Le déficit pluviométrique de l’année 2026, se fait sentir sur presque l’ensemble du territoire tchadien. La province du Lac n’est pas du reste. On constate une absence totale de pluie dans certaines zones. Agriculteurs et éleveurs s’inquiètent de cette situation.
Dans les villages environnants de Liwa, notamment Baloul, Allaléfou et Ngalami, jusqu’à Daboua, le constat est alarmant : sol sec, rabougrissement et jaunissement des champs de mil. Ces constats traduisent la rareté, voire l’absence totale de la pluie. Taher Teïb Ahmat et Adoum Hassane Moussa, tous deux agroéleveurs au village de Ngalami, sont sans voix. « Nous ne vivons que de l’agriculture et de l’élevage. Mais cette année, nous n’avons aucun espoir car la saison tire déjà à sa fin. Ici à Ngalami, nous n’avons pas d’autres activités génératrices de revenus en dehors de ces deux ressources. Qu’allons-nous faire cette année ? », s’interroge Taher Teïb Ahmat. Adoum Hassane Moussa est encore plus alarmiste. « Nos mils périssent et nos animaux commencent également à mourir faute de pâturages et par manque d’eau, et la famine risque de nous tuer aussi », s’inquiète-t-il.
À Kogoua, un site de déplacés internes situé dans la sous-préfecture de Daboua, le cri d’alarme est identique. Les populations affectées demandent une aide d’urgence au gouvernement ainsi qu’aux organisations non gouvernementales pour faire face à cette crise humanitaire et pastorale en vue. Mahamat Tcharimi, secrétaire général du département de Fouli, souligne que la rareté ou l’absence des pluies cette année a des conséquences alarmantes, multisectorielles et multidimensionnelles. « La vaccination de routine, qui se passait à travers la CICR généralement au mois d’août, n’a pas eu lieu parce que les animaux dans les zones insulaires n’ont pas bougé. Toutes ces personnes du site fondent leur espoir sur l’abondance de dame pluie pour abreuver le bétail, travailler les champs », précise-t-il. Malheureusement, son absence prolongée ôte leur sommeil.
Le secrétaire général du département de Fouli, Mahamat Tcharimi, relève qu’il y a des gens parmi les personnes déplacées internes (PDI), qui en ont subi les conséquences dès les premières heures de Boko Haram. La rareté de l’’eau cause des difficultés énormes. Il demande un plan de contingence à travers les autorités de la République et surtout les partenaires du système des Nations Unies, pour juguler un temps soit peu cette période critique. « Cette année, il faut absolument un plan de contingence parce que c’est une situation particulière qui demande un élan suprême », a-t-il insisté.
Mahamat Tcharimi espère que les activités quotidiennes subsisteront grâce aux partenaires et aux plaidoyers fait pour l’implantation des forages d’eau potable dans certains sites. Il ajoute que les habitants ont été sensibilisés sur les politiques des plus hautes autorités à travers le ministère des Finances, du Budget, de l’Economie, du Plan et de la Coopération internationale sur un plan de contingence pour la période de soudure.
Newingar Minguéngué Jacqueline












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