Accueil » Aide humanitaire : le Tchad appelle à renforcer la solidarité face aux crises
Tchad

Aide humanitaire : le Tchad appelle à renforcer la solidarité face aux crises

Le ministère des Action sociale, de la Solidarité  nationale  et des Affaires  humanitaires et ses partenaires ont célébré ce mercredi 19 août 2026 à N’Djamena, la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Placée sous le thème « Agir pour l’humanité », décliné au Tchad sous le thème « Agir pour l’humanité : solidarité et résilience face aux crises au Tchad ».

La Coordonnatrice humanitaire par intérim, Dr Blanche Anya, a pour sa part souligné que les besoins humanitaires restent considérables malgré les efforts déjà consentis. Elle a cité notamment les déplacements forcés, l’insécurité alimentaire, la malnutrition, les catastrophes naturelles, les épidémies ainsi que la mortalité infantile et maternelle.

Pour elle, l’action humanitaire ne doit pas se limiter à répondre aux urgences. « À moyen et long terme, nous devons nous investir davantage dans des actions concrètes » permettant de renforcer la résilience des familles et des communautés, a-t-elle plaidé. L’accès à l’alimentation et à l’eau ainsi que le soutien aux activités génératrices de revenus figurent parmi les priorités évoquées.

La responsable humanitaire a également appelé à faciliter davantage le travail des acteurs humanitaires, notamment dans l’Est du pays, afin de permettre un déploiement plus fluide de l’assistance auprès des populations qui en ont besoin.

La ministre de l’Action sociale, de la Solidarité nationale et des Affaires humanitaires Zara Mahamat Issa a rappelé que le Tchad fait face à une situation humanitaire particulièrement complexe. Depuis le déclenchement de la guerre au Soudan, le pays a accueilli plus de 1,5 million de réfugiés soudanais, près de 400 000 retournés tchadiens et plus de 200 000 personnes déplacées internes. À ces mouvements de populations s’ajoutent l’insécurité alimentaire, la malnutrition, les effets des changements climatiques, les inondations, les épidémies et les difficultés d’accès à certains services sociaux essentiels.

Selon les données présentées lors de la cérémonie, près de 4,5 millions de personnes ont besoin d’une assistance humanitaire en 2026. Face à cette situation, la ministre a salué la mobilisation du gouvernement, des partenaires humanitaires et surtout des communautés tchadiennes qui, malgré leurs propres difficultés, continuent d’accueillir et de soutenir les populations affectées par les crises. Elle a également insisté sur les contraintes financières auxquelles fait face la réponse humanitaire. Le Plan de réponse humanitaire 2026 nécessite 986,1 millions de dollars, alors que les financements disponibles restent insuffisants. Pour le gouvernement, cette situation impose de mieux prioriser les interventions, renforcer la coordination et investir davantage dans les capacités nationales et la résilience des communautés.

La cérémonie a aussi été l’occasion de rendre hommage aux travailleurs humanitaires qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur mission. Le 19 août rappelle notamment l’attentat de 2003 contre le siège des Nations unies à Bagdad, qui avait coûté la vie à 22 personnes.

Au Tchad, cette journée se veut donc à la fois un moment de mémoire et un appel à l’action. Gouvernement, Nations unies, ONG, partenaires et communautés sont appelés à unir leurs efforts pour sauver des vies, protéger la dignité humaine et construire des communautés plus résilientes face aux crises.

Zara Sakawa Abba-Meï

À propos de l'auteur

ATPE

Ajouter un commentaire

Cliquez ici pour poster un commentaire