Pendant le mois de Ramadan, les fidèles musulmans organisent des cérémonies de partage de repas appelées « Iftar » au moment de la rupture du jeûne. Cette pratique qui est une recommandation du Saint Coran consiste à attirer les faveurs d’Allah, mais ce rituel perd de plus en plus son originalité pour diverses raisons.
La générosité est une valeur cardinale dans l’Islam, surtout en période de Ramadan, elle est impérative. Certes, les principes religieux sont inchangeables, mais les attitudes humaines changent parfois avec l’évolution du temps. Le partage de nourriture (Iftar), est un moment de convivialité pour les musulmans. L’Iftar ne se définit pas simplement par un repas collectif, il a également une dimension spirituelle.
«A l’époque, dans n’importe quel coin de la rue de N’Djaména, vous pouvez trouver à manger au moment du Ramadan, si un musulman habite cet endroit. De nos jours, ce n’est pas le cas. Certains s’enferment dedans pour casser le jeûne. Pourquoi ce changement? Sinon, je crois que ça serait à cause de la cherté de vie», témoigne Badandji Pierre, quinquagénaire. Pour l’infirmier Hassan Ismaël, les mentalités ont évolué.
«Auparavant, tout le monde se faisait confiance, malheureusement aujourd’hui la méfiance s’est installée à tous les niveaux. Il y a des jeunes qui se présentent comme des démunis alors que ce sont des bandits», affirme-t-il.
L’Imam Deyé Abdoulaye, souligne que le mois de Ramadan est sacré pour les fidèles musulmans, car il est observé une seule fois dans l’année. Il fait partie des 5 piliers de l’Islam. Selon lui, l’Iftar est un repas que les musulmans préparent au coucher du soleil pour offrir aux autres. «Ce plat est composé de variété d’aliments. L’Iftar est organisé au moment de rupture du jeûne. Dans la culture tchadienne, avant les fidèles musulmans préparaient de repas, sortaient avec, tout le monde, que ce soit un musulman ou non mangeait à satiété. C’était également une occasion pour les orphelins, les personnes démunies de se régaler en cette période du mois béni. Aujourd’hui, cela existe, mais pas comme jadis. Cependant, dans le Saint Coran, il n’est pas bon que les cérémonies d’Iftar soient médiatisées, car faire du tapage médiatique, c’est se vanter», a-t-il déploré.
Deyé Abdoulaye, renseigne que ce que vous donnez de manière publique réduit la bénédiction d’Allah. «Mais, même si en invitant la presse, vous n’avez pas l’intention de vous faire voir, cela diminue la bénédiction. Il y a des personnes qui organisent l’Iftar sur les places publiques et dans la rue pour attirer la bénédiction de Dieu, c’est ce que Dieu recommande», renchérit-il.
L’Imam indique que «L’Iftar est le moment idéal pour permettre à celles-là de trouver quelque chose à grignoter. Pour les fidèles musulmans célibataires et ceux qui ont des revenus faibles, ils peuvent casser le jeûne chez un parent ou un ami aux heures de rupture. La dimension spirituelle de l’Iftar est plus importante que le social», précise-t-il.
En ce mois sacré du Ramadan, le peu qu’un musulman donne à son semblable, est béni et cela lui sera rendu au centuple. La période du Ramadan est un moment de charité pour tout musulman, surtout pour ceux qui ont des moyens d’aider les plus démunis.
Kary Amadou









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