L’irrégularité des pluies menace directement la campagne agricole et l’équilibre alimentaire national. Face au stress hydrique qui touche les cultures et le bétail, des ajustements agronomiques d’urgence existent. Entre conservation de l’eau, développement du maraîchage et soutien financier de l’État, tour d’horizon des solutions pour contenir l’impact de la sécheresse en vue.
Le Tchad traverse un épisode pluviométrique critique. Les précipitations insuffisantes et mal réparties sur l’ensemble du territoire national affectent de plein fouet le secteur agricole. Le Centre Agricole de Formation et d’Insertion Professionnelle (CAFIP) dresse un diagnostic clair : le retard des pluies perturbe directement le développement des céréales et des légumineuses. Ces perturbations se traduisent par des levées irrégulières, un ralentissement de la croissance végétale ainsi qu’une baisse significative du remplissage des grains.
L’impact est direct sur la sécurité alimentaire et l’élevage.L’irrégularité spatiale des précipitations crée un stress hydrique prononcé dans les sols. Cette absence d’eau durant les phases clés de croissance menace d’entraîner le flétrissement définitif des cultures. À l’échelle nationale, la dépendance du pays vis-à-vis des pluies fragilise l’ensemble de la chaîne alimentaire. La réduction des rendements céréaliers menace d’amputer les stocks de nourriture et de provoquer une hausse des prix sur les marchés locaux.
L’élevage subit également des conséquences directes. La baisse des précipitations réduit la disponibilité du fourrage et dégrade la qualité des pâturages. Cette situation pousse les éleveurs à accentuer leurs déplacements à la recherche de points d’eau et de zones d’alimentation pour le bétail.
Les solutions techniques pour préserver les récoltes
Face à l’imminence d’une période sèche précoce, des mesures agronomiques palliatives s’imposent. La priorité consiste à retenir l’eau dans les sols. Pour y parvenir, l’usage du paillage au moyen de résidus végétaux offre une protection efficace contre l’évaporation. Le désherbage raisonné permet d’éliminer les plantes adventices qui entrent en compétition avec les cultures pour l’accès à l’eau.
L’aménagement d’ouvrages simples constitue une autre option pertinente. La pose de cordons pierreux ou la construction de diguettes retiennent les eaux de ruissellement et favorisent leur infiltration. Par ailleurs, la récolte anticipée des parcelles parvenues à maturité limite les pertes inutiles. Les résidus de récolte doivent être stockés pour servir de nourriture aux animaux durant la saison sèche.
Le maraîchage est une alternative stratégique. Pour compenser les pertes de la saison des pluies, la transition vers les cultures de contre-saison s’avère indispensable. Le maraîchage représente une solution concrète dans les zones disposant de réserves d’eau accessibles. Des cultures à cycle court telles que la tomate, l’oignon, le gombo, la carotte ou le chou apportent un complément nutritionnel et financier rapide aux producteurs. Sur le plan céréalier, l’irrigation du riz et l’utilisation de variétés de sorgho adaptées à la sécheresse permettent de maintenir une production minimale.
L’application de ces techniques nécessite un accompagnement étatique renforcé. Ainsi, l’État doit intervenir activement pour vulgariser ces pratiques auprès des exploitants agricoles. Le coût élevé des infrastructures et des intrants de contre-saison constitue un obstacle pour de nombreux paysans. Un soutien financier direct s’impose donc pour faciliter l’accès au matériel d’irrigation. Enfin, la subvention des semences maraîchères et des produits phytosanitaires permettrait d’assurer la viabilité économique de ces cultures palliatives face au changement climatique.
Streve Dinguemtog








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