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Santé

Paludisme : Renforcer la prévention pendant la période de forte transmission (Dossier 2)

Le paludisme demeure l’un des principaux défis sanitaires au Tchad. En cette période de forte transmission, qui s’étend généralement de juillet à octobre, voire jusqu’en novembre, le Programme National de Lutte contre le Paludisme (PNLP) invite les populations à renforcer les mesures de prévention afin de réduire les risques de contamination.

Le paludisme reste la première cause de morbidité et de mortalité au Tchad. Selon le coordonnateur du PNLP, Dr Mahamat Saleh Issakha Diar, un plan de contingence a été élaboré pour répondre à cette situation à travers plusieurs interventions de prévention et de prise en charge. « Parmi les moyens de prévention les plus efficaces, l’utilisation correcte des moustiquaires imprégnées reste prioritaire», précise-t-il.  Pour lui, la moustiquaire joue un double rôle : elle constitue une barrière physique empêchant les moustiques d’atteindre les personnes pendant leur sommeil, et aussi une barrière chimique grâce à l’insecticide dont elle est imprégnée. « Il faut utiliser les moustiquaires à bon escient, les utiliser tôt et toute la nuit », insiste-t-il, rappelant que cette mesure concerne particulièrement les enfants et les personnes vulnérables.

Au-delà des moustiquaires, le coordinateur du PNLP mise également sur plusieurs autres stratégies, notamment la chimio-prévention du paludisme saisonnier (CPS) destinée aux enfants de moins de cinq ans, le traitement préventif intermittent chez la femme enceinte, et aussi la vaccination contre le paludisme disponible dans les formations sanitaires. Des opérations de pulvérisation intra et extra-domiciliaire sont également prévues. Elles devraient débuter avant la fin du mois d’août afin de contribuer à réduire la présence des moustiques dans les zones à risque. N’Djamena figure parmi les zones les plus touchées selon le responsable du PNLP. Cette situation s’explique, selon Dr Mahamat Saleh Issakha Diar, par plusieurs facteurs, notamment la forte densité de la population, la présence de nombreux canaux et la proximité du fleuve Chari qui favorisent la prolifération des moustiques. Outre N’Djamena, le Logone Oriental et le Mandoul sont également parmi les provinces les plus affectées. Toutefois, le coordonnateur souligne que plusieurs autres régions du pays restent concernées par la maladie.

Face à la hausse des cas pendant cette période, le responsable du  PNLP assure que les moyens de diagnostic et de traitement sont disponibles dans les structures sanitaires. « Les tests sont disponibles en quantité suffisante, gratuitement, pour pouvoir faire face au paludisme », affirme le coordonnateur. Ces tests sont distribués depuis les pharmacies provinciales d’approvisionnement jusqu’aux centres de santé et aux agents de santé communautaire. Concernant les médicaments utilisés pour traiter le paludisme, Dr Mahamat Saleh Issakha Diar  rassure sur leur qualité. Selon lui, les traitements sont acquis auprès de fabricants homologués par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et font l’objet de contrôles après leur arrivée au Tchad afin de garantir leur efficacité et leur sécurité.

Pour limiter la reproduction des moustiques, le coordinateur du  PNLP appelle les populations à améliorer leur environnement immédiat. L’élimination des eaux stagnantes et des récipients pouvant retenir de l’eau est essentielle pour réduire les gîtes larvaires. Les pneus abandonnés, les récipients ouverts, les canaris ou tout autre objet pouvant accumuler de l’eau constituent des lieux favorables au développement des moustiques. « Il faut assainir son milieu, nettoyer à l’intérieur comme à l’extérieur et se débarrasser de tout ce qui peut constituer des gîtes larvaires »,  recommande Dr Mahamat Saleh Issakha Diar. En guise de message à la population, le coordonnateur du PNLP insiste sur la responsabilité individuelle dans la lutte contre le paludisme. Il invite les familles à dormir chaque nuit sous moustiquaire imprégnée, à respecter les rendez-vous de prévention pour les enfants et les femmes enceintes, et à se rendre rapidement dans un centre de santé en cas de signes suspects. « Si malgré toutes ces mesures quelqu’un présente des signes de paludisme, il faut aller au centre de santé le plus proche pour bénéficier d’un test et d’un traitement gratuits », conclut-il.

Aminata Dabirama

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