour la période 2027-2031 est estimée à environ 7,2 milliards de francs CFA. La concrétisation des objectifs nécessitera, selon la secrétaire d’État, une mobilisation concertée de l’État, des partenaires techniques et financiers ainsi que du secteur privé.

Zara Sakawa Abba-Meï

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