La campagne agricole 2026 connaît un retard pluviométrique préoccupant dans plusieurs provinces du Tchad. À la mi-août, l’irrégularité et la faiblesse des précipitations perturbent le calendrier agricole et font craindre des difficultés pour les producteurs. Face à cette situation, l’Agence nationale de développement rural (ANADER) appelle à l’adaptation des pratiques culturales et à une meilleure anticipation des risques.
À travers ses neuf antennes déployées dans les différentes zones agroécologiques du pays, l’ANADER assure le suivi régulier de la campagne agricole. Ce dispositif couvre l’ensemble des provinces, à l’exception de la zone relevant de la Société de développement du Lac (SODELAC). Les équipes de l’agence recueillent notamment des données sur la pluviométrie, les superficies emblavées et l’évolution des prix des principales denrées sur les marchés hebdomadaires.
Selon le directeur général de l’ANADER, Hissein Youssouf Galmaye, ces données permettent de suivre l’évolution de la campagne, de la comparer aux années précédentes et d’identifier les zones les plus exposées aux difficultés.
La situation apparaît particulièrement préoccupante dans plusieurs provinces de la bande sahélienne, notamment le Sila, le Ouaddaï, le Wadi-Fira, le Salamat, le Guéra, le Hadjer-Lamis, le Barh-El-Gazel et le Kanem. « Le déficit pluviométrique constitue actuellement le principal obstacle à la réussite de la production agricole », souligne le responsable.
Le déficit intervient alors que de nombreux producteurs ont déjà procédé aux semis. L’insuffisance des pluies risque ainsi de compromettre la germination et le développement normal des cultures. Pour l’ANADER, cette situation traduit également une perturbation progressive des cycles pluviométriques traditionnels, liée notamment aux effets du changement climatique.
Dans certaines localités, des agriculteurs ont recours au semis à sec, qui consiste à mettre les graines en terre avant l’arrivée des pluies. Cette pratique peut permettre de gagner du temps, mais reste fortement tributaire de la régularité des précipitations.
Adapter les pratiques agricoles
Face à ces incertitudes, l’ANADER recommande aux producteurs d’adapter leurs pratiques culturales. Le semis à sec peut être envisagé dans les zones où les conditions s’y prêtent. L’agence encourage également la diversification des variétés, avec une combinaison de cultures à cycle court et à cycle plus long afin de réduire les risques liés au décalage des pluies.
Les producteurs sont aussi invités à gérer prudemment leurs stocks alimentaires et leurs ressources financières, en attendant une meilleure visibilité sur l’issue de la campagne. Pour limiter l’impact d’éventuelles pertes agricoles, l’ANADER mise également sur le développement des cultures de contre-saison. Le directeur général estime que le potentiel en eaux de surface et souterraines dont dispose le Tchad pourrait être davantage valorisé entre novembre et mars.
Une exploitation rationnelle de ces ressources permettrait de renforcer la production agricole, de diversifier les sources de revenus des producteurs et de réduire leur dépendance à la pluviométrie.
À l’approche de la fin de la saison des pluies, l’évolution des précipitations reste déterminante. Dans le Kanem et le Barh-El-Gazel notamment, les difficultés liées aux semis persistent. Pour le directeur général, Hissein Youssouf Galmaye, l’adaptation des pratiques agricoles et la valorisation des ressources hydriques apparaissent comme des leviers essentiels pour renforcer la résilience du secteur agricole face aux changements climatiques.
Ahmat Abakar Saleh










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